Paroisse Bellegarde

Homélie dimanche 18 octobre: Quand serons nous au rendez vous ?

3 points :

 

1/ Vous avez retenu le nom des 2 qui disent à Jésus qu’ils veulent les premières places : Jacques et Jean … C’est  étonnant parce que Jean, c’est celui qu’on appellera le disciple bien aimé, celui qui sera penché sur le cœur de Jésus au cours du dernier repas, le seul qui aura le courage de suivre Jésus jusqu’au bout jusqu’à la croix.

 

Oui, mais il n’a pas toujours été aussi bien, on voit dans ce texte qu’il était ambitieux. Dans un autre texte, on le voit plein de colère qui veut, toujours avec son frère Jacques, faire tomber le feu du ciel sur un village pour les punir parce qu’ils ont refusé de les accueillir.

 

Manifestement la fin de sa vie de disciple aura été meilleure que le début ! C’est une belle illustration d’une phrase du curé d’Ars qui disait : les saints n’ont pas tous bien commencé mais ils ont tous bien fini !

 

Ça doit nous tenir dans l’espérance. J’ai bien dit l’espérance, pas la médiocrité !  En effet, de savoir que les saints n’ont pas tous bien commencé, ne doit pas nous tranquilliser en disant : alors je peux vivre dans le péché et quand j’en aurai bien profité, je changerai ! Comme ça, peut être qu’un jour, on dira aussi de moi : les saints n’ont pas tous bien commencé mais ils ont tous bien fini !

 

Si tu aimes vraiment Jésus, tu ne peux pas choisir de vivre dans la médiocrité. Mais, justement, quand on aime Jésus, quand on l’aime vraiment, on risque d’être désespéré de voir qu’il y a des péchés dont on n’arrive pas à se sortir.

 

C’est là qu’il faut nous rappeler cette phrase : les saints n’ont pas tous bien commencé mais ils ont tous bien fini ! Ça nous aidera à rester dans l’espérance en croyant que Dieu est bien à l’œuvre en nous mais qu’il n’a encore pas terminé son travail.

 

Une pierre, elle ne devient pas toute lisse, toute belle en un seul jour. Il faut qu’elle soit plongée pendant des années dans une rivière pour devenir aussi belle. C’est la même chose pour nous, il faut que nous restions plongés des années et des années dans l’amour miséricordieux du Seigneur pour que les aspérités de notre vie puissent disparaître.

 

Les saints n’ont pas tous bien commencé mais ils ont tous bien fini, cet évangile le montre bien avec St Jean. Cette phrase peut aussi s’appliquer à toi si tu décides qu’aujourd’hui sera le 1° jour de ta nouvelle vie. Bien sûr, tu peux attendre demain ou l’année prochaine !  Mais à chaque fois que tu remets ta conversion à demain, tu perds un jour de bonheur !

 

2/ J’admire quand même le courage de Jacques et Jean. Ce qu’ils ont à dire à Jésus est complètement tordu, ils sont à peu près sûr que Jésus va refuser leur demande. Mais ils vont quand même le voir et ils ont le courage d’ouvrir leur cœur et de se présenter en vérité devant  Jésus.

 

Ce qu’ils demandent, c’est vraiment pas chrétien, mais ce qui est chrétien, c’est d’oser présenter à Jésus tout ce qu’il y a dans notre cœur. Si nous faisions tous cela, si nous faisions toujours comme ça, nous aurions moins de problèmes. Qui d’entre nous oserait prétendre qu’il n’a jamais d’idées tordues qui lui traversent la tête ?

 

Refuser de les prendre en compte, ce n’est pas une bonne stratégie parce qu’elles vont revenir et elles peuvent revenir en étant un peu plus fortes à chaque fois. S’enfermer dans la honte, ce n’est pas non plus une bonne stratégie. On finit par désespérer de nous mêmes. La seule manière d’en être délivré, c’est de les présenter à Jésus.  Il n’y a qu’à lui dire : je n’en suis pas fier, mais voilà ce qui habite mon esprit en ce moment. Bien loin de te condamner, de t’humilier à cause de ces idées tordues, Jésus va t’en libérer.

 

Donc, Jacques et Jean ont bien fait d’aller voir Jésus et de lui parler en vérité. Prenons les comme modèles non pas pour avoir des idées tordues, mais pour oser les présenter à Jésus.

 

3/ Avec cette demande de Jacques et Jean qui veulent devenir les plus grands, les premiers, nous voyons de plus près l’un des plus grands drames de toute l’histoire du Salut. Les hommes cherchent à monter toujours plus haut alors que, dans le même temps, en Jésus,  Dieu descend toujours plus bas.

 

Le drame de l’histoire du Salut, c’est que Dieu, en Jésus,  est descendu sur terre pour chercher ceux qui étaient perdus et il est même descendu très bas pour aller chercher ceux qui sont tombés bien bas. Il n’y a qu’à penser à  ce que Jésus a vécu dans sa passion pour être persuadé qu’il est vraiment descendu très bas. Oui, mais le drame, c’est que dans le même temps, l’homme fuit sa fragilité, sa faiblesse. Il en a honte. Au lieu d’appeler Dieu à son aide, il se cache parce qu’il a honte de ses faiblesses. Et pour ne rien laisser voir aux autres,  il cherche à jouer au grand. Dieu descend, l’homme monte. Quel drame !

 

Quand serons nous au rendez vous ?  Quand est ce que nous accepterons de nous laisser visiter par Dieu au cœur de nos misères au lieu de chercher à devenir toujours plus grands ? Dans cette messe,  Jésus vient à ta rencontre, il va descendre jusque dans ton cœur. Est ce que tu vas oser l’accueillir en reconnaissant ta misère ou est ce que tu vas chercher à te grandir toujours plus en cachant ta misère ? Si tu l’accueilles en reconnaissant ta misère, lui saura te relever dans sa grande miséricorde.

 

Je tiens à vous remercier pour la joie que vous m’avez donnée en participant à cette belle rencontre. Comme j’aimerais que les jeunes de chez nous aient un coeur aussi beau que le vôtre.  Je vous demande de prier pour eux.

 

Chemin