Paroisse Pont-de-Veyle

Rester vigilant…

 

La parole de Dieu qui est comme le fil rouge de ce temps du Carême de l’année de la Miséricorde pour notre groupement paroissial est : « Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit » (Psaume 50). J’espère que chacun de nous aura su prendre un bon départ dès le mercredi des Cendres et que ce temps du Carême est vécu intensément par tous. Peut-être même que certains peuvent se réjouir de voir tel ou tel aspect de leur vie qui a pu changer depuis le début du Carême. C’est bien ! Il faut se réjouir ou plutôt, il faut rendre grâce à Dieu pour les progrès et les victoires que nous pouvons constater dans notre vie personnelle, dans notre vie spirituelle.

 

Cependant, nous devons rester prudent et garder notre cœur en éveil. C’est le maître-mot de la liturgie du 3ème dimanche de Carême.  St Paul nous le dit assez clairement : « Celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber ». Et de même dans l’Evangile Jésus nous invite à une conversion profonde, une conversion qui doit être radicale « si vous ne vous convertissez pas, dit-il, vous périrez tous… ». Mais cette conversion nous demande de la patience, beaucoup de patience.

 

 

 

Elle nous demande d’abord de l’humilité. On ne se convertit pas à la force du poignet. Ce n’est pas nous qui opérons, c’est Dieu ! La conversion demande de s’en remettre à Lui sans cesse, de s’abandonner à sa volonté « Que ta volonté soit faîte » prie-t-on dans le Notre Père. Se convertir demande un acte volontaire de notre part pour laisser Dieu agir dans notre vie. Il s’agit de mettre le pilote automatique dans la voiture de notre existence : c’est Dieu qui conduit ! Où va-t-il nous mener ? Nous n’en savons rien mais nous savons qu’il nous ménera sur le chemin de la Vie. Tel Moïse devant le buisson ardent, il nous faut faire un détour afin de discerner la présence de Dieu qui vient à notre rencontre, et non l’inverse ! Dieu vient à notre rencontre pour mieux entrer dans notre histoire personnelle et mieux la transfigurer, la transformer. Nous n’avons que notre consentement à donner… c’est peut-être cela le plus difficile ! Mais quel bonheur d’être à Dieu tout entier et sans partage !

 

Ensuite, cette conversion demande de la patience. Dieu ne nous demande pas de nous lancer dans toutes sortes d’exercices spirituels. Méfions-nous de la tentation de vouloir accumuler les neuvaines, les chapelets, les sacrifices en tous genres, les lectures saintes, les actes de charité et que sais-je ? Bien sûr, il faut faire tout cela mais encore faut-il que tout ce que nous mettons en place dans notre vie spirituelle soit, d’une part, adaptée à notre vie (entendez : ne nous détourne pas de notre devoir d’état) ; d’autre part, que les exercices spirituels nous remplissent de Dieu (et non de nous-mêmes !) afin que nous en voyons concrètement les fruits de l’Esprit-Saint : la charité, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la maîtrise de soi, la miséricorde, la foi, la modestie, la continence, la chasteté.

                                « Il vint chercher du fruit sur ce figuier et n’en trouva pas… » dit l’Evangile ! La Miséricorde de Dieu nous saisit là où on ne l’attend pas : Dieu est patient avec nous ! Il ne voit pas d’abord nos fermetures ou nos impasses mais Il regarde de ce que nous sommes capables de faire, capables de construire. Dieu voit les qualités et les talents de chacun, Il discerne nos conversions à venir. Prenons alors patience avec nous-mêmes ! Acceptons un lent mûrissement de notre Foi car cela nous offre l’occasion de nous ajuster – le plus justement possible ! – à ce que Dieu attend de nous. Soyons bien certain qu’il n’est jamais trop tard pour se décider à se convertir – c’est-à-dire à se tourner vraiment vers Dieu – la conversion n’a pas d’âge ! Acceptons de bêcher et d’amender notre existence pour qu’à Pâques nous soyons profondément renouvelés par la grâce de Dieu : « Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit ». Notre Dieu est un Dieu de tendresse et de pitié « lent à la colère et plein d’amour… Il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses, comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint. » chante le Psalmiste. Aussi, en ce temps du Carême, ne nous décourageons pas devant nos chutes, nos hésitations, nos retournements mêmes vers ce qui était notre vie avant la conversion. Demeurons patients dans nos faiblesses, vigilants dans nos victoires, confiants sans cesse en la Miséricorde infinie de Dieu. Bonne marche vers Pâques !                                                                                                

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +