Paroisse Pont-de-Veyle

Quand Jésus s’invite au mariage…

 

L’Evangile du IIe Dimanche du Temps ordinaire est l’épisode des noces de Cana. Qu’a voulu nous dire Jésus en acceptant de participer à un repas de noces ? Il a ainsi, avant tout, honoré de manière concrète les noces entre l’homme et la femme, en répétant de manière implicite qu’il s’agit d’une chose belle, voulue par le créateur et bénie par lui.

 

Mais il a également voulu nous enseigner autre chose : Par sa venue s’accomplissait dans le monde le mariage mystique entre Dieu et l’humanité qui avait été promis à travers les prophètes, sous le nom d’« alliance nouvelle et éternelle ». A Cana, le symbole et la réalité se rencontrent : le mariage humain entre deux jeunes est l’occasion de parler d’un autre mariage, le mariage entre le Christ et l’Eglise qui s’accomplira à « son heure », sur la croix. Cette affirmation selon laquelle le mariage est fondé sur l’amour, nous semble aujourd’hui évidente. Mais cela n’est reconnu que depuis un peu plus d’un siècle seulement, et pas partout. Pendant des siècles et des millénaires le mariage a été une transaction entre familles, une manière de pourvoir à la conservation du patrimoine ou à la main-d’œuvre pour le travail des chefs, ou une obligation sociale. Ce sont les parents et les familles qui prenaient les décisions et non les époux, qui ne faisaient souvent connaissance que le jour du mariage.

Ce bel Evangile des Noces de Cana contient un message d’espérance pour tous les couples humains, y compris les meilleurs. Ce qui se produisit lors des noces de Cana se produit dans tout mariage.   Il commence dans l’enthousiasme et la joie (symbolisés par le vin). C’est la joie de tous les couples qui se présentent en ce moment dans nos paroisses en vue de la célébration de leur mariage et que nous accueillerons pour une Saint Valentin le 7 Février prochain. Ce sont ces jeunes mariés d’un an ou plus qui ne se lâchent pas des yeux et semblent se perdre de bonheur dans le regard de l’autre ! Mais cet enthousiasme initial, comme le vin à Cana, se consume au fil du temps et vient à manquer. On fait alors les choses non plus avec amour et joie mais par habitude.  Combien de couples me confie leur fatigue voire leur lassitude. Ce qui était la cause d’enchantement devient source de conflits, et même de disputes. Le dialogue est remplacé par l’ordinateur, les réseaux sociaux ou la télévision. Le sport et les loisirs prennent une place considérable… bref, si l’on n’est pas attentif, une sorte de nuage de grisaille et d’ennui s’abat sur la famille. Il faut également dire, avec tristesse, de ces couples : « Ils n’ont plus de vin ! », ils ont perdu la joie des premiers temps. Ce magnifique Evangile de Cana indique aux conjoints un chemin pour ne pas tomber dans cette situation, ou en sortir si l’on y est entré : Il s’agit d’inviter Jésus à son propre mariage !  Il s’agit de l’inviter, Lui le Seigneur de la joie, dans son foyer, son couple, sa maison, sa famille. Cela nous rappelle au moins 2 des promesses que Jésus fit à Ste Marguerite-Marie à Paray-le-Monial : « Je mettrai la paix dans les familles où mon Sacré-Cœur est honoré » ou bien encore : « Je bénirai les maisons où l’image de mon Cœur sera exposée et honorée ». S’il est présent, on peut toujours lui demander de répéter le miracle de Cana : transformer l’eau en vin. L’eau de l’habitude, de la routine, de la froideur, en un vin d’amour et de joie meilleurs que le premier, comme le vin multiplié à Cana. « Inviter Jésus à son propre mariage » signifie accorder à l’Evangile une place d’honneur chez soi, prier ensemble, recevoir les sacrements, prendre part à la vie de l’Eglise. En cette Année de la Miséricorde, prions afin que tous les couples chrétiens, d’abord, fassent l’expérience de la présence continuelle et de la tendresse de Dieu.   Certes, les deux conjoints ne sont pas toujours au même niveau sur le plan religieux. L’un peut être croyant et l’autre non, ou au moins pas de la même manière. Dans ce cas, que celui des deux qui connaît Jésus l’invite aux noces et qu’il fasse en sorte qu’il devienne vite l’ami des deux. Que Jésus devienne au plus vite comme un « ami de famille. » Il en va de notre responsabilité, à nous disciples du Christ, de tout faire pour qu’Il soit connu, aimé, accueilli dans tous les couples que nous connaissons de près ou de loin… Là encore, l’Année de la Miséricorde nous pousse à permettre à chacun de faire la douce expérience de la présence aimante et réconfortante de Jésus, soutenu par la puissance intercession de la Vierge Marie : « Faîtes tout ce qu’Il vous dira ! ».                                                                                                                                                

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +