Paroisse Bellegarde

Homélie dimanche 11 janvier: « Toi, tu es mon Fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie. »

Vous savez que faire une homélie chaque semaine, c’est vraiment exigeant ! D’autant plus que vous aurez remarqué que j’aime bien commencer mon homélie par une histoire, une anecdote … il faut donc en trouver une nouvelle chaque semaine ! J’essaie d’être toujours à l’affut et, comme les abeilles, je fais mon miel à partir de ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entends et aussi ce que je vis. C’est ainsi qu’après Noël, je suis allé en vacances chez des amis et, en nous promenant dans un nouveau lieu commercial, je suis tombé sur un jeu de cartes géant qui était exposé dans une vitrine. Tout de suite, j’ai eu un flash et je me suis dit : voilà ce qu’il me faut pour l’homélie de la messe des familles du 10 janvier. 

 

Ce dimanche, nous célébrons la fête du Baptême du Christ qui est pour moi l’occasion de faire mémoire de notre Baptême à chacun. Bien sûr, le baptême qu’a reçu Jésus, donné par Jean-Baptiste, a été très particulier, il n’a presque rien à voir avec le Baptême, tel que nous l’avons reçu. N’empêche que, depuis pas mal d’années, à Rome, la tradition veut que le pape célèbre des baptêmes ce jour-là. Et il en profite toujours pour inviter chaque chrétien à rendre grâce pour le jour de son baptême. Le pape François a même proposé, l’année dernière, que nous prenions l’habitude de célébrer l’anniversaire de notre Baptême avec au moins autant de force que l’anniversaire de notre naissance. Ce qui suppose, bien sûr, que nous connaissions la date de notre Baptême. Je trouve que c’est une bonne idée et qu’il faudrait que nous prenions l’habitude de la mettre en pratique.

 

Très bien, me direz-vous, mais quel rapport avec ce jeu de cartes géant ? Eh bien, ce jeu de cartes m’a rappelé un sketch que faisait l’humoriste Henri Tisot, le célèbre imitateur du Général de Gaulle. Il avait vécu une conversion très forte au christianisme, un peu à la manière de Michel Delpech qui a été enterré hier. Pour rendre compte de sa foi, tout en respectant les convictions de ses spectateurs, Henri Tisot avait donc inventé un sketch à partir d’un jeu de cartes géant qu’il montrait sur scène en expliquant que ce jeu de carte était un formidable résumé de la foi chrétienne.

 

C’est donc en repensant à ce sketch que j’ai eu envie de me procurer, moi aussi, ce jeu de cartes géant. Puisqu’on célèbre le baptême de Jésus et qu’on est invité à faire mémoire de notre Baptême qui nous a plongé dans la foi des chrétiens. Avoir un moyen aussi étonnant pour résumer la foi des chrétiens, ça vaut de l’or ! Je vais donc me servir demain de ce jeu de cartes géant pour parler aux enfants lors de la messe des familles. Et je me suis dit, qu’après tout, il serait dommage de vous priver de cette homélie, je ne vais pas vous montrer les cartes, mais je vais quand même vous expliquer comment un jeu de cartes peut nous aider à résumer toute la foi des chrétiens, cette foi qui nous a été donnée en héritage à notre Baptême.

 

Alors, commençons par l’as et sans hasard, prenons l’as de cœur ! Ce « 1 » écrit en gros nous rappelle qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que ce Dieu a du cœur ! Le 2 représente les deux parties de la Bible, le premier et le deuxième testament. J’aime mieux parler du premier Testament, c’est mieux que l’ancien car ancien, ça fait dépassé. Non, le 1° testament n’est pas dépassé, mais comme un tome premier, il y a un 2° tome et ces deux tomes forment ce que nous appelons les Ecritures.

Le 3, vous l’aurez deviné, représente la Trinité qu’on peut expliquer dans cette formule simple empruntée à un Père de l’église : le Père aime, le Fils est aimé et le Saint-Esprit est l’amour. Avec le 4, on revient aux Écritures en s’attachant à l’une des parties essentielles du second Testament, les quatre évangiles. Avec le 5, on plonge dans l’une des belles histoires des Évangiles, la parabole des 5 vierges imprévoyantes et des 5 vierges sages invitées à un mariage. Cette parabole nous invite à ne pas vivre comme des insouciants sur cette terre. Le 6, lui, il représente les six jours que Dieu a pris pour créer le ciel et la terre et le 7 représente l’ultime journée de la semaine où Dieu s’est reposé après avoir fait la Création. Un 7° jour qu’il a demandé de lui consacrer, les musulmans le font le vendredi, les juifs le samedi avec le Shabbat et les chrétiens le dimanche qui est le jour du Seigneur mais qui devient, hélas, de plus en plus souvent le jour de la grasse matinée, du sport, du bricolage et si peu le jour du Seigneur !

 

Pour le 8, on pourrait trouver plusieurs correspondances. Mais gardons le 8, comme étant le nombre de personnes qui composent la famille de Noé, lui, sa femme, leurs trois fils et leurs épouses, ça fait huit. Ce sont eux qui seront épargnés par Dieu dans l’inondation qui a détruit la terre. Comme quoi tout peut toujours repartir même à partir de 3 fois rien ! Le 9, il évoque une autre histoire des Évangiles, ce sont les lépreux que Jésus a purifiés de leur lèpre et qui ne sont pas venus le remercier, un seul est venu, le 10°. Une histoire qui nous invite à prendre conscience que, bien souvent, nous sommes ingrats vis à vis du Seigneur qui nous donne et à qui nous disons si peu merci ! Quant au10, il  représente ce que nous appelons les dix commandements et que nos frères juifs préfèrent appeler les 10 paroles de vie. En effet, ce ne sont pas des ordres que Dieu nous lancerait de manière arbitraire. Ce sont 10 paroles qui balisent le chemin de la vie. C’est comme si Dieu nous disait : accomplis ces 10 paroles et tu auras la vie.

 

Le valet, c’est Jésus. C’est étonnant de dire cela et pourtant, c’est vrai, il a voulu se faire le serviteur de tous, St Paul osera même dire l’esclave de tous. Rappelons-nous l’épisode du lavement des pieds et n’oublions jamais que Jésus nous a invités à faire comme lui, à nous faire serviteurs les uns des autres. La Reine, bien évidemment, c’est la Vierge Marie qui est autant Reine que Mère. Quant au Roi, c’est Dieu le Père, Roi des Rois. Vous pensez que nous avons fini, mais pas tout à fait quand même ! D’abord, il nous reste le Joker, c’est la carte de la liberté qu’on utilise comme on veut. Cette carte nous rappelle la liberté que Dieu nous a donnée comme le plus beau cadeau d’amour, hélas, nous en usons trop souvent de manière désordonnée. Allons encore un plus loin et additionnons le nombre de points d’un jeu de cartes, nous  arrivons à un total de 365, c’est le nombre de jours dans une année normale qui nous rappelle que chaque jour est un don de Dieu.

 

La prochaine fois que vous jouerez aux cartes ou que vous ferez une réussite, essayez donc de redire ce résumé de la foi à chaque carte que vous tirez ou que vous jouez ! Mais surtout, si vous oubliez cela, n’oubliez pas de fêter le jour de votre Baptême puisqu’en ce jour, Dieu a dit pour vous ce qu’il a dit pour Jésus : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie. » Voilà bien une parole à ne pas oublier !

 

Baptême