Paroisse Pont-de-Veyle

La joie de l’attente

 

En ce troisième Dimanche de l’Avent, la liturgie nous invite à la joie de l’esprit. Cela est dit dans la célèbre antienne Grégorienne qui reprend une exhortation de l’apôtre Paul : « Gaudete in Domino », « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur. Le Seigneur est proche » (Phil 4,4.5).

 

Déjà, le prophète Sophonie, à la fin du 7ème siècle avant Jésus-Christ, s’adresse à la ville de Jérusalem et à sa population avec ces paroles : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Pousse des cris d’allégresse , Israël ! Réjouis-toi et triomphe de tout ton coeur, fille de Jérusalem ! L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve  » (Soph 3,14.17). Dieu Lui-même est représenté avec des  sentiments analogues:  » Il fera de toi sa plus grande joie ; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d’allégresse, comme dans les jours de fête « (Soph 3,17-18a). Cette promesse s’est pleinement réalisée dans le mystère de Noël, que nous célébrerons dans quelques jours, et qui nous demande de nous renouveler dans l’ « aujourd’hui » de notre vie et de l’histoire.

 

Cette joie à laquelle le Seigneur nous invite en ce 3ème dimanche de l’Avent peut nous permettre de nous interroger, et même, de nourrir notre examen de conscience en vue de notre Confession sacramentelle de Noël : Quelle est la place de la Louange dans ma prière personnelle ? Est-ce que je pense à remercier Dieu pour toutes les grâces dont je suis bénéficiaire jour après jour et d’abord pour le don de la Vie ? Quelle est la place de la Louange dans notre prière conjugale et familiale ? Quelle est la place de la Louange dans nos liturgies ? J’en profite pour rappeler en ce dimanche que la Louange n’est pas seulement réservée aux assemblées de type « renouveau charismatique ». La Louange doit faire partie-intégrante de notre relation quotidienne avec Dieu. Un cœur qui loue est un cœur qui se dilate et se rapproche de Dieu ! Je vous invite chacun à vérifier la place de l’action de grâce dans nos oraisons personnelles et communautaires.

La joie que la liturgie réveille dans les coeurs des chrétiens, n’est pas réservée non plus à eux seuls : c’est une annonce prophétique destinée à l’humanité entière, particulièrement aux plus pauvres, dans ce cas aux plus pauvres de joie ! Nous pouvons penser ici à nos frères et soeurs qui, spécialement au Moyen Orient, dans quelques parties de l’Afrique et dans d’autres parties du monde vivent le drame de la guerre : quelle joie peuvent-ils vivre ? Comment sera leur Noël ? Nous pensons à tant de malades et personnes seules qui, au-delà d’être éprouvées physiquement, le sont même dans l’âme, parce que souvent ils se sentent abandonnés : comment partager avec eux la joie tout en respectant leur souffrance ? Mais nous pensons également à ceux – notamment des jeunes – qui ont perdu le sens de la vraie joie et qui la cherchent en vain, là où il est impossible de la trouver –  dans une course désespérée vers l’affirmation de soi et du succès dans les faux divertissements, l’utilisation immodérée des biens de consommation, les moments d’ébriété, les paradis artificiels de la drogue et toutes formes d’aliénation. Nous ne pouvons pas ne pas comparer la liturgie d’aujourd’hui et son « Réjouissez-vous! » avec ces dramatiques réalités. Comme aux temps du prophète Sophonie, c’est vraiment à ceux qui sont dans l’épreuve, aux « blessés de la vie et des orphelins de la joie » que s’adresse de manière privilégiée la parole du Seigneur. L’invitation à la joie n’est ni un message aliénateur, ni un stérile palliatif, mais, au contraire, elle est prophétie de salut, appel à un rachat qui part du renouvellement intérieur. Pour transformer le monde, Dieu a choisi une humble jeune fille d’un village de Galilée, Marie de Nazareth, et l’a interpellée avec ces paroles : « Fille, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi« . Dans ces paroles, est le secret de l’authentique Noël. Dieu les répète à l’Église, à chacun de nous : Réjouissez vous, le Seigneur est proche! Avec l’aide de Marie, offrons-nous, nous-mêmes, avec humilité et courage, afin que le monde accueille le Christ, qui est la source de la vraie joie.                              

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +