Solennité du Christ : Roi de l’Univers

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 Pour certains, ce titre de « roi » signifie pouvoir et puissance absolue. Celui que s’attribue le Christ, est à comprendre dans son acception biblique. Dieu est le Roi du peuple qu’il s’est choisi. Il faudra des siècles pour que le peuple choisi comprenne à la fois la nature de cette royauté et le sens de ses exigences.

 

C’est en Jésus que s’achèvera la révélation. Il manifestera la signification suprême de la royauté selon Dieu en étant sur la croix. Condamné pour des prétentions à une royauté humaine, mais vainqueur du royaume éternel.

 

Il inaugure le règne de Dieu dans sa victoire sur la mort. « Souviens-toi de moi quand tu reviendras comme roi », lui dira le bon larron. (Luc 23. 42) Il nous faudrait relire ici, une à une, les paroles du Christ quand il en parle au cours des prédications de sa vie publique. Il refuse cette royauté humaine aux jours de la tentation comme au jour de la multiplication des pains. « Sachant qu’on allait l’enlever pour le faire roi. » (Jean 6. 5)

 

Il en définit la nature et la mission : »Cherchez le Royaume et sa Justice. » (Matthieu 6. 33) et ceux qui peuvent envisager d’en faire partie : »Le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux. » (Matthieu 19. 14) « Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux. » (Matthieu 5. 3) Et c’est bien par lui que nous pouvons espérer y parvenir : »Je dispose pour vous du Royaume. » (Luc 22. 29)

 

A l’opposé de celle de tous les rois de terre, la suprématie de Dieu, par le Christ Jésus, est celle du don de son amour. Tous les hommes y sont associés, par Lui, avec Lui et en Lui. « Quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et, ainsi, Dieu sera tout en tous. » (1 Cor. 15. 28)

 

Ceux qui acceptent de mourir au péché et de vivre avec le Christ font dès maintenant partie de ce Royaume qui est « déjà parmi nous. » Il se construit tout au long de l’histoire des hommes, tout au long de la vie de chaque homme, de chacun d’entre nous.

 

Si nous nous engageons ainsi, consciemment et dans la confiance, à apprendre comme le Christ à dire « oui » à Dieu et à la vie, à partager avec nos frères, nous accomplissons la charte du Royaume (Matthieu 5. 3 et ss)

 

Car « le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles mais en action. » (1ère lettre aux Corinthiens 4. 20) Il se construit dans le cœur de ceux qui servent le Christ dans le service de leurs frères, même s’ils ne le connaissent pas.

 

Une nouvelle fois, s’achève le parcours du mystère chrétien que l’Eglise nous a invité à suivre au long de l’année liturgique. Avec l’ouverture d’une nouvelle année liturgique, au premier dimanche de l’Avent, elle nous propose, comme un renouvellement toujours possible, malgré les déserrances que nous avons pu connaître.

 

La grâce de Dieu nous est toujours disponible dans le mystère du Fils qui a partagé notre humanité, dans sa faiblesse, sa croix et la joie de sa Résurrection. Dieu est miséricorde et paix pour les pauvres que nous sommes et qu’il accueille ainsi.