Le Doute au service de la Foi (enseignement groupe de l’amitié)

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La foi est un long voyage où les nuits succèdent aux jours, les lumières aux obscurités. La foi est le plus souvent une marche dans la demi-clarté. Le doute est un bon serviteur dans la mesure où le questionnement qu’il entretient dans notre vie de foi nous maintient en éveil, stimule notre marche en avant et nous empêche de nous installer dans de pseudo-sécurités. Croire, c’est aussi assumer, sans honte ni culpabilité, ces salutaires piqûres du doute.

 

Le croyant qui éliminerait toute forme de doute prendrait le risque de s’enfermer dans une tous d’ivoire et de ne plus discerner les appels de Dieu qui l’invite à progresser dans sa vie de foi. Le doute ne s’oppose pas à la foi et n’en est pas automatiquement un obstacle. Il n’est pas nécessairement une inquiétude morbide ou malsaine.Le-doute

 La foi est une passionnante aventure qui nécessite, d’une certaine manière, une âme d’aventurier ! Combien de croyants acceptent vraiment la vivre ? Combien préfèrent se contenter d’une croyance bien délimitée avec des réponses stéréotypes, des mots ou des rites qui enferment Dieu dans nos schémas ? Il ne faut pas tricher et faire semblant de croire. Respecter la Vérité de Dieu, c’est aussi respecter la vérité de la démarche parfois hésitante de l’homme. Nous n’avons pas à cacher nos difficultés pour croire.

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Le doute n’est pas la peur de faire un choix, de s’engager. Celui qui doute ne refuse pas la lumière, mais il reconnaît, humblement, que, pour le moment, il n’y voit pas très clair dans telle ou telle dimension de sa foi. Personne n’est tenu de croire ce à quoi sa conscience ne peut pas, pour le moment, adhérer. 

La foi n’est pas fidéisme (Doctrine selon laquelle la foi religieuse dépend du sentiment et non de la raison) ! Si elle ne jaillit pas de la raison, elle ne peut s’imposer contre la raison. 

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Je crois Seigneur, mais viens en aide à mon peu de foi- littéralement : « à ma non-foi », crie le père de l’enfant épileptique (Mc 9, 24)

 

Les différentes formes d’intolérance, celle du fanatisme et de l’intégrisme, sont souvent un aveu de faiblesse. Une maison qui manque de fondations solide est contrainte de multiplier les échafaudages extérieurs pour résister à la tempête. Ces croyants ont des idées sur Dieu, défendent ce qu’ils appellent «leur religion », s’appuient sur des croyances bétonnées, mais sont-ils vraiment entrés dans l’aventure de la foi ? Car une des conséquences de la révélation du Christ est de renverser toutes nos projections humaines sur Dieu, de déboulonner toutes les statues de nos faux dieux. Une foi qui n’ose plus assumer le doute risque de se vider de son dynamisme, de se figer dans des formules.

 

L’itinéraire des apôtres eux-mêmes montre combien le questionnement fait partie de toute démarche de foi qui naît toujours de nombreux doutes surmontés. Dans nos évangiles, depuis l’incarnation jusqu’au matin de Pâques, le doute est présent :

 

« Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais quelques-uns eurent des doutes » (Mt 28, 17) (Mc 16, 9—14)

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Le Christ, lumière du monde, dévoile, soulève le voile du mystère de Dieu pour laisser filtrer assez de lumière et nous mettre en route, mais pas trop pour ne pas nous écraser par une évidente transcendance. D’ailleurs, il répète inlassablement : Si tu veux !

Père Ishaq BARKATJésus-appelle-ses-disciples