Paroisse Coligny

La Chapelle de Notre-Dame du Sacré-Coeur de Dingier

Notre-Dame Dingier Une
 
Histoire de la Chapelle de Notre-Dame du Sacré-Coeur de Dingier  
écrite par  Mr l’abbé Boisson
curé de Verjon et Salavre de 1937 à 1950

 

En 1879, le sieur Jean-Pierre Surand légua par testament à la commune de Salavre la somme de 2000 francs , à charge d’ériger un oratoire à la Sainte Vierge, au hameau de Dingier. Chaque famille de ce petit village fît une offrande pour l’érection de ce sanctuaire et s’aida à la construction qui fut terminée en 1882. L’emplacement choisi portait déjà le nom de « la chapelle », en souvenir sans doute d’un ancien oratoire, probablement plus large que le nouveau, du côté du couchant, dont a découvert les ruines  en déblayant le terrain. Ces murs antiques  mesuraient 0 m 80 d’épaisseur. Signalons pour mémoire une autre version : les ruines découvertes seraient celles d’un four banal où les prêtres réfractaires venaient donner le baptême aux nouveaux-nés de la région. On prétend que Monsieur le Chanoine Vuillod, de Courmangoux, qui sera Supérieur du Grand Séminaire de Brou, a été baptisé de la sorte.

 

On a déblayé le murger gratuitement, charrié le sable gratuitement. L’entrepreneur fut Monsieur Guillot de Coligny. Pour la cloche, Madame Denise Vuillod, épouse de François Morand, grand-père de François Thoiron de Verjon, a donné la somme de 100 francs. Le maréchal-ferrant Gauthier de Salavre a fait les ferrures gratuitement. C’est la quincaillerie Bombard de Coligny qui a procuré cette cloche. La statue de la Sainte Vierge et le chemin de croix furent offerts par madame Joséphine Surand, veuve de Claude Surand, fils d’Alexis. Au début on acheta un vieil autel en bois à l’orphelinat de Bevey, paroisse de Beaupont.

 

Notre-Dame Dingier Coligny

 

Dans cette gracieuse chapelle , les habitants de Dingier se réunissaient pour y faire les exercices du mois de Marie. Quand on ne pouvait descendre à la Messe à Salavre le dimanche, on allait prier à la Chapelle. Les personnes pieuses aimaient y faire le chemin de la Croix. On y sonnait l’Angelus trois fois par jour. Monsieur l’abbé Névoret, curé de Salavre au temps de la construction de la chapelle de Dingier n’était, paraît-il, pas très partisan de cette œuvre. Sans doute, craignit-il , que la présence de cette chapelle ne soit, pour les habitants du hameau une occasion de moins fréquenter l’église paroissiale. Monsieur l’abbé Beaudet fut le premier à célébrer la messe à Dingier. Il renouvelait ce geste plusieurs fois l’an. On ne croit pas que son exemple fut suivi par ses successeurs immédiats.

 

Un jour, d’importantes réparations s’imposèrent. Monsieur l’abbé Rousset fît une quête pour en couvrir les frais. Les travaux ne furent pas exécutés. Monsieur Rousset rendit l’argent.  Grâce au produit d’une collecte faite à Dingier, auquel vint s’ajouter une somme versée par la Fromagerie Lobrichon de Verjon, Monsieur l’abbé Brevet eut la satisfaction de faire exécuter le gros œuvre des réparations, laissant à son successeur , Monsieur l’abbé Boisson le soin d’aménager l’intérieur de la chapelle tombé  dans un lamentable état. Le plâtre  était en partie tombé et, ce qu’il restait, était couvert d’inscriptions et de signatures, griffonnées par les visiteurs en promenade.

 

Notre-Dame Dingier Coligny

 

Le nouveau curé de Verjon- Salavre se fit montrer les objets du culte mis en sécurité chez Monsieur Henri Bouvard. Il remarqua  que la statue de la Vierge était gracieuse mais sans y attacher une spéciale attention. Il décide de rendre décent l’intérieur de l’oratoire , sans plus. Peu après cette reconnaissance des objets du culte, un matin, se rendant de Verjon à Salavre, l’abbbé Boisson a subitement cette pensée : « La Vierge de Dingier ne serait-elle pas une Notre-Dame du Sacré-Coeur ? » Vivement désireux d’être fixé à ce sujet, il remonte à Dingier, se fait présenter à nouveau la statue, en note les caractéristiques, et communique celles-ci à Issoudun, au siège de la dévotion à Notre-Dame du Sacré-Coeur.  A la date  du 13 juin 1939, Monsieur le Directeur de l’Archiconfrérie répond : «  Le modèle de la Statue de Notre-Dame du Sacré-Coeur que vous avez trouvé dans votre chapelle, a été approuvé dès l’origine pour l’Italie. » C’était donc bien Notre-Dame du Sacré-Coeur qui trônait à Dingier depuis 1882, donc bien antérieurement à la création du centre de dévotion mariale du Mas-Rillier, dans l’Ain.

 

Alors convaincu de plaire au Seigneur Jésus et à Notre-Dame, l’abbé Boisson décide de décorer beaucoup plus richement l’intérieur de la chapelle en l’honneur de « l’Espérance des Désespérés. » et d’organiser  des pèlerinages à la gloire de Celle qui répond si souvent  par des grâces extraordinaires aux prières de ceux qui l’invoquent sous le vocable de « Notre-Dame du Sacré-Coeur. » Le travail artistique est confié aux soins de monsieur Lucien Mazuir, platrier-peintre à Coligny. Entièrement peinte à l’huile, la chapelle est parsemée de fleurs de lys, symboles de pureté mariale et ceinturée d’une guirlande d’étoiles rappelant la « Femme aux douze étoiles » de la Bible. Dans cet intérieur resplendissant de grâce, le vieil autel de bois, même peint en faux marbre, avait assez triste mine. Il s’agissait de le remplacer sans trop lourdes dépenses. La Providence bénit visiblement ce projet. Grâce à une annonce affichée durant une retraite au Grand Séminaire de Belley, Monsieur le Curé put se procurer , à un prix abordable, chez le Soeurs de Saint Vincent de Paul à Châtillon sur Chalaronne, un bel autel en marbre dont les dimensions étaient exactement celles du petit choeur de la chapelle. De surcroît, le tombeau est précisément orné d’un médaillon, modèle de la médaille miraculeuse, représentant les Coeurs de Jésus et Marie étroitement unis. L’antique statue, celle de 1882, prit place sur le tabernacle , blanc et or, comme sur un trône glorieux.

 

Notre-Dame Dingier Coligny

 

Il s’agissait maintenant de lancer des pèlerinages. Des pèlerinages aux mêmes dates qu’à Issoudun : 31 mai : fête liturgique de Notre-Dame du Sacré-Coeur  et le 8 septembre anniversaire du couronnement de la Vierge d’Issoudun. En raison de la déclaration de guerre, en 1939, le Sanctuaire de Dingier ne vit qu’une réunion des paroisses de Verjon et de Salavre l’après-midi du dimanche 10 septembre.  Les dramatiques événements de 1940 en ranimant dans les âmes le sens et le besoin de la prière, favorisèrent la création des pèlerinages. Le premier se déroula le 1er septembre après la démobilisation de Monsieur le Curé. Depuis cette date les pèlerinages eurent lieu régulièrement, toujours suivis par une assistance recueillie et priante. Primitivement sur le conseil du Révérend Père Henry de Paray-le-Monial, la Messe fut célébrée au pied de l’antique Calvaire, proche de la chapelle. Après quelques années on abandonna cet emplacement, idéal au point de vue religieux, pour s’abriter du souffle des vents tout près de la Chapelle. Monsieur le Curé voulut assurer lui-même les prédications au cours des premiers pèlerinages afin d’ancrer dans les âmes des pèlerins l’histoire de la dévotion à Notre-Dame du Sacré-Coeur, ainsi que les  raisons de ce culte marial, basé, non sur quelque apparition de la Vierge, mais uniquement sur le fait de relations unissant intimement les Coeurs de Jésus et de Marie.

 

Notre-Dame Dingier Coligny