Pastorale de la Santé

Comment vivre notre peut de la mort ? – 6 avril 2017

 

Nicolle Carré 6 avril 2017 1

1′ : Introduction

17’50 : Nous et la mort

 

Comment vivre en vérité notre peur naturelle de la mort dans notre relation aux personnes malades ? Tel était le thème de la journée annuelle de formation du Service de pastorale de la santé du diocèse, le 6 avril dernier à la Maison Jean-Marie Vianney.

 

Pour nous aider à la préparer, chacun avait reçu un questionnaire à travailler, seul ou à plusieurs : qu’est-ce qui nous vient à l’esprit quand on pense aux mots « mort », « mourir » ? Comment aimerait-on que se passe notre mort ?…

 

La journée était ouverte à tous. Plus de deux cents personnes étaient présentes ce 6 avril. L’organisation a été menée de main de maître : inscription, collation…

Après un temps de prière, place a été faite à Nicolle Carré, qui a côtoyé de très près la mort par la maladie. Elle est aujourd’hui en rémission. Psychanalyste, elle est mariée et a deux enfants. Elle a commencé en nous partageant son expérience : « au bord de la mort, [elle a découvert que] vivre avec ses fragilités, vivre avec ses peurs est le chemin privilégié pour découvrir ses forces. » Elle nous a invités à accueillir nos émotions quelles qu’elles soient, peine, colère, doute, joie, à les accueillir en se laissant habiter par la tendresse divine. Elle nous a aussi conseillé de prendre appui sur la communauté.

 

« Écouter la parole de l’autre comme un cadeau, mais aussi donner la nôtre comme un cadeau. Quand la parole vient du fond du cœur, c’est donner son être. Écouter son cœur pour pouvoir écouter le cœur des autres… aussi prendre appui sur Dieu chacun à sa façon.»

 

Elle a ajouté : « Quand la mort rôde, on n’est plus dans la tête avec ce qu’on aimerait, on est dans le concret, on est dans un autre monde. Il peut y avoir un désir de fuite, mais ce peut-être une recherche d’essentiel : qu’est-ce que je peux faire de ma vie ? Quand la mort approche, on n’est plus dans les pourquoi, mais le comment. C’est l’apprentissage de l’instant présent, de tout ce qui nous est donné au présent. Accueillir la vie jusqu’au bout. C’est aussi accepter de ne rien maîtriser. »

 

Elle a aussi expliqué qu’aimer, ce n’est pas seulement exprimer à l’autre qu’il compte pour nous, prendre soin de lui. C’est aussi lui faire confiance. Lui faire confiance qu’il peut vivre ce qu’il a à vivre. « Cette confiance qu’on m’a faite, m’a permis de m’abandonner, de lâcher prise. »

Enfin elle nous a dit comment Jésus, Dieu fait homme, a tout partagé de la vie humaine :il en a eu les tentations, les souffrances et la mort. Jésus est le chemin. Il nous montre ce que peut l’homme. Il nous montre qui est Dieu, qui est l’homme. Les deux ne sont pas séparables. Jésus est un homme qui a une foi profonde, immense. Il se reçoit du Père. Jésus a un cœur immensément ouvert.

 

Jésus s’en remet au Père même pour pardonner : « Père, pardonne leur… » Il meurt en disant « Tout est accompli. » et « Je leur ai manifesté ton nom. » Un amour divin qui va jusqu’à s’effacer, dans la confiance à son Père. Nous pouvons conclure avec cette idée forte que Nicolle nous a partagée : « Goûter ce que la vie nous donne ; être ouvert au présent et à un avenir à recevoir. »

 

Cette journée vécue dans la fraternité a aussi été l’occasion de renforcer les liens entre les personnes qui au nom de l’Eglise visitent les personnes malades ou âgées à l’hôpital, en institution ou à domicile, dans les aumôneries hospitalières ou les Services d’Eglise auprès des Malades des paroisses.

 

Pascale Poncin
Membre de l’aumônerie
au Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse