Paroisse Pont-de-Veyle

« Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés. » (Ps 31).

 

C’est avec ce verset de psaume que j’aimerais que nous vivions, en paroisse, le Saint temps du Carême que nous venons de commencer.

 

D’emblée, nous redire que le temps du Carême n’est pas un temps de tristesse. « Je rendrai grâce au Seigneur ». Certes la couleur violette des ornements, l’absence de fleurs, d’orgue, de musique, du chant de l’Alléluia et du Gloria nous invite à une certaine austérité dans nos liturgies. Certes, le temps du Carême est un temps de pénitence où nous sommes conviés à maitriser nos sens et nos corps. Certes, le Carême demande un certain renoncement à ces petits plaisirs que nous pouvons nous offrir de temps à autres. Pour autant, nous ne devons pas oublier ni le sens de tout cela ni l’essentiel.

 

Carême

 

Le sens.  Toute pénitence, tout renoncement, tout jeûne en tous genres n’a de sens que rendre amour par amour ce que le Christ a fait pour nous : Il a donné sa vie pour nous jusqu’à mourir sur la Croix. Tout ce que nous mettrons en place pendant ce Carême 2017 est une réponse d’amour au Sacrifice unique et irremplaçable de Jésus. Ainsi tout se fait par Amour et non par devoir ou pour obéir simplement à une règle, une ordonnance, un commandement. Quand on fait les choses par amour, on les fait alors avec joie, « je rendrai grâce au Seigneur ». Je vous invite pendant ce Carême à témoigner de la joie qui nous habite d’appartenir au Christ qui nous libère et qui est source de la Vie. Que ce temps du Carême soit vécu comme une belle retraite de 6 semaines dans la louange et dans l’action de grâce. S’il est vécu intensément, le Carême nous offrira la joie de Dieu, Père des Miséricordes.

 

L’essentiel c’est le jeûne du péché. « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés ». Ce qui plaira au Seigneur ce n’est ni se priver de chocolat ou de je ne sais quel plaisir. Ce qui plaira au Seigneur c’est notre ferme décision à la conversion. Nous l’avons entendu au mercredi des Cendres : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! ». L’essentiel est ici : faire tout notre possible, et notre impossible, pour que le péché disparaisse totalement de notre vie. Pourquoi ? Parce que Jésus l’a crucifié avec Lui par son Sacrifice sur la Croix. Il est un devoir pour nous de témoigner notre amour et notre fidélité au Seigneur par une vie vertueuse, une vie sainte. Que ce temps du Carême soit l’occasion d’un profond changement de notre existence. S’il est vécu intensément, le Carême ne se terminera pas comme nous l’avons commencé ! Il y a un début de Carême et une fin de Carême !  N’ayons pas peur d’ouvrir grand notre cœur à ce que Dieu veut opérer dans notre vie. Faisons-Lui confiance. Peut-être, sans doute d’ailleurs, nous réserve-t-il des surprises ? Demandons-Lui dans notre prière personnelle de nous montrer déjà ce qui doit changer dans notre vie. Il y a sans doute des habitudes que nous avons prises, des sécurités que nous nous sommes mises. Et si Dieu pendant ce Carême venait faire sauter ces verrous les uns après les autres ? Laissons-nous faire !

 

Il est probable que nous éprouvions une certaine fatigue pendant ce Carême : C’est normal ! Il serait même anormal que nous n’éprouvions pas cette fatigue. Pourquoi ? Parce que le Carême est un temps où nous permettons à Dieu de faire en nous toutes choses nouvelles. Quand on subit une opération chirurgicale on a besoin d’un temps de convalescence. Le Carême est un temps d’opération divine et un temps de convalescence, de lâcher-prise. On ne vit pas le temps du Carême comme on vit d’habitude. Nous avons 6 semaines, c’est à la fois long et court ! Ne les manquons pas et utilisons-les comme un temps béni par Dieu. Je vous invite alors d’une part au silence. Grande place au silence dans nos liturgies. Nous veillerons à ce que le temps de l’offertoire et de la communion entre autres soit vécu dans le plus grand silence. Mais aussi silence programmé dans nos journées. Très concrètement, pourquoi ne pas éteindre la radio de nos maisons et de nos voitures le vendredi par exemple ? Silence dans notre prière personnelle. Permettons à Dieu de nous parler cœur à cœur. D’autre part, je vous invite à vivre la Liturgie du Carême. Les Messes Dominicales, la Messe en semaine quand nous le pouvons. Un point d’honneur pourrait être mis le mercredi matin afin d’y rejoindre notre petit monastère paroissial. Nourrissons-nous de la Parole de Dieu. Les textes de la liturgie du Carême sont d’une richesse inouïe. Prenons le temps de lire les lectures de chaque jour. Enfin, je vous invite à l’Adoration. Je souligne à nouveau celle proposée le mercredi matin. Nous avons aussi la grâce d’avoir nos églises ouvertes tous les jours. Profitons du Carême pour habiter nos églises. Prier devant le Tabernacle où Dieu est présent, « Il attend que nous venions le visiter » dirait le Saint Curé d’Ars. « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés ». Enfin, bien sûr et évidemment, profitons de ce temps béni du Carême pour recevoir le Sacrement du pardon. Pourquoi ne pas le recevoir au début du Carême, en son milieu et à la veille de Pâques ? Nous savons bien que le Saint-Esprit ne peut travailler que dans une âme pure… alors, là encore, laissons-nous faire ! Beau et Saint temps du Carême à tous et à chacun.                                         

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +

Confession