Paroisse Ars

ETRE CATECHISTE

Avec ce dimanche nous entrons dans une nouvelle année liturgique (Année A). Et pour le sanctuaire d’ARS nous entrons dans l’année de l’ESPERANCE en essayant de découvrir le Saint Curé d’Ars comme « Témoin vivant de l’ESPERANCE ». L’enseignement donné aux Vêpres de ce Premier Dimanche de l’AVENT nous engagera dans ce temps liturgique qui est par excellence un Temps d’Espérance.
Toutefois, j’ai pensé utile de livrer encore aux lecteurs de cette feuille quelques extraits du message du Pape François aux Catéchistes.

Père René LAVAUR.

Voici donc le deuxième volet de l’enseignement du Pape.

« Le deuxième élément est ceci : repartir du Christ signifie l’imiter dans le fait de sortir de soi et d’aller à la rencontre de l’autre ». C’est une expérience elle et un peu paradoxale. Pourquoi ? Parce que celui qui met le Christ au centre de sa vie se décentre ! Plus tu t’unis à Jésus et lui devient le centre de ta vie, plus lui te fait sortir de toi-même, te décentre et t’ouvre aux autres. C’est le vrai dynamisme de l’amour, c’est le mouvement de Dieu même ! Dieu est le centre, mais il est toujours don de soi, relation, vie qui se communique.

Le coeur du catéchiste vit toujours ce mouvement de « systole – diastole » : union avec Jésus – rencontre avec l’autre. Ce sont les deux choses : je m’unis à Jésus et je sors à la rencontre des autres. S’il manque un de ces mouvements, le coeur ne bat plus, ne peut plus vivre. Le coeur du catéchiste reçoit en don le kérygme et, à son tour, il l’offre en don. Ce petit mot : don. Le catéchiste est conscient qu’il a reçu un don, le don de la foi, et il le donne en don aux autres. C’est beau ! Et il n’en prend pas pour soi un pourcentage ! Tout ce qu’il reçoit, il le donne ! Il ne s’agit pas d’un marché ! Ce n’est pas un marché ! C’est un pur don : don reçu et don transmis. Et le catéchiste est là, à ce croisement de dons. C’est ainsi dans la nature même du kérygme : c’est un don qui génère la mission, qui pousse toujours au-delà de soi-même. Saint Paul disait : « L’amour du Christ nous pousse », mais on peut aussi traduire ce « nous pousse » par « nous possède ». C’est ainsi : l’amour t’attire et t’envoie, te prend et te donne aux autres. Dans cette tension, le coeur du chrétien, en particulier le coeur du catéchiste, se met en mouvement. Demandons-nous tous : est-ce ainsi que bat mon coeur de catéchiste ; union avec Jésus et rencontre avec l’autre ? Avec ce mouvement de « systole ? diastole » ? S’alimente-t-il dans la relation avec lui, mais est-ce pour le porter aux autres et non pour le retenir ? Je vous dis une chose : je ne comprends pas comment un catéchiste peut rester ferme, sans ce mouvement. Je ne comprends pas !

Et le troisième élément ? trois se situe toujours dans cette ligne : repartir du Christ signifie ne pas avoir peur d’aller avec lui dans les périphéries. Ici me vient à l’esprit l’histoire de Jonas, une figure vraiment intéressante, particulièrement à notre époque de changements et d’incertitude. Jonas est un homme pieux, avec une vie tranquille et ordonnée ; cela l’amène à avoir ses schémas bien clairs, et à juger tout et tous en fonction de ces schémas, de manière rigide. Tout est clair pour lui, la vérité est celle-là. Il est rigide ! C’est pourquoi, quand le Seigneur l’appelle et lui dit d’aller prêcher à Ninive, la grande ville païenne, Jonas n’y avait pas le coeur. Aller là ! Mais j’ai toute la vérité ici ! Il n’a pas le coeur… Ninive est au-delà de ses schémas, elle est à la périphérie de son monde Et alors il s’échappe, il s’en va en Espagne,, il s’enfuit, et il s’embarque sur un navire qui va par là. Allez relire le livre de Jonas ! Il est bref, mais c’est une parabole très instructive, spécialement pour nous qui sommes dans l’Eglise.

Qu’est-ce qu’il nous enseigne ? Il nous enseigne à ne pas avoir peur de sortir de nos schémas pour suivre Dieu, car Dieu va toujours au-delà. Mais savez-vous une chose ? Dieu n’a pas peur ! Savez-vous cela, vous ? Il n’a pas peur ! Il est toujours au-delà de nos schémas ! Dieu n’a pas peur des périphéries. Mais si vous allez aux périphéries, vous l’y trouverez. Dieu est toujours fidèle, il est créatif.

Pour rester avec Dieu, il faut savoir sortir, ne pas avoir peur de sortir. Si un catéchiste se laisse prendre par la peur, c’est un lâche ; si un catéchiste reste tranquille, il finit par être une statue de musée ; et nous en avons beaucoup ! Nous en avons beaucoup ! S’il vous plaît, pas de statue de musée ! Si un catéchiste est rigide, il devient rabougri et stérile. Je vous le demande : quelqu’un parmi vous voudra-t-il être un lâche, une statue de musée, ou stérile ? Quelqu’un a-t-il ce désir ? ?Les catéchistes « NON ! ») Non ? Vraiment ? C’est bien !

Ce que je vais dire maintenant, je l’ai dit bien des fois, mais cela me vient du coeur de le dire. Quand nous, chrétiens, nous sommes fermés sur notre groupe, sur notre mouvement, sur notre paroisse, sur notre milieu, nous restons fermés et il arrive ce qu’il arrive à tout ce qui est fermé ; quand une pièce est fermée, elle commence à sentir l’humidité. Et si une personne est dans cette pièce, elle tombe malade ! Quand un chrétien est fermé sur son groupe, sur sa paroisse, sur son mouvement, il est fermé, il tombe malade.

Mais attention ! Jésus ne dit pas : « Allez, débrouillez-vous». Non, il ne dit pas cela ! Jésus dit : « Allez, je suis avec vous ! » C’est cela notre beauté et notre force : si nous allons, si nous sortons porter son Evangile avec amour, avec un vrai esprit apostolique, avec vérité (lui marche avec nous, nous précède.

Chers catéchistes, les trois points sont finis. Toujours repartir du Christ ! Je vous remercie pour ce que vous faites, mais surtout parce que vous êtes dans l’Eglise, dans le peuple de Dieu en marche parce que vous marchez avec le peuple de Dieu. Restons avec le Christ, demeurer dans le Christ, cherchons à être toujours davantage une seule chose avec lui ; suivons-le, imitons-le dans son mouvement d’amour, dans son mouvement la rencontre de l’homme ; et sortons, ouvrons les portes, ayons l’audace de tracer des voies nouvelles pour l’annonce de l’Evangile.

Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous accompagne.
Merci !Marie est notre Mère, Marie nous conduit toujours à Jésus ! Prions la Vierge Marie les uns pour les autres.
MERCI BEAUCOUP !