Paroisse Pont-de-Veyle

Je te remercie de m’avoir créé, fait chrétien…

 

Ce cri a jailli du cœur et des lèvres de Benoît XVI lors de sa dernière audience générale le 27 Février 2013. Et il ajoutait : « Oui, nous sommes heureux pour le don de la Foi ; c’est le bien le plus précieux, que personne ne peut nous ôter ! ». Ces paroles peuvent être mises en parallèle – pour une partie du moins –  avec le pharisien de l’Evangile de ce dimanche. Il s’agit de rendre grâce pour ce que nous avons reçu de Dieu ! Mais, notre bon Pape émérite ajoute : « Remercions le Seigneur de cela chaque jour, par la prière et par une vie chrétienne cohérente. Dieu nous aime, mais il attend que nous aussi nous l’aimions ! ». Ici, écho est fait au Publicain de ce même Evangile qui garde l’humilité de sa condition humaine et demande au Seigneur de le maintenir dans Sa Grâce.

 

Avoir une vie cohérente avec la Foi que nous proclamons. Voilà bien tout l’enjeu de ce que Jésus nous demande.

 

Oui, d’une part, nous devons être fiers d’être Chrétiens. Ce n’est pas un péché ! Ce serait plutôt un péché de ne pas l’être ! Nous devons être dans l’action de grâce permanente d’avoir reçu et de recevoir tant de grâces de la part de Dieu. Joie d’être baptisé, d’être le « temple de l’Esprit Saint », d’être « membre du corps du Christ et de participer à sa dignité de Prêtre, Prophète et Roi » comme le dit la liturgie du Baptême. Joyeux de pouvoir appeler Dieu « Notre Père ».

 

Heureux de pouvoir nous approcher si souvent de la Table de la Sainte Communion et ainsi « de ne faire plus qu’un avec Jésus » selon les mots du Saint Curé d’Ars. Dans l’action de grâces d’être nourri chaque jour de la Parole de Dieu, de pouvoir la méditer et la faire porter du fruit dans notre propre vie. Action de grâces pour tant de témoins de la Foi qui nous enseignent par leurs exemples. Témoins d’hier : Les grands Saints dont nous faisons mémoire chaque jour (Vincent de Paul, St Louis, Ste Jeanne d’Arc, les Saints Apôtres…). Mais aussi témoins d’aujourd’hui élevés ces derniers temps sur les Autels : St Jean-Paul II, St Jean XXIII, Ste Térésa de Calcutta, St Elisabeth de la Trinité, St Salomon Leclerq… Nous sommes dans l’action de grâces quand nous apprenons que le nombre des conversions de l’islam à la Foi Catholique ne cesse d’augmenter ou bien quand nous savons que les séminaires regorgent de Vocations au Brésil, aux Etats-Unis, en Afrique… Bref, tant de motifs de joie et d’action de grâces.

 

Pour autant, nous devons aussi garder l’humilité du Publicain de l’Evangile et demander sans cesse la grâce de vivre ce que nous proclamons. Notre vie Chrétienne est féconde seulement si nous sommes témoins et instruments de Jésus. Notre vie chrétienne porte du fruit si nous sommes étroitement unis par la Foi dans son Evangile et dans son Eglise. Enfin, nous témoignerons de notre attachement au Christ si nous vivons une vie moralement cohérente. C’est une exigence pour nous, chrétiens, de mettre en application tout ce que nous recevons. Il s’agit de « mener le bon combat » selon les mots de St Paul. Efforçons-nous alors, pour nous-mêmes, d’entrer dans cette exigence qui va, c’est évident, à l’encontre de l’esprit du monde. Notre Foi au Christ est incompatible avec une vie de facilité ! Jésus ne nous a jamais annoncé que la condition du disciple serait une vie confortable. L’amour est exigeant. Les combats ne manquent pas. La société dans laquelle nous vivons nous demande de nous positionner en permanence. Positionnement en matière politique. La campagne présidentielle étant lancée, notre voix chrétienne doit se faire entendre. A ce propos, rendons grâces pour les quelques 200 000 participants à la manifestation pour la défense de la famille à Paris il y a quelques jours. Positionnement en matière éthique, économique, écologique… Bref, positionnement dans tous les grands débats qui agitent notre pays. Mais, positionnement aussi – et peut être avant tout – dans notre quotidien. Que donnons-nous à nos enfants ? Sur quelles exigences tenons-nous fermes ? Quelles sont nos réponses et nos réactions face au monde de la consommation ? Très concrètement, cela nous dérange-t-il, par exemple, d’aller dans un supermarché un dimanche ? Quelles réactions avons-nous devant telle ou telle situation de précarité ? Accueillons-nous au cœur de nos paroisses les personnes que nous ne connaissons pas ? D’ailleurs, connaissons-nous les prénoms de ceux que nous voyons tous les dimanches à la Messe ?…           Si nous n’avons pas encore compris que le Seigneur nous dérange en permanence, alors il nous faut relire l’Evangile et nous verrons assez rapidement qu’être disciple de Jésus nous engage mais c’est tellement source de joie ! Courage !                             

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +