Paroisse Viriat

Une patience confiante dans l’attente

Ce qui donne sa coloration particulière au temps de l’Avent, c’est l’espérance. Elle est source inépuisable de dynamisme et d’optimisme pour la vie des chrétiens dans le désert de ce monde. Dans les sociétés secrétées par les hommes, les premiers sont toujours ceux qui disposent de l’argent, du pouvoir, du savoir. Dans la société de Dieu à venir, les premiers seront ceux qui ont le cœur ouvert à tous, parce qu’ils sont humbles. Ce seront le plus souvent ceux qui auront connu la détresse humaine et qui, par elle, auront été purifiés. Que tous ceux qui vivent dans la difficulté ne désespèrent donc pas. Qu’ils se tournent au contraire avec confiance vers Dieu qui vient : « la graine jetée en terre germe en silence. » Que l’immense foule des gens délaissés, écrasés, meurtris, se mette en route vers le Dieu qui vient sauver. La vie s’affirmera en plénitude. Tel est le message d’Isaïe, à une époque où l’Assyrie traînait en captivité les habitants du royaume d’Israël et ravageait le royaume de Juda.

 

Dans son épitre, Jacques rappelle avec force que dans l’Eglise, les petits et les pauvres ne sont pas moindre que les riches. Il exhorte à une patience confiante, semblable à celle du cultivateur qui attend avec patience les fruits précieux de la terre. Le monde nouveau vient. Ce jour là, la vraie justice sera rendue.

 

Jean Baptiste est le modèle d’endurance et de patience. Il a annoncé celui qui devait venir, « le plus fort » que lui, devant qui il devait s’effacer (Mt.3,13-17). Mais il n’a pas vu ce jour. Il était en prison lorsque Jésus commençait à prêcher.

 

Comme Jean Baptiste, ne sommes-nous pas aussi dans le doute ? « Es- tu celui qui doit venir, ou devons- nous en attendre un autre » ? N’aimerions-nous pas que Jésus nous débarrasse une bonne fois pour toutes de nos ennemis, de ceux qui ne marchent pas droit ? Si Jésus est bien le Messie de nos rêves depuis la nuit des temps, il ne l’est pourtant pas tel qu’on l’imagine. Sa façon d’exercer la vengeance de Dieu est déroutante tel que l’annonce Isaïe. Pour Jésus, et c’est ce qui nous est donné à comprendre, l’œuvre de libération commence d’abord par ceux qui en ont le plus besoin : les aveugles, les sourds, les boiteux, les muets… Qu’ils prennent courage, il vient lui-même pour les sauver. Dans cette perspective d’intériorisation permanente de l’année de la miséricorde, demandons au Seigneur de l’audace d’être inventif pour produire au quotidien les œuvres de la miséricorde dans nos familles et dans nos communautés chrétiennes.

« Venez divin Messie nous rendre espoir et nous sauver… ! »

 

Bon dimanche.

 

P. Joachim