Paroisse Pont-de-Veyle

On ira tous au Paradis ?  

 

Au risque de faire du bruit avec ce Mot du Curé, je voudrais exprimer tout haut ce que beaucoup de mes frères Prêtres pensent tout bas ! Savez-vous, chers amis, que chaque semaine nous célébrons des célébrations de Canonisation ? A entendre ce qui se dit dans les interventions au cours des funérailles dites « chrétiennes » on a vraiment l’impression que chaque défunt – à de très rares exceptions – porte en lui-même toutes les caractéristiques d’un Saint. On vous explique, au cours de la préparation, que tel ou tel faisait partie de telle association, qu’il aimait la pêche ou les champignons, que sa passion était les jeux télévisés. Puis, arrive la question : « Etait-il croyant ? » « – O oui, Monsieur le Curé, il était très croyant mais il n’allait pas à la Messe ». Mystérieuse réponse « croyant non-pratiquant » que, personnellement, je n’arrive toujours pas à comprendre !! Comment un homme de Foi peut-il se passer de la Sainte Eucharistie ? Toujours est-il que, à l’heure des funérailles, chacun s’extasie devant les talents culinaires ou la bonne humeur de celui autour duquel nous nous réunissons. Cela semble contenter tout le monde ! La corde sensible est bien accordée ! A-t-on prié pour le Salut de son âme ? Pas sûr ! Au moment où la Liturgie de ce mois de novembre nous invite à méditer sur les fins dernières, ouvrons notre Catéchisme de l’Eglise Catholique, au numéro 1033 : «  Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer.

 

Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-même: « Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui » (1Jn 3,15). Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mt 25,31-46). Mourir en état de péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot « enfer« .

 

Et le Catéchisme poursuit : « Jésus parle souvent de la « géhenne » du « feu qui ne s’éteint pas, réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Mt 10,28). Jésus annonce en termes graves qu’il « enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité…, et les jetteront dans la fournaise ardente » (Mt 13,41-42), et qu’il prononcera la condamnation: « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel! » (Mt 25,41)… L’enseignement de l’Eglise affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, « le feu éternel ». La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire.

 

Les affirmations de la Sainte Ecriture et les enseignements de l’Eglise au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion: « Entrez par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7,13-14):

 

Ignorants du jour et de l’heure, il faut que, suivant l’avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour mériter, quand s’achèvera le cours unique de notre vie terrestre, d’être admis avec lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu, au lieu d’être, comme de mauvais et paresseux serviteurs, écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel, vers ces ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents. Dieu ne prédestine personne à aller en enfer, il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Eglise implore la miséricorde de Dieu, qui veut « que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir ».

 

Ce long extrait du Catéchisme de l’Eglise Catholique voudrait faire prendre conscience à chacun de nous d’une part et aux familles qui préparent les funérailles de leurs proches, d’autre part, que notre responsabilité personnelle est entière. Notre devoir de fils et fille de Dieu est de répondre amour par amour à la tendresse infinie de Dieu pour tout homme. C’est vrai, la vie chrétienne est exigeante. Vivre en disciple du Christ nous oblige. Mais nous sommes libres d’être Chrétien ou pas… le tout est de l’assumer… même au moment des funérailles !

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +