Paroisse Bellegarde

Homélie dimanche 29 novembre: Bonne entrée dans le temps de l’Avent !

Les plus attentifs parmi vous auront peut-être l’impression d’avoir déjà entendu ce texte d’évangile, il y a 15 jours. De fait, c’était un texte assez semblable, mais ce n’est pas tout à fait le même texte. En effet, vous savez qu’aujourd’hui, 1° dimanche de l’Avent, nous entrons dans une nouvelle année liturgique. C’est comme ça dans l’Église, nous ne changeons pas d’année le 1° janvier mais pour le 1° dimanche de l’Avent. Les adversaires de l’Église ont l’habitude de dire que l’Église est toujours en retard, vous voyez que ce n’est pas vrai, nous sommes plutôt en avance, sur le changement d’année mais aussi sur bien d’autres sujets. Et, qui dit changement d’année liturgique dit aussi changement d’évangéliste. L’année qui vient de s’écouler, nous avons lu, quasiment en lecture continue, l’évangile de St Marc. Cette année qui commence, nous allons lire l’évangile de St Luc et ça tombe vraiment très bien puisque l’évangile de St Luc est souvent appelé l’évangile de la miséricorde. Or vous savez que le 8 décembre, le pape François fera entrer l’Église dans une année sainte, année de la miséricorde.

 

Mais revenons à nos moutons ! Si vous avez l’impression d’avoir déjà entendu ce texte, c’est parce qu’il y a 15 jours, nous l’avons lu tiré de l’évangile selon St Marc et aujourd’hui, nous lisons ce passage tiré de St Luc. Alors c’est vrai que bien des éléments se retrouvent, après tout c’est très bien comme ça car ces textes sont souvent difficiles à comprendre et le temps d’une homélie est assez court pour les expliquer. Ça nous permet ainsi de pouvoir passer une 2° couche sur la 1° qui n’avait sûrement pas couvert totalement le sujet ! En plus, cet évangile est assez bien accordé avec les événements que nous vivons. Si j’enlève quelques mots du texte, on a l’impression qu’il a été écrit juste après les attentats. « Sur terre, les nations seront affolées et désemparées. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde. » Avouez que c’est bien ce qui est ressenti par bien des gens aujourd’hui et peut-être par un certain nombre d’entre nous qui participons à cette messe. Alors puisque ce texte est d’une grande actualité que pouvons-nous en retirer pour vivre notre foi aujourd’hui ? Je voudrais garder deux points, le 1° que je tire de l’évangile et le 2° que le prendrai dans la 1° lecture.

 

Commençons par l’évangile qui est, pour moi, une invitation étonnante à l’espérance. Il y a donc une description extrêmement sombre d’un certain nombre d’événements pas particulièrement réjouissants et juste à la suite, il est dit : « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » Le Fils de l’Homme, c’est l’envoyé de Dieu, c’est Jésus qui s’attribue souvent ce titre dans l’Évangile. Vous vous rendez compte, c’est au moment où ça ira le plus mal que Jésus promet de venir nous visiter. Les difficultés ne repoussent pas le Seigneur, elles ne l’effraient pas, je dirai même que c’est tout le contraire et on en a la preuve dans toute l’histoire du Peuple de Dieu.

 

Regardez, c’est quand le peuple vit l’enfer de l’esclavage en Égypte que Dieu intervient en envoyant Moïse pour le libérer. C’est quand il ne sait plus où il en est et qu’il va bien vite se retrouver en Exil à Babylone que Dieu intervient en envoyant les plus grands prophètes. C’est quand il connaît une crise comparable à ce que vivent aujourd’hui les chrétiens d’Orient que Dieu intervient en envoyant Judas Maccabée et ses frères, ce sont les textes que nous avons lu à la messe en semaine ces derniers temps.

 

Enfin, c’est quand il vit sous le joug de l’occupation romaine que Dieu intervient en envoyant son propre Fils. Les difficultés que vit le peuple qu’il s’est choisi ne repoussent pas Dieu, ces difficultés ne l’effraient pas, au contraire, elles l’attirent. C’est justement dans ces moments les plus compliqués que Dieu interviendra de la manière la plus visible, la plus forte. On comprend donc que Jésus dise : « Quand les catastrophes arriveront, alors on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » Il nous invite à l’espérance en nous renvoyant à la fidélité de Dieu qui, tout au long de l’histoire, n’a jamais pu être prise en défaut. Dieu a toujours été présent aux côtés des hommes quand ils étaient confrontés aux pires épreuves. Eh bien, mes amis, il n’y a pas de raison pour que ça change, Dieu est fidèle.

 

Mais alors, me direz-vous si Dieu est présent à nos côtés pourquoi connaissons-nous tant de difficultés ? Les difficultés que nous connaissons viennent de choix complètement tordus qui sont effectués par des hommes fanatisés. Dieu a voulu que les hommes soient libres et il ne pouvait pas faire autrement, quand on aime quelqu’un on lui fait forcément le cadeau de la liberté. Mais cette liberté, les hommes l’utilisent souvent pour choisir le mal. C’est évidemment vrai pour ces fanatiques, mais c’est aussi vrai, à une moindre mesure certes, pour vous et pour moi. Qui d’entre nous peut dire qu’il utilise toujours sa liberté pour le bien, pour faire grandir la fraternité ? Ces jours, je suis vraiment agacé par tout ce que j’entends, on a l’impression que tout le monde attend que tout revienne comme avant. Mais quand est-ce que nous comprendrons que nous marchons collectivement un chemin qui ne conduit nulle part ? Les magasins sont vides, bien sûr que c’est embêtant pour les commerçants, mais croyez-vous vraiment que c’est la consommation à l’excès qui va sauver le monde ? La conférence qui s’ouvre à Paris nous met tous en alerte, nos goûts de riches, nos goûts de luxe nous mènent à la catastrophe.

 

Avec tous ces événements que nous vivons, c’est comme si une alarme retentissait pour nous dire : vous faites tous fausse route. Seule la fraternité sauvera le monde. Seule la fraternité qui respecte chacun dans son chemin religieux sauvera le monde. Seule la fraternité qui permettra à chacun d’avoir de quoi manger sauvera le monde. Quand est-ce que nous le comprendrons ?

Oui, mais voilà, et c’est le 2° point que je veux retenir qui me servira de conclusion. Cette fraternité, Dieu ne nous la livre pas clé en mains. Dans la 1° lecture, le prophète Jérémie annonçait : « En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice. » J’aime bien cette expression, Dieu envoie un germe de justice, pas une plante toute faite, toute finie. Il en va de même de la fraternité qui est sœur de la justice. Dieu nous l’envoie en germe. A nous de la semer, de la faire pousser et de l’entretenir car c’est l’une des plantes les plus fragiles de toute la création. Avez-vous remarqué que la 1° lecture commençait par ces mots : voici venir des jours, dit le Seigneur où j’accomplirai ma promesse de Bonheur. Oui Dieu n’est jamais autant heureux que lorsque nous devenons des semeurs de fraternité et, nous-mêmes, nous ne sommes jamais autant heureux que lorsque nous devenons ces semeurs de fraternité.

 

Alors, pour être heureux, pour rendre les autres heureux, pour faire le bonheur de Dieu, engageons-nous à rejeter et à dénoncer tous les comportements, toutes les paroles qui vont contre la fraternité. Prenons soin de ce germe que Dieu a remis entre nos mains et ne le laissons pas mourir faute de soins.

 

Soin