Paroisse Reyrieux

Le billet du curé

Thomas l’Apôtre « incrédule » n’était pas le seul à avoir des doutes. En quelque sorte il
est présenté par l’évangile, comme l’archétype de ceux qui s’interroge sur la véracité de la résurrection de Jésus. C’est la question centrale de la foi. Car comme l’affirme Paul « Si tu ne crois pas que Christ est ressuscité vaine est ta foi. Elle est vidée de sa substance !
Jésus, s’il n’est pas ressuscité, n’est alors qu’un homme exceptionnel, en charité, un thaumaturge certes efficace, mais non pas le Fils de Dieu. Nous affirmons qu’il est le fils unique de Dieu, qu’il est né de Dieu, engendré non pas créé, de même nature que le Père, qu’il a pris chair de notre chair. Mis à mort sur la croix, il est ressuscité le troisième jour comme en attestent les Ecritures et il règne désormais à la droite du Père, jusqu’à
ce qu’il revienne. Thomas a douté mais il aimait profondément le Christ ; revenu de ses doutes, il nous livre une magnifique profession de foi que nous pouvons faire nôtre : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Personnellement, je dois au vieux curé de mon enfance de redire cet acte de foi à chaque fois que je communie. « Mon seigneur et mon Dieu » a jailli de son cœur quand Jésus lui donnait à voir ses mains transpercées et son côté ouvert.
Merci à l’Apôtre Thomas de nous donner ce cri à nous qui croyons sans avoir vu. La liturgie de ce dimanche fait état des signes accomplis par les Apôtres jusqu’à cette porte verrouillée par la peur. Elle passe par les visions de l’Apocalypse.
Jésus vient rejoindre ses disciples enfermés dans leur peur et leur dit : « La Paix soit avec vous ; »
Traditionnellement, c’est encore ainsi que l’Evêque ouvre la liturgie, nous invitant à tenir ferme dans la foi, lui qui a la charge d’affermir ses frères. Les gestes simples que Jésus invite Thomas à faire : « avance ton doigt, mets ta main » soulignent avec simplicité que Jésus nous conduit à la foi. Ils introduisent magnifiquement les Paroles Grandioses et la vision de l’Apocalypse : « Je suis le premier et le dernier, je suis le Vivant ; j’étais mort et me voici vivant. » Tel est le Christ. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »