Paroisse Montrevel-en-Bresse

Mystère de l’appel de Dieu

Chers frères et sœurs,

 

Qu’il me soit permis de vous partager, d’une manière simple et fraternelle, un événement familial qui a également un répercussion ecclésiale.

 

Ce dimanche, une de mes nièces, Annaïk, qui est en plus ma filleule, entre au Carmel d’Ars. Je ne cache pas que c’est une grande joie et, j’ose le dire, une grande fierté. Je suis profondément dans l’action de grâce. En même temps, il y a une dimension mystérieuse qui est une certaine souffrance liée au départ et à la séparation. Souffrance qui s’apparente, j’en conviens, à une forme de deuil !

 

En d’autres termes, il y a en mon cœur un véritable sentiment paradoxal ! Nous sommes face au mystère de l’appel de Dieu et de la réponse gratuite, alors que d’autres voies pouvaient s’ouvrir devant elle. Dans un éditorial, datant de quelques semaines, le curé de sa paroisse, en région parisienne, a écrit ces mots très justes :

 

« Que se passe-t-il en Dieu pour faire entendre un tel appel ? Que se passe-t-il en cette jeune pour se laisser ainsi choisir ? Rien que nous ne puissions réellement comprendre avec les repères de notre société qui a perdu le sens de la gratuité, de l’absolu, et de l’aventure spirituelle. Seule la foi résiste… et centre notre regard sur l’aventure humaine qui est en jeu dans cet appel. »

 

Il y a là un témoignage, un martyr au sens premier du terme. Cette aventure cachée derrière la clôture du Carmel nous donne à penser l’importance de la rencontre entre la liberté souveraine de Dieu, qui appelle chacun d’entre nous à la sainteté au travers d’un cheminement unique et personnel, et liberté de la personne humaine appelée à répondre, avec l’aide de la grâce de Dieu, et cela malgré ses limites et ses faiblesses. Mystère de Dieu à la rencontre du mystère de l’homme ! Mystère de l’Amour de Dieu qui envahit le cœur de l’homme et lui donne de connaître « ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ », le conduisant ainsi à entrer dans la plénitude de Dieu (Ep 3,19).

 

En contemplant dans la foi ce mystère, me viennent à l’esprit ces versets de la grande prière de Jésus que nous retrouvons dans l’évangile de saint Jean :

 

« Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. » (Jn 17,14-16)

 

De fait, il y aura une séparation, et formellement on pourra croire qu’elle quitte le monde, mais fondamentalement, elle va entrer d’une manière unique et particulière au cœur du monde, à la suite de centaines de moines et moniales qui, mystérieusement dans l’offrande de leur vie, porte le monde et l’offrent au Père, par le Fils dans l’Esprit Saint.

 

Qu’il me soit permis de la confier à votre prière, ainsi que ses parents, ses frères et sœurs.

 

Que cet événement nous conduise également à rendre grâce pour tous les jeunes qui répondent généreusement à l’appel du Seigneur qui vient faire irruption dans leur vie. Et surtout, n’oublions pas de continuer à prier pour les vocations de prêtres, religieux et religieuses dont nous avons tant besoin.

 

Abbé Pierre Le Bourgeois