Paroisse Pont-de-Veyle

L’enfer existe-t-il ?

 

Dans les derniers jours de l’année liturgique que nous vivons, il nous est donné de méditer sur les fins dernières. Avouons-le, rares sont les prédications sur ce sujet. Plus rares encore les homélies sur l’enfer.

 

Et pourtant, la première lecture de ce dimanche 15 novembre ne souffre aucune ambiguïté sur le sujet : « Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. » (Daniel 12, 1-3). Jésus, lui aussi, n’hésite pas dans plusieurs de ses prédications à avertir ses auditeurs : Il parle souvent de la « géhenne » du « feu qui ne s’éteint pas » ou bien, Il annonce en termes graves qu’Il « enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité… et les jetteront dans la fournaise ardente » (Mt 13, 41-42), et qu’Il prononcera la condamnation : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel ! » (Mt 25, 41). Et n’en déplaisent à ceux qui veulent édulcorer l’évangile, cela n’est pas une manière de parler, des images que Jésus donnerait juste pour nous faire peur ! C’est incontestable, l’enfer existe bien.

 

Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique on peut lire ceci : « l’enseignement de l’Eglise affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, le feu éternel. La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternel d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire » (n°1035).

 

Et le Catéchisme ajoute : « Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin… » (n°1037). La parole de Dieu et l’enseignement de l’Eglise au sujet de l’enfer sont pour nous un appel à la responsabilité. Souvenons-nous que Dieu nous a créé libres. Libres de le choisir, libres de le rejeter. Cette liberté nous devons l’utiliser dans l’objectif de notre salut : choisir le bien ou le mal en vue de la vie éternelle… voilà bien le programme de toute vie humaine. Tout dans notre vie doit être ordonné et orienté vers le Ciel : tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons, toutes les décisions que nous prenons, tous les choix que nous faisons, tout, absolument tout,  dans notre vie dans le moindre détail « par Lui, avec Lui et en Lui ».

 

A cet objectif du Ciel s’ajoute l’appel vibrant à la conversion. Jésus nous le dit si souvent dans l’Evangile : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. » (Mt 7, 13-14). La vie chrétienne est un parcours de conversion. Notre existence est émaillée par les pas de la conversion. Chaque jour nous devons nous décider à la conversion. Pas seulement pendant le temps du Carême ! Pas seulement pendant le temps de l’Avent ! Chaque matin, nous devons mettre le pied à terre en disant : « Seigneur, aujourd’hui, je me décide à être un Saint ! Aujourd’hui, je veux choisir le bien et renoncer au mal ! Aujourd’hui, je te mets à la première place ! Aujourd’hui je regarderai chaque personne avec un regard de miséricorde parce que d’abord tu me fais miséricorde ! Aujourd’hui, je veux témoigner de la joie de l’Evangile parce que tu nous appelles à la Vie et au bonheur éternel ! ».  

 

En fait, il n’est pas très difficile de se préparer au Ciel : La prière quotidienne, la Messe hebdomadaire, le sacrement de réconciliation vécu fréquemment, la charité auprès de ceux vers lesquels nous sommes envoyés (mon époux, mon épouse, mes enfants, mes petits-enfants, mes collègues de bureau et de travail, mes camarades de classe, mes amis…). C’est vrai, vivre en Chrétien n’est pas un chemin facile, c’est un chemin exigeant mais ô combien la récompense sera grande dans les cieux : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ; Heureux les artisans de paix, le Royaume des cieux est à eux ! ».  Ni vous, ni moi ne souhaitons vivre la vie éternelle en enfer ! Pour cela, rejetons le péché, coupons tous les liens au péché et mettons Dieu au centre de notre vie. Comme la Liturgie de l’Eglise nous y invite prions et implorons la Miséricorde de Dieu qui veut que « personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir » (2ème lettre de St Pierre 3, 9). Nous le disons dans la Prière Eucharistique n°1 : « Voici l’offrande que nous présentons devant toi, nous tes serviteurs, et ta famille entière : dans ta bienveillance accepte-la. Assure toi-même la paix de notre vie, arrache-nous à la damnation et reçois-nous parmi tes élus. ».

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +