Paroisse Bellegarde

Homélie dimanche 8 novembre. Rappelez-vous : tout ce qui n’est pas donné est perdu !

Ce matin, avec les enfants, nous sommes partis à la découverte du secret du Bonheur. Je leur ai raconté mon histoire qu’ils ont bien résumé au début de la messe. Quand j’étais petit, il y avait un seul vélo pour les 6 enfants de notre famille, je pensais donc que je serai heureux le jour où j’aurai un vélo à moi. En grandissant, je l’ai eu et j’ai sûrement été heureux quelques temps mais très vite, j’ai voulu une mobylette ! Je n’en ai pas eu, mais je prenais parfois celle de ma mère. J’ai sûrement été heureux les 1° fois que j’ai fait de la mobylette, mais très vite, je me suis mis à rêver de voiture parce qu’on est à l’abri, on va plus vite et plus loin ! Ma 1° voiture a été une vieille 2cv … la bâche était percée, il pleuvait à l’intérieur ! Et comme elle était vieille, je me faisais doubler par tout le monde, mais moi, je ne doublais jamais personne. Alors je me suis dit que le bonheur, c’était sûrement d’avoir une voiture, mais pas celle-là ! Et j’ai rêvé d’une meilleure voiture que j’ai eue plus tard et j’ai encore rêvé. Bref, nous sommes tous les mêmes, nous croyons toujours que nous serons heureux quand nous posséderons ce qui nous fait rêver. Mais ce n’est pas vrai, la preuve dès que j’ai ce qui me faisait rêver, je veux autre chose.

 

            On a vu ce matin, quand je vous ai parlé des enfants du Burundi, qu’ils n’avaient rien et pourtant, ils étaient heureux. Donc le bonheur, ce n’est pas de posséder toujours plus. D’ailleurs, le secret du Bonheur que nous avons découvert en regardant le texte des Béatitudes, vous le connaissiez déjà ! Quand vous avez commencé à aller à l’école, je suis sûr que vous avez fait ce que je vais expliquer maintenant. A l’approche de la fête des mères, vous avez commencé à préparer un cadeau pour votre maman et la maitresse vous a dit : il ne faut pas en parler à maman, c’est un secret ! Et je suis sûr qu’en revenant de l’école, vous avez dit à maman : maman, c’est un secret, je n’ai pas le droit de te le dire, je t’ai préparé un cadeau à l’école, mais comme c’est un secret, je ne te dirai pas ce que c’est ! Vous étiez tellement heureux que, ce secret, vous ne pouviez pas le garder. Mais au fait : pourquoi vous étiez heureux ? Vous pouviez enfin donner. Enfant, on reçoit tout et là, enfin, vous pouviez donner. Voilà le grand secret du bonheur, c’est de donner.

 

            Pour vous montrer que c’est vrai, je vais vous raconter deux histoires vraies. J’ai un ami qui est prêtre et médecin, il a beaucoup travaillé en Afrique. Et il m’a raconté cette histoire. Un jour, il attendait le train avec un enfant, le train, dans ce pays d’Afrique, on sait le jour où il passe, mais pas forcément l’heure ! Alors les gens viennent très tôt le matin pour ne pas le rater. Et ensuite, ils cherchent un coin à l’ombre et ils dorment. C’est ce qu’ils ont fait. Mais ils dormaient tellement bien qu’ils ont failli rater le train. Quand ils se sont réveillés, le train commençait à partir. Ils ont couru pour sauter dans le train en marche, mais en courant, l’enfant a perdu une sandale, dès qu’il a pu monter, il a pris sa sandale restante et il l’a vite jetée dans la direction où ils étaient. Alors mon ami lui dit : pourquoi tu fais cela ? Et l’enfant répond : moi, une sandale, ça ne me sert plus à rien, en jetant l’autre, celui qui les trouvera aura une paire complète ! Merveilleux enfant ! Il n’avait rien, en perdant cette sandale, il perdait beaucoup, mais au lieu de se lamenter, il pense tout de suite à donner celle qui reste. Mère Térésa avait fait écrire au-dessus de la porte de sa maison en Inde : Tout ce qui n’est pas donné est perdu. Sans jamais être allé en Inde, cet enfant l’avait déjà compris ! Il a donné pour que rien ne soit perdu.

            Et l’autre histoire, elle m’a été racontée par Jacques la semaine dernière. Quand je l’ai entendue, je vous avoue que j’ai pleuré tellement c’était beau. J’ai connu Jacques en prison. Ce qu’il a fait, ce n’était vraiment pas beau. Et il l’avait compris, du coup, avant que les gendarmes ne l’arrêtent, il a voulu se donner la mort par deux fois, il pensait que sa vie était foutue, qu’il ne valait plus rien et qu’il était donc préférable de disparaître. Mais, à chaque fois, ça a raté. Il a donc été emprisonné quelques années et, en prison, il a fait un très beau chemin de foi. Il a été libéré et quelques temps après sa libération, il a fait un infarctus très grave, il aurait dû mourir, mais il a eu de la chance, quelqu’un était là et a pu prévenir les secours, il a été opéré et va très bien. Mais, du coup, il s’est mis à réfléchir : j’aurais dû mourir trois fois et je suis toujours vivant, c’est sûrement le signe que Dieu attend que je fasse quelque chose de ma vie. Alors, il m’a téléphoné et m’a demandé s’il pourrait aider son curé, ça serait une manière de faire quelque chose de sa vie. Il a donné quelques petits coups de main, mais pas grand chose. Et voilà que ça a changé de curé, celui qui est arrivé était malade, fatigué et souvent en soins. Alors il a proposé ses services pour tenir des permanences et il a beaucoup fait pour aider son curé. Mais comme la maladie s’aggravait, son curé a dû partir pour se rapprocher d’un hôpital. Le frère de ce prêtre est mort cet été de la même maladie et le médecin a expliqué au prêtre que si on ne trouvait pas quelqu’un pour lui donner un rein, il risquait de mourir lui aussi. Jacques l’a appris et il a tout de suite dit : voilà pourquoi je suis resté en vie, c’est pour que je puisse sauver mon curé en lui donnant un de mes reins. Il est en train de faire les examens nécessaires et espère bien être compatible pour pouvoir le faire.

 

Oui, j’ai pleuré de joie quand j’ai entendu Jacques m’expliquer cela, quelle merveille, un prêtre va sûrement être sauvé grâce à un tôlard ! Moi, je pleurais de joie, et, Jacques, je l’entendais bien, il était rempli de joie de pouvoir faire enfin quelque chose de bien dans sa vie. Oh que c’est beau ! Vous avez entendu la petite vieille dans l’évangile qui donne tout ce qu’elle a, Jésus la met en valeur devant tout le monde. Ce n’est pas moi, je crois que c’est Jésus qui met en valeur ce matin, à travers mes paroles, cet enfant qui a jeté sa sandale et Jacques qui veut donner un de ses reins pour sauver son curé. Il les met en valeur, comme il a mis en valeur cette veuve de l’évangile qui n’a pas donné grand chose mais qui, en fait, a accepté de tout donner ! (ce que je dis maintenant, je ne l’ai pas dit ce matin, mais je ne résiste pas à l’écrire quand même ! C’est une blague alpha !) Si vous mangez de temps en temps des œufs au bacon, vous allez vite comprendre qu’il y a deux manières de donner. Dans les œufs au bacon, la poule a donné un œuf, on peut dire qu’elle a participé. Le cochon, lui, il a fait plus que participer, il s’est impliqué totalement ! Reconnaissons qu’en matière de don, il nous est plus facile de faire la poule que le cochon !!!

 

(Je reviens à ce que j’ai dit !) Maintenant, c’est vrai que donner, se donner, ce n’est pas facile tous les jours, et c’est pour cela que nous venons à la messe. A la messe, nous recevons Jésus, celui qui s’est donné totalement. A force de le recevoir, nous finissons par lui ressembler, nous devenons plus capables de donner, de nous donner pour de vrai.

 

Bonheur