Paroisse Pont-de-Veyle

Il est revenu à la vie !

 

Combien de fois avons-nous entendu la parabole du fils prodigue ? Que de commentaires, d’homélies, de prédications ? Toutefois, il est très étonnant de lire et d’entendre – y compris dans des discours très officiels – une insistance sur le fils aîné c’est-à-dire sur celui qui est resté fidèlement au service de son père. Signe symptomatique, à mon sens, de l’époque dans laquelle nous vivons où l’on préfère parler de l’amour infini de Dieu – ce qui est vrai ! – du pardon sans limite, de la miséricorde… sauf, que l’on oublie assez facilement – et consciemment – la notion de justice. Or, il n’y a pas de miséricorde sans justice !

 

Aucun d’entre nous – et moi le premier – ne peut prétendre dire comme le fils ainé : « il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres ». Il faudrait être malhonnête pour ne pas voir avec objectivité toutes ces nombreuses occasions dans lesquelles nous préférons le péché à la grâce. Que nous le voulions ou non, le péché nous coupe de Dieu. Le péché nous entraîne dans un chemin de mort. Le péché nous fait perdre la beauté de la grâce reçue à notre Baptême : « Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ». Choisir le péché c’est prendre le chemin de la mort, demander humblement pardon à Dieu c’est revenir à la vie ! « Ton frère était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! ».

 

Bénédiction que ce Carême de l’année de la miséricorde que nous vivons ! Joie d’entendre la parabole du fils prodigue à mi-chemin de notre montée vers Pâques !

 

 

Nous sentons bien que Dieu est pris aux entrailles (entrailles = miséricorde, la même racine désignant, en grec comme en hébreu, le sein maternel et la miséricorde) devant Sa créature que nous sommes. « Mon Cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier » dira Jésus à Ste Marguerite-Marie à Paray-le-Monial. L’amour de Dieu notre Père est viscéral. Il désire tant que nous nous retournions vers Lui avec confiance. Si nous savions combien notre péché blesse si profondément le Cœur de Jésus ? « Je pleurs, dira le St Curé d’Ars, de ce que vous ne pleurez pas ». Dieu condamne le péché mais Il aime le pécheur. Pas de miséricorde sans justice ! Contrairement à ce que l’on peut entendre ici ou là, Dieu n’accepte pas tout. Le mal est un mal, le péché est un péché. Il n’y a pas de petit péché ou de « péché mignon ». « Un péché, comme disait un enfant, c’est laid et ça ne sent pas bon ! ». Méfions-nous d’un discours ambiant qui voudrait tout excuser sous prétexte de miséricorde : l’avortement, les unions homosexuelles, l’adultère, le vol et j’en passe ! Souvenons-nous, pour mémoire, des points non-négociables énoncés par le Pape émérite Benoît XVI concernant, pour exemple, la famille, le mariage ou le respect de la vie. Il est probable que d’ici quelque temps il soit indispensable d’exposer à nouveau l’enseignement de l’Eglise sur tel ou tel point…

 

Choisir la vie, prendre la décision de revenir à la vie, c’est accepter de quitter le monde des ténèbres pour mettre ses pas dans ceux du Christ. Dans notre montée vers Pâques, l’appel à nous recentrer sur Dieu se fait de plus en plus pressant. Ne laissons pas filer les semaines : dans un peu moins de 3 semaines nous allons être amenés à renouveler les promesses de notre Baptême au cours de la Veillée Pascale. Qu’allons-nous répondre aux questions de la renonciation au mal ? Les Fêtes Pascales, désormais toutes proches, seront-elles, en cette Année Sainte de la Miséricorde, une véritable Résurrection pour notre vie personnelle et spirituelle ? Les bras du Père sont largement ouverts ! Nous n’avons qu’une chose à faire : nous y jeter en toute confiance ! Il s’agit maintenant de prendre – ou de retrouver – le chemin du Sacrement du Pardon en abandonnant nos préjugés sur ce si beau sacrement. « La confession est le meilleur remède contre la tiédeur » disait le Pape Paul VI. Nous ne  pouvons pas prétendre être les disciples du Seigneur si nous ne nous reconnaissons pas humblement pécheurs et si nous n’accueillons pas sa miséricorde infinie qu’Il veut nous manifester. Pensons à la fête que nous laisserons éclater dans le ciel lorsque nous nous approcherons du « tribunal de la miséricorde » (expression de Jésus à Sœur Faustine) et que nous entendrons le Prêtre, au nom du Seigneur, nous dire : « je te pardonne tous tes péchés ». C’est alors, que Jésus pourra dire de nous :    « mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! ».

 

Belle montée vers Pâques à chacun ! 

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +