Personne ne possède la Foi (enseignement groupe de l’amitié)

 

ciel

La foi n’est pas de l’ordre de l’avoir comme un capital en banque, mais elle est une vie relationnelle dynamique une histoire. C’est pourquoi dire: j‘ai ou je n’ai pas la foi n’a pas grand sens.Croire c’est accueillir la semence d’un appel, le souffle d’un amour, le murmure de Quelqu’un que je ne possède pas , mais que j’accueille ou non. Même si son Esprit informe mystérieusement tout mon être, habite mes pensées, mes aspirations et mes rêves, Dieu est toujours au-delà.

Sans doute, la réalité divine révélée en Jésus Christ est une. Le contenu de la foi ne saurait donc être comparable à une carte de restaurant dont on ne choisirait que ce qui convientà notre goût personnel. Cela dit, la porte d’entrée dans cette vérité révélée peut être différente pour chacun. Mais telle une mère qui sait parler à chacun de ses enfants, si différents l’un de l’autre, Dieu respecte le tempérament, la sensibilité, l’histoire de chacune de ses créatures et sait choisir la manière de toucher son coeur. La vérité de l’Amour est une, mais, comme soleil, la diversité de ses rayons lumineux peut toucher chacun là où il est, là où il en est.

Sans que nous ayons à porter un jugement quelconque, il faut bien constater que certains vivent spontanément leur foi avec une chaleureuse ferveur et que d’autres doivent la vivre dans un certain dénuement, sans émotion ressentie, ceux-ci n’étant pas pour autant moins croyants que ceux-là ! L’aridité dans la vie de la foi n’est pas nécessairement le signe d’une infidélité à la grâce. Nous sommes là en présence de mystère de la diversité des chemins pour aller vers Dieu. Chacun a sa grandeur propre. La sobriété de l’art roman n’est pas l’exubérance du baroque, le climat et les chants d’une assemblée charismatique ne ressemble en rien à la psalmodie dépouillée du cistercien, mais tous tentent de répondre au même appel de Dieu. Le peuple n’est pas monolithique mais symphonique.

Si la foi est une dans son jaillissement et son contenu, les terrains ensemencés et les fruits qui y mûrissent sont divers. Dans tous les cas de figure, l’essentiel est dans la qualité de l’accueil à cet appel qui vient d’ailleurs. Comme toute histoire d’amour, celle de notre foi est unique, avec ses jours de soleil et ses jours de grisaille, ses ruptures « je ne connais pas cet homme ! (Mt 26.72) » et ses temps de retrouvailles « Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères ! (Lc 22.32) » Une histoire d’amour dans laquelle on a l’impression certains jours qu’on ne se comprend plus, mais à laquelle on s’accroche parce que notre coeur a été trop profondément touché: « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle (Jn 6.68) » Oui, la vie de la foi est une longue histoire, celle de nomades en exode vers un ailleurs !

Père Ishaq BARKAT  

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