« Plus de confiance en Dieu nous préservera de trop de foi en nous-mêmes. Plus d’humilité nous fera compter sur la force de Dieu. »

27ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

St Luc 17, 5—-10

 

La liturgie de ce dimanche commence par un cri de révolte : « Combien de temps vais-je appeler sans que tu entendes ? » Pourquoi toute cette violence ? Nous voyons bien que ce cri du prophète est toujours d’actualité. Nous pensons à ces millions de chrétiens qui sont persécutés au nom de leur foi. Partout dans le monde, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de la haine, de la violence et du terrorisme. Alors oui, nous pouvons crier vers le Seigneur : Combien de temps cela va-t-il durer ?

 

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La tentation est grande de penser que cela ne sert à rien puisqu’il ne bouge pas. Pourquoi ces catastrophes viennent-elles anéantir l’espérance de ceux qui croient en lui ? Mais le prophète est envoyé pour recommander à son peuple à réagir contre cette tentation. Les heures de victoire de l’ennemi ne dureront pas toujours. Nous sommes invités à la patience et à la confiance. Le mal n’aura pas le dernier mot. Le juste sortira vainqueur s’il se cramponne fidèlement au Seigneur.

 

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C’est un peu ce même message que nous lisons dans la lettre de St Paul au jeune Timothée. Au moment où il écrit cette lettre, la situation est également difficile : les chrétiens sont persécutés ; Paul est en prison ; il est enchaîné comme un malfaiteur. Pour Timothée et pour tous ceux qui ont pris des responsabilités dans la communauté, c’est très éprouvant. Le doute s’installe chez eux : comment faire face aux questions et aux situations nouvelles ? Paul recommande à Timothée de tenir bon. Il ne doit pas avoir honte de « rendre témoignage au Seigneur. » Qu’il « garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté ». Pour cela, il peut compter sur le meilleur soutien qui soit : « L’Esprit Saint qui habite en lui. »

 

« Augmente en nous la foi » demandaient les apôtres à Jésus ; non simplement « Croire que Dieu existe », mais recevoir la confiance, le dynamisme, le courage. Le Seigneur répond : La foi, si voici : « Déracine-toi et va te planter dans la mer » ; il vous obéirait. L’image est volontairement forcée : l’arracher et le planter dans la mer est chose impossible. L’impossible aura lieu dans votre vie. Avec un peu de vraie foi, de la dimension d’un grain de moutarde, la plus petite graine qui soit, plus petite encore qu’une tête d’épingle. Dieu est le maître de l’impossible, disait l’ange Gabriel à Marie, en faisant allusion à l’impossible naissance d’Isaac (Gn 18, 1’) comme à celle de Jean Baptiste (Lc 1, 3—37). L’impossible, en effet, n’a-t-il pas eu lieu ? Ces pauvres Douze Apôtres, aux moyens dérisoires, n’ont-ils pas changé le monde ?

 

 

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A cette séquence Luc colle une seconde qui la suit comme son contraire. La première parlait du trop peu de confiance dans le Seigneur, la seconde de la trop grande estime de nous-mêmes, de la suffisance qui guette l’apôtre. Aussi Jésus compare-t-il l’apôtre à un serviteur. Quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : nous sommes des serviteurs quelconques. Nous n’avons fait que notre devoir. Devant Dieu, nous n’avons aucun droit à quelque récompense. Plus de confiance en Dieu nous préservera de trop de foi en nous-mêmes. Plus d’humilité nous fera compter sur la force de Dieu.