Paroisse Ars

Notre Dame de la Périphérie

Le vocable n’est certes pas officialisé par l’Eglise. Pourquoi l’inventer ? Les 2 fêtes, celle de Notre Dame de Lourdes le 11 février et celle de Sainte Bernadette SOUBIROUS le 18 février en sont l’origine.

Bernadette appartient à ce monde des petits, des humbles, des laissés pour compte dans la société lourdaise. Qui a visité le « cachot » où s’entassait toute la famille SOUBIROUS, qui connaît quelque peu les tracasseries matérielles, le clivage évident entre la société aisée de l’époque et celle des pauvres réduits à des emplois de misère, n’a aucune difficulté à comprendre ce qu’est la « périphérie » dont nous parle si souvent le Pape François.

Or, c’est bien à ces hommes et femmes, à ces enfants de la périphérie que s’adresse habituellement la Vierge Marie lors des apparitions. Qu’il s’agisse de Lourdes, de la Salette, de Fatima, de Guadalupe et d’autres lieux, les petits et les pauvres sont les privilégiés de la rencontre avec la Sainte Mère de Dieu et les chargés de mission pour l’évangélisation. Ce sont eux qui sont choisis pour découvrir et rappeler les « Secrets du Royaume ». En ce sens, Marie, l’humble servante du grand projet de Dieu, peut être appelée Notre Dame de la Périphérie. Qu’elle nous obtienne la grâce de nous dépouiller du « prestige du langage » et de notre volonté de convaincre « comme le dit Saint Paul aux chrétiens de Corinthe ». Bernadette avait bien compris cela lorsqu’elle transmettait au curé de Lourdes la demande de la Vierge Marie de construire une chapelle. Aux réticences de l’Abbé Peyramale elle répondait simplement et paisiblement : « Monsieur le Curé, j’ai fait la commission. Je ne suis pas chargée de vous convaincre ».

Père René LAVAUR.