Mission Ouvrière

Message de Noël de la Mission ouvrière de Bourg

 

Des chrétiens en monde ouvrier de l’agglomération de Bourg en Bresse vous souhaitent un BON NOËL 2015 et vous adressent ce message…

 

 

Terre, prête l’oreille !
 

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » Prophète Esaïe 9

 

Noël est planétaire

 

Dans l’ambiance de COP 21, en pensant à toutes les victimes, les déplacés, les exilés qui fuient guerres et misères,  et à la suite du document  ‘’Laudato Si’’  du Pape François pour la sauvegarde de notre planète, nous voulons dire : « Toi, notre TERRE, notre maison commune, nous voulons prendre soin de toi ! »

 

Avec François d’Assise, nous disons : ‘’Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent !’’

Par frère Vent, les Joseph, Marie et Jésus d’aujourd’hui sont poussés au désert : leur supplication est extrême, leur condition précaire.

Par tous les temps, ils subissent les pressions, les misères quotidiennes des familles en galère :

en un éclair, ils deviennent migrants, comme les migrants de tous les temps.

Mais sous la brise, ils espèrent : ils espèrent le vent des Noëls solidaires,

ils réclament le souffle de l’hospitalité, ils s’ouvrent au grand air des énergies nouvelles ;

ils voient le monde en vert avec des yeux d’enfant.

 

Avec François d’Assise, nous disons : ‘’Loué sois-tu, mon Seigneur, par soeur Eau !’’

Par soeur Eau, Jésus a bu et a grandi, joyeux, à Nazareth ; comme tous les enfants de son âge,

il sautait dans les flaques, riait fort, partait jouer avec ses camarades.

Plus tard, juste après Jean le Baptiste, son cousin, les pieds dans le Jourdain, il va plonger :

son baptême nous entraîne à faire comme lui : à risquer notre vie.

Au cours d’une noce, faisant remplir d’eau  les jarres des purifications, dépassant les rites, les traditions, il en fait un vin nouveau, annonçant son sang versé, sa vie donnée pour la multitude.  

Et encore, près d’un puits, en territoire hostile, il a soif : il ose demander à boire à une femme étrangère ; il a soif du respect de cette femme ; il aspire à la paix des peuples de banlieue ;

il a soif d’une soif aussi pure qu’un enfant.

 

 

Avec François d’Assise, nous disons : ‘’Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Feu !’’

Par tous les feux de joie des bergers de la crèche, par leurs tentes élargies, leurs fêtes légendaires,

tous les squats de la terre s’éclairent, en même temps que toutes les prisons, toutes les exclusions.

Par frère Feu, une étoile conduit trois rois vers un enfant.

Devant cet enfant, amour prêt à incendier notre planète, une révolution éclate sur la paille :

les rois sont à genoux, sur la paille, leurs couronnes à terre !

A ce feu, Bébé dort : l’or, ce n’est pas ce qu’il aime, ni l’encens, ni la myrrhe, ni le feu des armées,

ni les grands champs de tir ; il est le conseiller de la paix maintenant.

Ce que le monde attend, il le chante en dormant.

 

Avec François d’Assise, nous disons : ‘’Loué sois-tu, mon Seigneur, par soeur  la Terre’’.

 Elle est aussi notre mère.

Sur cette terre, un âne se repose : la corde est relâchée, douce miséricorde qui libère !

Tout doucement, sur cette terre, Marie dépose l’enfant :

‘’Marie est une vraie mère’’, songe soudain Joseph, le sage paternel.

Dans la banlieue de Jérusalem, comme tous les chômeurs, les sans abri, Joseph, en attendant, cherche un toit, une terre, du  travail peut-être,  un peu de bois aussi ; il fait encore si froid,

le soleil est sans voix, l’hiver peu fraternel : est-ce vraiment Noël ?

Mais, sur le sol de cette terre, Christ s’éveille !

En même temps qu’il naît, il ressuscite ! Un soleil se lève !

Déjà s’entend le cri du frère nouveau-né ; déjà s’ouvrent les mains des riches renvoyés ;

déjà tombent les trônes des puissants renversés :

 

l’Enfant Dieu est en train de changer notre Terre.

 

Heureux les artisans à l’écoute du VENT !

Heureux les amoureux de l’EAU et des rivières !

Bienheureux les gardiens du FEU de l’Enfant Dieu !

Heureux ceux qui voudront l’allumer sur la TERRE !

 

A VOUS TOUS & TOUTES, PAIX & CONFIANCE !

 NOËL est planétaire !

 

 

La planète appartient à toute l’humanité, elle est pour toute l’humanité, et le seul fait d’être né en un lieu avec moins de ressources ou moins de développement ne justifie pas que des personnes vivent dans une moindre dignité.

Les plus favorisés doivent renoncer à certains de leurs droits, pour mettre avec une plus grande libéralité leurs biens au service des autres.

Pour parler de manière correcte de nos droits, il faut élargir le regard et ouvrir les oreilles au cri des autres peuples et des autres régions de notre pays.

Nous avons besoin de grandir dans une solidarité qui doit permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin.                                          Pape François, La joie de l’Évangile (190)

 

D’après le message des partenaires de la mission ouvrière nationale

 

 

 

LE MESSAGE DE NOËL 2015 de la MISSION OUVRIERE – clés de lecture

 

Un premier regard

 

Merci d’abord à l’équipe de la Mission Ouvrière de Bordeaux qui nous a envoyé ce message pour Noël 2015 sans savoir encore combien les événements de la mi-novembre allaient bouleverser nos vies avant de recevoir la Bonne Nouvelle de la naissance du Christ.

Ce message est maintenant celui de toute la Mission Ouvrière et peut être utilisé librement pour une publication, une lecture, un mise en scène ou en images…

 

Notre Message de Noël 2015 trouve sa source dans un texte très célèbre, le Cantique des Créatures de Saint François d’Assise.
C’est à ce poème-prière que le pape François a emprunté les premiers mots de son Encyclique sur la sauvegarde de la maison commune (les premiers mots d’une Encyclique lui servent de titre) : LAUDATO SI, loué sois-tu…

C’est l’inspiration même de cette Lettre Encyclique qui est ainsi associée à la fête de Noël en cette année où la planète prend de plus en plus conscience d’un équilibre fragile et en appelle à la réunion et à la solidarité de toutes les nations (COP 21)

Le texte est fondé sur quatre éléments du monde indispensables à la vie de l’homme : le VENT, l’EAU, le FEU, la TERRE que Saint François d’Assise considère vraiment comme des créatures en les appelant « frères » ou « sœurs »

 

Ce message puise aussi dans le trésor des Ecritures et ne se contente pas de répéter le beau récit de la naissance de Bethléem. De nombreuses références affleurent dans le texte.

 

Ce message s’inscrit encore dans la démarche du Concile Vatican II au moment où nous fêtons les 50 ans de la Constitution du Concile Vatican II sur l’Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium et Spes / 7 décembre 1965) : « Les joies et les espoirs, les angoisses et les tristesses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont les joies et les espoirs, les angoisses et les tristesses des disciples du Christ » (1)

Nous pouvons chercher toutes les situations qui sont évoquées, tous les lieux de notre monde qui s’éclairent à la lumière de Noël.

 

Une approche « catéchétique »

 

L’événement de Noël est bien une naissance :
« Aujourd’hui un Sauveur vous est né qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2, ).
Mais c’est en regardant tout ce qui environne l’événement de cette naissance que nous pouvons essayer de mieux comprendre Noël et de l’inscrire dans l’histoire qui est aussi celle que nous partageons avec tous nos frères et sœurs de l’humanité.
La catéchèse est l’écho que les hommes donnent à l’événement fondateur qui oriente leur existence : l’événement qui vient à Noël c’est Dieu avec nous.
Le message de Noël est une «catéchèse» parce qu’il fait écho à l’événement fondateur du christianisme et à son retentissement dans la vie des hommes.

Essayons de percevoir quelques uns de ces échos…

 

Avec le VENT qui pousse et qui envoie… Dans la fragilité d’une famille humaine.

C’est avec l’enfant nouveau-né, sous la figure d’une famille poussée à l’exil que se découvre la famille de Jésus contrainte de fuir vers l’Egypte. Cette figure est celle du déplacement déjà connue par l

 

e long déplacement dû au recensement qui selon l’Evangile de Luc a conduit Joseph et Marie de Nazareth vers Bethléem.

La crèche n’est qu’un point d’arrêt pour cette famille déplacée dans l’espace et dans sa vie croyante. Mais ce qui est important est de voir que cette mobilité apparemment contrainte n’est pas une résignation.
« Ils espèrent »

 

Avec toutes ces familles que nous connaissons en errance ou en galère, avec tous les migrants dont les routes se rapprochent des nôtres, nous pouvons fêter un Noël d’espérance

 

Avec l’EAU qui révèle nos soifs
Dans les rencontres qui font grandir

 

En avançant encore dans le temps, nous découvrons en Jésus un enfant qui joue à Nazareth.
Ce sont les premières rencontres qui en annoncent d’autres au Jourdain près de Jean Le Baptiste son cousin,

à Cana pour un repas de noces, au puits de Jacob avec une femme qui vient chercher de l’eau.
Ce Jésus qui grandit et s’affirme se révèle comme un être de désir qui partage les soifs les plus élémentaires et les plus profondes de notre humanité.
« Il a soif »

 

Avec tous ces enfants, ces jeunes couples, ces femmes qui ont soif de jouer, d’aimer et de boire une eau qui ne donnerait plus soif, nous pouvons fêter un Noël qui réveille chaque année notre désir de vivre.

 

Avec le FEU qui brûle et qui éclaire Dans un monde remis à l’endroit

C’est le moment de revenir vers ceux qui ont découvert le nouveau-né dans la nuit en suivant une étoile ou assis autour d’un feu : les mages et les bergers
L’étoile ou le feu trouent la nuit obscure et révèlent une autre face des choses.
Des rois remettent à un enfant avec leurs cadeaux un pouvoir qui est désormais sans effet ni sans importance.

Des bergers oubliés et méconnus vivent la fête et la joie.

Pendant qu’une lumière éclaire et purifie ce monde, « Bébé dort »

Avec ceux qui sont sans pouvoir et sans voix, avec ceux qui laissent leur pouvoir pour en faire un service, nous pouvons fêter un Noël de joie qui «élève les humbles » (Magnificat)

 

Avec la TERRE qui accueille et reçoit Un cadeau qui peut changer le monde

Nous voici enfin à la crèche.
C’est d’abord un enfant déposé sur le sol dans un environnement à la fois familier et inquiet. Les gestes sont lents et pleins d’amour.
Il faut chercher du bois pour le bien de l’enfant.
C’est en cet instant si « pauvre, si « simple » qu’il se passe quelque chose…
C’est le temps de l’éveil, de la vie qui triomphe de tout ce qui pourrait l’empêcher d’advenir.

 

« Christ s’éveille »
C’est le verbe que les premiers chrétiens emploieront pour parler de la résurrection.

 

                            Qu’est-ce qui s’éveille en nous en ce temps de Noël ?

 

Alors NOËL peut venir

  • –  Pour accompagner nos fragilités et nos errances
  • –  Pour révéler au grand jour les soifs de Dieu et des hommes
  • –  Pour consumer dans la nuit ce qui n’a pas de poids et laisser éclater la joie
  • –  Pour voir naître la vie au plus près de cette terre que nous habitons

 

                                                                     Xavier Durand*

*bibliste, co-délégué national de la mission ouvrière

 

Références bibliques du message de Noël

 

* VENT : Matthieu 2,13-15 (la fuite en Egypte) Luc 2, 1-5 (le recensement de Qurinius)

 

* EAU : Luc 2,52 (Jésus grandit à Nazareth) ; Marc 1,9-11 (baptême de Jésus dans le Jourdain) ;

           Jean 2, (le bon vin à Cana) ; Jean 4 (rencontre de la femme samaritaine au puits de Jacob)

 

* FEU : Matthieu 2,1-12 (les mages guidés par l’étoile) ; Luc 2, 8-20 (les bergers à la crèche)

 

* TERRE : Luc 2, 6-7 (naissance de Jésus) Luc 1, 46-56 (cantique de Marie)

 

 

 

Chrétiens en Monde Ouvrier – Secteur de BOURG – : 27, rue Dr. Nodet. 01000. BOURG en BRESSE.

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