Paroisse Hauteville

Histoire de la paroisse d’Hauteville-en-Lompnès…

Ne soyez pas choqués, chers Hautevillois, par cette appellation qui peut vous paraître pour le moins étrange mais il s’agit bien de la paroisse d’Hauteville telle qu’elle était nommée lors des visites épiscopales du 17ème siècle.

Aux premiers temps de la religion chrétienne dans nos contrées :

Depuis quand cette église existe-t-elle ? Il est bien difficile d’annoncer une date sans risque de se tromper.

Nous pouvons raisonnablement penser que lors de l’arrivée des Polycarpe, Irénée et Pothin dans la riche colonie romaine de Lyon vers 170 après Jésus Christ, un rayonnement chrétien à dû se développer dans les régions avoisinantes en suivant les axes naturels de circulation, la vallée de l’Albarine par Amberieu-Saint Rambert sur la  » Via Agrippa « , la cluse des Hôpitaux pour atteindre Genève. Nous savons aussi qu’un réseau de voies romaines parcourait le Valromey. Ces voies naturelles ont servi l’évangélisation de nos pays, la chrétienté était plus vivante dans les villes que dans les campagnes, les paysans restant très attachées aux rites païens.

Certes la religion progressaient par ces axes mais les barbares eurent tôt fait de se servir des mêmes routes pour détruire qu’ils soient Burgondes (déjà chrétiens mais ariens c’est-à-dire niant la divinité du fils de Dieu), Germains, et plus tardivement Sarrasins.

Sur notre plateau, isolé de ces grandes voies, il est fort probable que la présence chrétienne n’advint qu’au 9ème 10ème siècle au plus tôt. Les églises de nos campagnes ne furent construites que lorsque les fidèles étaient devenus assez nombreux dans un petit secteur. Les premiers chrétiens du plateau devaient se réunir chez l’habitant, ce ne fut qu’assez tard que l’on décida de construire des lieux plus conformes à la solennité du culte.

En l’an 262, le pape Sixte II ordonna de tourner les églises vers l’orient, c’est pourquoi le choeur de nos églises est axé vers l’est. La consécration des lieux n’advint que vers l’an 314, au concile d’Arles où 16 diocèses étaient déjà représentés.

Le territoire de notre paroisse dépendait de l’évêché de Genève alors que des communes proches telles que Lacoux et Longecombe était sous l’autorité de l’Archevêché de Lyon et Thézillieu, Prémillieu de l’évêché de Belley. Le col de la Berche entre Hauteville et Corlier était le point de réunion de 3 diocèses, LYON, BELLEY, GENEVE. Ces deux derniers furent fondés au début du Vème siècle.

 

La population de notre plateau fut-elle évangélisée par des missionnaires des 3 diocèses pourquoi pas ?

Il faudra attendre le 9ème siècle pour que soit établi l’abbaye de Saint Rambert, probablement construit sur une fondation encore antérieure vers le Vème siècle par un moine du nom de Domitien. On sait seulement que cette abbaye possédait dès l’an 807, 56 religieux. L’abbaye de NANTUA existait aussi dès le 8ème siècle.

Il faudra attendre le XIème et XIIème siècle, pour voir construire dans nos régions les abbayes prestigieux que furent les chartreuses de PORTES 1115, MEYRIAT 1116, ARVIERES 1135. L’abbaye de SAINT SULPICE relevant de l’ordre de Cîteaux fut fondée en 1130.

Voici ce que représentait l’environnement religieux de notre pays au début du premier millénaire.

 

 

 

Le premier texte relatant l’existence de la paroisse d’Hauteville n’apparaît qu’en 1137 dans une charte de Meyriat. En 1182, Vitalis, prêtre et Constantin son frère se désistèrent, en faveur des religieux de Saint Sulpice de tout ce qu’ils pouvaient avoir de droit sur les dîmes et l’église d’Hauteville, à condition de payer annuellement au monastère un setier de froment et un autre d’avoine.

Le sceau d’un chapelain d’Hauteville se voit encore appendu à une charte de l’an 1241. Il représente dans le champ, une fleur à quatre pétales ; autour on lit : S. CAPEL DE ALTA VILLA.

Les curés de la paroisse étaient mentionnés dès 1411 sur les actes « curés de Lompnes » .Il n’existait pas de paroisse à Lompnes, mais le bourg était peut être plus important qu’Hauteville. En plus de Vitalis en 1182, cité ci-dessus, nous notons Laurent Mestral en 1411, en 1433 : Humbert GROS, 1481 : Guichard Joux, 1492 : Amédée Bouvard docteur es droit, 1516 : Claude de Confignon, 15. : Claude Chaudon. A partir de cette date, les curés sont mentionnés « curés d’Hauteville en Lompnes » Il s’agit de 1581 Pierre Teste, 1591 : Jacques Dumollard privé de son bénéfice pour négligence, 1591 Louis Galey, 1597 : Claude Cerdon, 1642 : Antoine Poncet, 1652 : Claude Quirieu. Le 3 février 1662, ce curé se fit installer « chapelain de Mazières » par son vicaire Meygret. En 1674 : Claude Bertin, 1708 : Anthelme Chevrier, 1749 : Jean Pierre Carrier, 1789-1791 Joseph Mermet.Le 10 mars 1793, le citoyen Pierre Antoine Leyssard est installé « curé constitutionnel ».

Dénomination : « curé d’Hauteville » – 1803 : François Grillot de Voiteur (jura) ancien curé de Courmangoux, décédé à hauteville à l’âge de 93 ans. 1858 : Joseph Marie Egraz, 1862 : Charles Lacroix, 1865 : Claude Marie Bouvier de Brénaz, 1866 : Joseph Carron, 1880 : Vial, 1881 : Erasme Pinard, 1897 : Auguste Rougemont, 1907 : Bereziat, 1911 : Antoine Mallaval, 1952 : Georges Renand, 1969 : Henri Orset, 1975 : Anthelme de la Corbière, 1984 : Henri Genevrey, 1995 : René Hugonnet, Pierre Blanc, 2011: Luc Ledroit., 2013: Didier Gaud.

Nous savons aussi que dès le XIème siècle débuta un mouvement d’émancipation des communes qui permit de constituer, à côté du pouvoir du seigneur, une administration communale distincte. Partout, on vit se constituer des paroisses, elles se gouvernaient elles-mêmes, traitaient leurs affaires par l’intermédiaire de syndics.

Les revenus de l’église consistaient en des rentes annuelles ou perpétuelles qui étaient données par certains paroissiens par testament la plupart du temps à condition de célébrer des messes pour le repos de leur âme. Des fondations existaient, elles consistaient à faire don à l’église des fruits de certaines terres décrites très précisément dans les actes paroissiaux. Il existait aussi les honoraires dus pour les offices -messes, baptêmes, mariages, funérailles-. Des revenus plus modestes étaient représentés par la vente de luminaires et location des chaises installées dans l’édifice. Plus tard, chaque paroisse se dotera d’un conseil de fabrique, véritable institution pour gérer les affaires de la communauté paroissiale.

Malheureusement, selon un curé d’Hauteville l’abbé Chevrier, pasteur vers 1705, ces actes « sont perdus par les guerres qui on réduit le pays de Bugey lors de la domination française ».