Paroisse Saint-Martin - Combe du Val

« Nous ne savons pas où tu vas.»

Ce soir là, Thomas a posé à Jésus la grande question, l’unique interrogation qui travaille toute l’humanité :

« Nous ne savons pas où tu vas.»
Quel est le but de la vie ? Le bonheur a-t-il un avenir ?

Aucun homme ne peut vivre sans se donner des projets.
Beaucoup se contentent d’objectifs à court terme : gagner de l’argent, élever une famille, progresser dans une profession ou une carrière…

Mais un jour ou l’autre, l’homme est acculé à se poser la question plus radicale, à long terme : « Où allons-nous ? Vers quelle fin ultime nous dirigeons-nous ? »
Gagner de l’argent, mettre au monde des enfants, améliorer la société et même aimer, que signifient tout cela, si c’est pour finir dans la pourriture d’une tombe ou le feu d’un crématoire ?
Les entreprises limitées peuvent donner à nos journées un premier sens immédiat. Mais à tout homme qui réfléchit, elles laissent un arrière-goût d’éphémère. Elles sont incapables de combler totalement notre soif de bonheur infini.

Jésus, lui, sait vraiment où il va.
Si vous preniez le temps de colorier légèrement le mot Père sur cette page d’évangile, vous verriez apparaître, dans ces quelques versets, dix flammes d’amour. Jésus ne cesse de parler du Père.
Oui, nous aussi, par Jésus, dans le baptême, nous sommes nés dans le coeur de ce Dieu-Père. Et à sa suite, nous retournons, nous aussi, vers le Père. C’est Lui le terme du voyage, c’est Lui le but final de notre vie. Il nous a préparé une place d’éternité dans son coeur. Au terme de notre route humaine, ce n’est pas le néant absurde, comme le pensent les athées, c’est Quelqu’un qui m’attend, qui me désire d’amour et qui m’ouvre les bras pour m’introduire dans sa maison paternelle. Notre vie a un sens. « Ne soyez pas bouleversés. Je pars vous préparer une place. Je reviendrai vous prendre avec moi. Et là où je suis vous y serez vous aussi. »

Jésus n’est pas le petit sentier qui finit par se perdre dans la forêt, mais la route sûre, la voie royale, qui mène à la maison aux multiples demeures de son Père et de notre Père.

Et ce n’est pas seulement pour demain. « Le Père, vous le connaissez dès maintenant », dit Jésus à Philippe. Qui m’a vu a vu le Père. La foi est l’anticipation du futur. Tous les hommes rencontreront un jour ce Dieu Père qu’ils ignorent si souvent ici-bas. Et ce sera l’immense regret de ne pas l’avoir connu plus tôt.

Bonne Nouvelle : si nous croyons, si nous le voulons, nous connaissons déjà cet amour fantastique qui peut totalement combler un coeur, dès maintenant. Et alors, dans la mesure de cette communion d’amour avec le Père par Jésus, il nous sera donné d’être, nous aussi, l’épiphanie du Père, en révélant sa tendresse.