Paroisse Saint-Martin - Combe du Val

Allège ton fardeau !

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos », nous dit Jésus.

Que c’est lourd à porter notre vie quand on veut être autonome… Allège ton fardeau : vit du Père par l’Esprit filiale de Jésus !

Jésus rend gloire à son père d’avoir révélé aux « petits » ce qu’il a caché aux savants et aux sages. Puis il invite chacun à prendre son joug sur ses épaules, symbole de l’alliance avec son Père et à devenir son disciple car, dit-il, « Je suis doux et humble de coeur. »

Les petits, les humbles, ont une place toute spéciale dans l’Évangile. Le Père a pour eux un amour préférentiel. Marie déjà le vit et l’exprime : « Mon âme exalte le Seigneur… car il s’est penché sur l’humilité de sa servante. » Le mot grec utilisé ici (tapeinôsin) est le même que celui que Jésus utilise dans l’Évangile d’aujourd’hui lorsqu’il dit qu’il est doux et « humble » (tapeinos) de coeur. Et c’est encore le même mot que Marie utilise plus loin dans son Magnificat, lorsqu’elle dit que le Seigneur a renversé les puissants de leurs trônes et exalté les humbles (tapeinous). C’est donc l’humilité de l’alliance qui allège le fardeau.

Lorsque Jésus rend gloire à son Père pour avoir révélé aux petits les choses cachées aux sages, les petits dont il parle sont ses disciples. Jésus n’a pas appelé de naïfs enfants. Ils étaient des homme adultes qui connaissaient les façons de faire du monde : Matthieu, le collecteur d’impôts, savait faire de l’argent; Jude, le Zélote, connaissait l’art de la guérilla; Pierre, Jacques et Jean étaient des pêcheurs qui savaient guider leur barque sur la mer houleuse et jeter le filet. Mais ils avaient tout abandonné pour suivre humblement Jésus.

Lorsque celui-ci nous invite avec eux à la simplicité du coeur, il ne nous invite pas à une attitude infantilisante. Il nous invite à une forme très exigeante de pauvreté du coeur. Il nous invite à le suivre comme disciples et donc à abandonner toutes nos sécurités. Et spécialement notre soif de maitrise de soi par l’avoir, le savoir et le pouvoir, de la même façon que ses disciples avaient tout abandonné pour le suivre.

La première lecture, du livre de Zacharie, décrit le Messie venant non pas comme un roi puissant sur son cheval, mais comme un simple et doux sauveur assis sur un âne. Paul, le sage et puissant pharisien, qui fut renversé sur le chemin de Damas, apprit la voie de l’humilité et de la petitesse, et il la décrivit comme la vie selon l’Esprit, distincte de la vie selon la chair. Ce sera aussi la vie et le message de St Irénée de Lyon, disciple de St Jean.

La grande caractéristique de l’enfant est son impuissance. L’enfant peut être, à sa façon, aussi intelligent ou aimant qu’un adulte. Mais parce qu’il n’a pas encore accumulé de connaissances, de possessions matérielles et de relations sociales, il est dépourvu de pouvoir. Dès que nous devenons adultes, nous voulons exercer pouvoir et contrôle : sur nos propres vies, sur les autres personnes, sur les choses matérielles, et parfois même sur Dieu. C’est à cela que Jésus nous demande de renoncer lorsqu’il nous demande d’être comme de petits enfants.

Un exercice utile de connaissance de soi pourrait être d’examiner les diverses formes sous lesquelles s’exprime, dans les divers aspects de notre vie, notre soif d’autonomie et de contrôle, et comment nous défendons ce pouvoir. Contemplons alors notre Seigneur qui est venu librement non pas comme un roi puissant sur son trône, mais sur un âne comme un Fils obéissant au Père et sans pouvoir autonome.

Regardons aussi la petitesse de sa mère, et avec elle, chantons avec une joie et un espoir renouvelés : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » Et puissions-nous, un jour, chanter tous ensemble durant les siècles des siècles: « Le Seigneur a soutenu tous les humbles qui tombent, il a redressé tous les accablés ! »

14ème dimanche, année A :

Zacharie 9, 9-10
Psaume 144
Romains 8, 9.11-13
Matthieu 11, 25-30