Paroisse Saint-Martin - Combe du Val

Enraciné dans le passé pour mieux vivre l’avenir !

Enraciné dans le passé pour mieux vivre l’avenir : c’est le thème des animations de notre repas paroissial. C’est aussi l’expérience de Pierre, Jacques et Jean : Jésus «fut transfiguré devant eux» en présence de Moïse et d’Elie

Homélie du 2ème dimanche de carême A
Genèse 12, 1-4a / Psaume 32/ 2 Timothée 1, 8b-10/Matthieu 17, 1-9

Enraciné dans le passé pour mieux vivre l’avenir : c’est le thème des animations de notre repas paroissial. C’est aussi l’expérience de Pierre, Jacques et Jean : Jésus «fut transfiguré devant eux» en présence de Moïse et d’Elie ; la Thora et les Prophètes ! C’est pour réconforter à l’avance ses trois disciples, les trois mêmes qui assisteront à sa grande défiguration au jardin de Gethsémani, que Jésus a ouvert leurs yeux un moment, sur sa divinité, cachée sous son humanité. Déjà, ils expérimentaient avant l’heure la résurrection. Ainsi, le Mont Thabor est comme une fenêtre ouverte sur notre avenir : il nous garantit que notre corps mortel se transformera et, en Jésus, sera « revêtu de magnificence et drapé d’un manteau de lumière ! » (Psaume 103, 1).

Aux côtés du Transfiguré, se tiennent Moïse et Elie. La présence de ces deux grandes figures bibliques autour de Jésus est comme un avant-goût du ciel. Tellement que Pierre aurait voulu retenir le temps. Il aurait aimé élever trois tentes, semblables à ces cabanes de la fête de souccot, la fête juive des tabernacles.

Mais ce n’est plus nécessaire ! La vraie tente plantée parmi nous, la demeure parfaite de Dieu avec nous, c’est Dieu fait homme en Jésus. Et puis, « la nuée lumineuse qui les couvre de son ombre », celle qui guidait les Hébreux au désert, n’est autre que le signe de l’Esprit Saint, qui couvre, enveloppe et protège. La voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Oui, il s’agit bien d’accueillir Dieu, mais aucune tente n’est à dresser, aucune hutte n’est à bâtir. Le Fils est lui-même la Tente de la rencontre. Il est notre demeure sur le chemin à travers le désert, comme il est notre nourriture et notre boisson, donnée dans les sacrements, comme il est la Parole qui nous guide et nous libère, par la méditation des Ecritures et leur mise en pratique dans nos vies. La transfiguration révèle le Dieu Un, à la fois Père, Fils, Esprit Saint.

Mais, pratiquement, comment vivre aujourd’hui en « transfigurés » ?

– En laissant le Seigneur agir en nous par la prière. Le début du texte nous rappelle que Jésus aimait à partir seul à l’écart sur la montagne pour prier avec trois compagnons. De même Abraham, Moïse et Elie ont été des hommes de Dieu, des hommes de prière.
– Ensuite, en lui permettant de nous éclairer, comme la lune qui, la nuit, réfléchit la clarté du soleil. Laissons le Seigneur nous débarrasser de ce qui nous alourdit, de ce qui encombre notre coeur et notre esprit, de ce qui trouble notre foi et notre espérance, de ce qui décourage notre générosité. Nous avons Moïse. Nous avons Elie, nous avons le témoignage des Apôtres, nous avons la présence du Ressuscité dans l’eucharistie… Que le Seigneur nous donne de les écouter et de vivre les yeux fixés sur le Christ : « Nous tous… réfléchissons, comme en un miroir, la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, allant de gloire en gloire » (2 Corinthiens 3,18).
– Dans le quotidien de nos existences, il nous arrive aussi de faire l’expérience de la transfiguration. Bien des chrétiens peuvent témoigner d’être parfois très touchés en voyant le visage d’hommes et de femmes éprouvés, s’éclairer, devenir lumineux au sortir d’une prière ou d’une bonne confession.

Ces expériences de résurrection, simples et discrètes, n’en sont pas moins autant de révélations de la présence de « Dieu-avec-nous. »