Pastorale de la Famille

Le synode pour la famille 2014

Depuis 10 jours, cardinaux, évêques, prêtres1 et laïcs sont réunis à Rome pour le Synode sur la famille convoqué par le Pape François. Après une semaine de travail a été publié un rapport qui rassemble les principales réflexions des pères synodaux faites au cours des congrégations générales ces jours-ci et sert de matériau aux documents finaux du Synode. Continuons à prier pour que l’Esprit-Saint éclaire chacun des participants à ce synode !

Synode

Ce rapport donne, principalement, trois idées directrices: écouter le contexte socio-culturel dans lequel vivent les familles aujourd’hui ; se confronter aux perspectives pastorales à envisager et surtout regarder le Christ, son Evangile de la famille.

 La famille, réalité décisive et précieuse, lieu intime de joie et d’épreuves, d’affections profondes et de relations parfois blessées, école d’humanité, doit surtout être écoutée dans sa complexité. L’individualisme exacerbé, la grande épreuve de la solitude, l’affectivité narcissique liée à la fragilité des sentiments, le cauchemar de la précarité du travail, ainsi que la guerre, le terrorisme, les migrations, détériorent, en effet, toujours plus les situations familiales. C’est donc que l’Eglise doit donner espérance et sens à la vie de l’homme contemporain, en lui faisant connaître davantage la doctrine de la foi, mais en la proposant avec la miséricorde.

Ensuite, le regard vers le Christ, qui réaffirme l’union indissoluble entre l’homme et la femme, mais qui permet aussi de lire en termes de continuité et nouveauté l’alliance nuptiale. Le principe doit être celui de la gradualité pour les conjoints dont le mariage est un échec, dans une perspective inclusive pour les formes imparfaites de la réalité nuptiale. Ainsi, une nouvelle dimension de la pastorale familiale est nécessaire, qui sache nourrir ces semences qui germent, comme ces mariages civils caractérisés par la stabilité, l’affection profonde, la responsabilité à l’égard des enfants et qui peuvent conduire au lien sacramentel. Aussi, parce que souvent les cohabitations ou unions de fait ne sont pas dictées par un rejet des valeurs chrétiennes, mais par des exigences pratiques, comme l’attente d’un travail fixe. Véritable maison paternelle, lumière au milieu des gens, l’Eglise doit alors accompagner avec patience et délicatesse, avec attention et sollicitude ses enfants les plus fragiles, ceux marqués par l’amour blessé et perdu, en leur donnant confiance et espérance.

Jubilé+ars+mai+09+102

En troisième lieu, le Rapport traite des problèmes pastoraux les plus urgentes à confier à la concrétisation des Eglises locales, toujours en communion avec le Pape.
A la première place, il y a l’annonce de l’Evangile de la famille, qui doit être mise en œuvre non pour condamner, mais pour guérir la fragilité humaine. Une telle annonce concerne aussi les fidèles : évangéliser est une responsabilité partagée par le peuple de Dieu tout entier, chacun selon son propre ministère et charisme. Sans le témoignage joyeux des époux et des familles, l’annonce risque de ne pas être comprise. Il ne s’agit pas seulement de présenter des règles mais de proposer des valeurs, en répondant ainsi à un besoin que l’on constate aujourd’hui dans les pays les plus sécularisés.
Ensuite, une préparation adéquate au mariage chrétien est essentielle, parce que celui-ci n’est pas seulement une tradition culturelle ou une exigence sociale mais bien une décision vocationnelle.
De la même façon, l’Eglise doit encourager et soutenir les laïcs qui s’engagent dans les domaines culturel et socio-politique, pour que l’on n’oublie pas de dénoncer ces facteurs qui empêchent une vie familiale authentique, entraînant la discrimination, la pauvreté, l’exclusion et la violence.
En ce qui concerne donc les séparés, divorcés et divorcés remariés, il n’est pas sage de penser à des solutions uniques ou inspirées de la logique du tout ou rien; le dialogue doit donc continuer dans les Eglises locales, avec respect et amour pour chaque famille blessée, en pensant à qui a injustement subi l’abandon du conjoint, en évitant des attitudes discriminatoires et en protégeant les enfants.
Quant aux homosexuels, il est souligné qu’ils ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne, que l’Eglise soit donc pour eux, une maison accueillante, bien que ces unions ne puissent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme.
Enfin, le document reprend les thèmes de l’encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI et se concentre sur la question de l’ouverture à la vie, en la définissant comme une exigence intrinsèque de l’amour conjugal. D’où la nécessité d’un langage réaliste qui sache expliquer la beauté et la vérité de s’ouvrir au don d’un enfant.

Famille

 

Pendant la première semaine, le dialogue synodal s’est déroulé en toute liberté et dans un mode d’écoute réciproque. Les réflexions proposées dans ce rapport ne sont pas des décisions déjà prises : la discussion continue au cours de la seconde semaine du Synode, avec des discussions en petits groupes ; à partir de là s’ouvriront des pistes de réflexions qui seront abordées au cours d’une autre assemblée du Synode, toujours sur le thème de la famille, prévue du 4 au 25 octobre 2015.

Source : CEF

Synode Pape François

1 Le P. Gérard Berliet, prêtre du diocèse de Dijon, est l’un des experts qui intervient au Synode. Président de l’association Miséricorde et Vérité, qui accompagne les personnes divorcées et divorcées-remariées, il est intervenu dans notre diocèse, notamment dans une session de formation des prêtres il y a quelques années.

Après une dizaine de jours de Synode, les discussions ne se passent pas sans confrontations. Mais le père Gérard Berliet, expert sur la question des personnes divorcées-remariées, souligne que le dialogue fait son chemin : une situation déjà vécue pendant le Concile Vatican II où « le dialogue commun et la maturation des formulations » ont mené à « un texte où l’Eglise se reconnaît bien ». Responsable de la pastorale des fidèles divorcés-remariés à Dijon, il estime que son expérience de terrain est précieuse pour les pères synodaux. Il met aussi en avant son expérience des « personnes qui apprennent à communier spirituellement ». C’est un chemin qui, même s’il ne va pas jusqu’à la plénitude de la communion au Corps et au Sang du Christ, « porte de nombreux fruits ».

Source : KTO