Paroisse Pont-de-Veyle

Le jugement dernier.

Vezelay Jugement Dernier

 

 

« Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts » proclame-t-on dans le Credo. La Solennité de tous les Saints, le 1er novembre et la journée de commémoraison pour les fidèles défunts, le 2 novembre, remet le cœur de l’homme dans la perspective de la finalité de toute existence humaine : Nous sommes faits pour Dieu. Les Béatitudes proclamées dans l’Eglise chaque matin de la Toussaint nous redonnent comme la charte de celui qui veut être disciple du Seigneur. Jésus nous donne la marche à suivre pour celui qui veut mettre Dieu au cœur de sa vie : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu… Heureux les artisans de paix, le Royaume des Cieux est à eux… ». La journée de prière pour les défunts, le 2 novembre, nous donne de prier pour tous les fidèles défunts de nos familles mais aussi, et peut-être surtout, pour tous ceux pour lesquels on ne prie jamais. Prier pour les âmes délaissées du Purgatoire et qui attendent le suffrage de notre intercession. Aussi ces deux premiers jours de Novembre nous permettent de méditer sur notre destinée finale. Ce jour où nous comparaîtrons devant Dieu pour y être jugé non pas, comme le dit St Paul, sur ce que nous aurons fait mais « sur l’amour » (1 Co 13, 12).

 

 

 « La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ. Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. La parabole du pauvre Lazare et la parole du Christ en croix au bon larron, ainsi que d’autres textes du Nouveau Testament parlent d’une destinée ultime de l’âme qui peut être différente pour les unes et pour les autres » (Catéchisme de l’Eglise Catholique n°1021). Ce court passage du Catéchisme répond tout de suite à l’affirmation si répandue dans l’esprit de beaucoup de nos contemporains… même chrétiens, selon laquelle « on ira tous au paradis ! »… et bien, non !!! Cela ne va pas de soi ! C’est la raison pour laquelle les célébrations des funérailles ne doivent en rien ressembler à des canonisations. La couleur violette qui y est employée signifie bien que, nous les vivants, nous nous devons de prier pour que l’âme du défunt soit accueillie par le Seigneur.

 

Et à ce jugement particulier nous devons nous y préparer. Se souvenir chaque matin que nous sommes nés de Dieu et que nous retournerons à Dieu. Se rappeler chaque jour que notre vie est orientée vers le Seigneur et que notre Cité définitive se trouve dans les Cieux. Un vieux moine Bénédictin conseillait à une personne qui l’interrogeait de « tout faire comme si aujourd’hui était le dernier ». Non pas pour vivre dans l’angoisse de la mort mais au contraire pour vivre dans la joyeuse attente de rencontrer son Seigneur. Car, pour un Chrétien, la mort n’est que passage vers la Vie Eternelle. Lorsque nous reposerons au cimetière, « la terre ne sera pas trop lourde sur nous » contrairement à ce que j’ai pu entendre dernièrement à des funérailles dans un de nos clochers ! Ce genre de remarque révèle assez fortement le manque de Foi en la Vie Eternelle. De même que nous ne passons pas non plus dans la pièce d’à côté (un autre texte bien à la mode mais qui est aussi anti-chrétien que le coup de la terre lourde !), qu’on le veuille ou non, la mort est une séparation. Une séparation indispensable pour entrer dans la Vie. Et pour autant, nos défunts sont avec nous, en raison de la communion des Saints, par notre prière fervente à leurs intentions. Tout faire comme si aujourd’hui était le dernier c’est mettre Dieu à la première place, « Dieu 1er servi ! » dira Ste Jeanne d’Arc ou « Ad majorem Dei gloriam – Tout pour la Gloire de Dieu » dirait aussi St Ignace de Loyola. Tout faire pour Dieu, avec Dieu et en Dieu afin qu’il nous trouve « digne de paraître debout devant le Fils de l’Homme » quand Il viendra à notre rencontre.  Vu sous cet angle, la mort et le jugement dernier n’ont rien d’effrayant ! Bien au contraire, ils nous stimule pour faire de notre vie une immense louange à la Gloire de Dieu. Le Chrétien ne craint pas la mort, il la regarde droit dans les yeux car il sait, depuis le matin de Pâques, qu’elle n’aura jamais le dernier mot… quelle Espérance !                              

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +