Paroisse Bellegarde

Homélie dimanche 5 juillet: Quelle est notre réponse lorsque Jésus a besoin de nous ?

Quand on est avec les enfants du caté, pour leur faire découvrir un texte de l’évangile et pour leur permettre de bien le comprendre, on leur fait mimer. Pour cela, il faut commencer à faire la liste des acteurs et ensuite répartir les rôles. Allez, imaginez que vous soyez des enfants et que je vous propose de faire cet exercice ! Combien d’acteurs trouvez-vous dans ce texte ? Bien sûr, il y a Jésus, les nombreux auditeurs, les malades qui vont être guéris …. Et il ne faut surtout pas oublier les disciples qui sont mentionnés au début du texte. Ceux qui ont le tempérament un peu contestataire et bagarreur vont choisir de faire partie du groupe des auditeurs puisqu’ils vont s’affronter à Jésus. Ceux qui sont déjà avancés dans la vie spirituelle choisiront d’être dans le groupe des malades qui bénéficieront de la guérison apportée par Jésus … il n’en guérit pas beaucoup, mais pour ceux qui sont guéris, la vie est changée. Ceux qui aiment faire du bien choisiront le rôle de Jésus … et ceux qui veulent rien faire, choisiront d’appartenir au groupe des disciples !

En effet, vous avez remarqué que, dans ce passage, les disciples sont mentionnés comme étant présents, mais ils ne disent rien et ils ne font rien. Ce silence, cette passivité, c’est ce qui a attiré mon attention. Car enfin, Jésus est dans une situation difficile et ils ne lèvent pas le petit doigt. Remettons-nous dans la scène pour comprendre. Jésus vient de passer un certain nombre de jours au bord de la mer de Galilée, dans ce territoire païen qu’on appelle la Décapole puis autour de Capharnaüm, en ces lieux, il a fait de nombreux miracles. Il décide alors de revenir chez lui à Nazareth. Et voilà qu’au lieu de recevoir un accueil triomphal, car sa réputation avait dû le précéder, on se met à le contester, à nier l’évidence. Il ne peut ni bien parler comme il est en train de le faire à la synagogue, ni bien agir comme il l’a fait en accomplissant de nombreux miracles puisqu’il n’est que le fils du charpentier !

Et vous croyez que les apôtres vont faire ou dire quelque chose pour intervenir en sa faveur ? Rien du tout ! Ah quand ils sont dans la barque et qu’ils ont peur que la tempête ne les engloutisse, là ils demandent à Jésus de faire quelque chose pour eux. Mais quand Jésus est en difficulté, ils ne font rien pour lui !

Mes amis, ne croyez-vous pas que nous sommes souvent comme les apôtres ? Quand nous avons besoin de Jésus, nous retrouvons vite le chemin de la prière ! Nous sommes même capables de lui faire de belles promesses : si tu me sors de cette situation compliquée, je te promets que …. ! Certains vont faire brûler de gros cierges pour essayer de l’attendrir un peu plus ou d’attendrir sa mère pour qu’elle intercède en leur faveur !

Mais quand Jésus a besoin de nous, quand il est en difficulté, ne sommes-nous pas souvent comme les apôtres, nous ne bougeons pas le petit doigt ! Oui, souvent Jésus est en difficulté aujourd’hui. Il est moqué par bien des gens, dans les médias par exemple, ou dans des conversations auxquelles nous sommes mêlées. Est-ce que nous osons intervenir ? Certes, il ne s’agit pas d’intervenir à la manière de Don Camillo ou encore pire à la manière de ces soi-disants religieux qui veulent défendre l’honneur de Dieu et de son prophète. Mais entre le silence et la réaction extrêmiste, il y a place pour une réaction juste. A chacun de nous de demander au St Esprit de lui inspirer les paroles, les attitudes qui conviennent quand il est dans cette situation. Mais rappelons-nous que la pire des lâchetés, c’est de détourner son regard pour faire semblant de ne pas avoir vu, de ne pas avoir entendu. Nous qui demandons tant à Jésus quand nous sommes en difficulté, ne pourrions-nous pas faire plus souvent acte de courage en intervenant quand lui, il est en difficulté ? A chacun de voir comment il se sent rejoint par ce questionnement.

Je voudrais terminer en évoquant une question que vous pourriez vous poser à la lecture de ce texte. Il est, en effet, question des frères de Jésus dans ce passage et on les nomme Jacques, José, Jude, Simon. Régulièrement dans des émissions pseudo-scientifiques, on nous ressort tout ça pour nous dire : vous voyez la virginité de Marie, c’est une grande fumisterie puisque Jésus avait des frères. Que répondre ? Car finalement, c’est bien dans le prolongement de ce que je viens de dire : quand la foi est attaquée, nous n’avons pas à nous enfermer dans des silences qui finissent par devenir complices.

On peut dire tout d’abord que dans les pays méditerranéens, on appelle vite l’autre : mon frère. On l’entend dans les rues chez nous et ceux qui s’apostrophent ainsi ne sont pas frères de sang. Et si jamais ils sont cousins, alors, ça les rend encore plus frères ! 1° explication possible. Il y en a une autre. Dans les évangiles, on ne parle plus de Joseph après l’enfance de Jésus. Les évangiles apocryphes en ont conclu que si on n’en parlait plus, c’est qu’on avait une bonne raison de le faire : il était mort. Et s’il était mort, c’est vraisemblablement le signe qu’il était bien plus âgé que Marie. Et alors ils expliquent qu’il était veuf d’un 1° mariage dans lequel il aurait eu des enfants. Ces frères de Jésus ne sont donc que des demi-frères dans la lignée de Joseph et non dans celle de Marie. Pourquoi pas !

Mais comment être sûr que Marie n’a pas eu d’autres enfants ? Je crois qu’on a une preuve assez irréfutable. Sur la croix, juste avant de mourir, Jésus s’inquiète pour Marie qui va rester seule, alors il la confie à l’apôtre Jean : « fils voici ta mère, mère voici ton fils. » Vous croyez qu’il aurait eu besoin de la confier à un étranger si elle avait eu d’autres enfants ? Evidemment non !

Voilà quelques arguments pour vous aider à oser monter au créneau pour défendre la foi si elle est attaquée. Et si vous voyez que vous avez encore beaucoup de lacunes qui vous empêchent de le faire sereinement, pourquoi ne pas prendre la résolution de profiter du temps de l’été pour lire un livre qui vous aide à approfondir votre foi ? Pourquoi ne pas prendre la résolution de vous inscrire à un parcours alpha à la rentrée ou dans un groupe de catéchèse d’adultes ? 

 

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