Paroisse Ars

DEMEURER

Un verbe très cher à l’évangéliste Saint Jean. On le retrouve au moins 35 fois dans l’ensemble de son évangile et 12 fois dans le chapitre 15 qui appartient au discours après la Cène.

Les synonymes sont nombreux : s’arrêter, tarder, séjourner, habiter, loger, résider, établir son domicile, faire sa demeure. Le contraire de passer rapidement, d’effleurer, de papillonner, être instable, s’agiter.

Apprendre à demeurer est une condition de découverte, d’approfondissement ; de structuration d’un être. Quelqu’un qui ne sait pas demeurer en place, ne prend pas le temps de lire et comprendre, risque de ne percevoir que le superficiel des choses, des êtres et de se tenir lui-même au superficiel de sa personnalité.

Les moyens modernes de communication ne risquent-ils pas de favoriser ce superficiel, de faire oublier le, réel pour enfermer dans le virtuel ?

Notre société multiplie les différentes « journées » du tabac, du bruit, de l’enfant, de la femme etc… Les manifestations qu’elles peuvent provoquer peuvent ressembler aux rides qui accompagnent un instant la projection d’une pierre dans un étang et le banal quotidien les laisse tomber dans l’oubli. Et il faut saluer ici la démarche des « veilleurs », jeunes pour la plupart, qui ses dernières semaines ont su demeurer paisibles, sereins et résolus face à des comportements inspirés par le mensonge, le refus de la vérité.

Si nous considérons notre comportement chrétien, le danger de l’instabilité et du superficiel nous guette sérieusement aujourd’hui. Lire la Parole de Dieu, prier, participer à l’Eucharistie, se vouloir membre d’une communauté paroissiale suppose que l’on ne se contente pas de quelques épisodes, de quelques démarches sporadiques. Il faut apprendre à demeurer. « Le vite fait, bien fait » est insuffisant pour entrer dans la vérité des choses, des êtres, d’une vie spirituelle intérieure et d’une attitude permanente d’attention aux autres. « L’âme qui cesse de prier meurt d’inanition. L’âme qui prie peu ressemble à ces oiseaux de basse-cour qui, ayant de grandes ailes, ne savent pas s’en servir ou ne s’élèvent qu’à une très petite hauteur ».

Et le Saint Curé n’hésite pas à dire également : « Ne pas faire prier les enfants, c’est ravir une grande gloire au Bon Dieu ».
Mais notre monde a-t’il encore suffisamment le souci de la gloire de Dieu ?

Père René LAVAUR.