Paroisse Ars

Au NOM du PERE et du FILS et du SAINT ESPRIT

C’est bien l’originalité de notre religion chrétienne ! Et il faut y tenir ! Même s’il nous paraît difficile de comprendre ce mystère d’un Dieu unique que Jésus lui-même nous invite à découvrir dans l’unité d’une triple relation d’amour. Nous avons déjà bien du mal à nous comprendre nous-mêmes, nous devons avouer notre incapacité radicale à comprendre les autres : comment pourrions-nous exiger de comprendre la révélation que Dieu nous fait de son être intime ! Là plus qu’ailleurs peut-être, il nous faut accepter la remarque de Jésus à Pierre : « Tu ne comprends pas maintenant, tu comprendras plus tard ». C’était le soir du Jeudi Saint, à l’heure du lavement des pieds.

Quelquefois nous essayons de comprendre au moins le Père et le Fils à partir des notions humaines que nous vivons dans nos familles. Cette piste ne peut nous conduire qu’à une fausse image du Père et du Fils. Car la paternité ou la filiation que nous vivons humainement sont souvent, pour ne pas dire toujours, entachées de pauvretés profondes. Comment peut-on proposer à un enfant qui vit auprès d’un père alcoolique et brutal la véritable image de Dieu Père ? De même pour le Fils. Et qu’allons-nous faire avec l’idéologie du GEUDER ?

C’est à partir de Dieu lui-même que nous devons découvrir le Père et le Fils. Une découverte qui est l’oeuvre de l’Esprit Saint. Nous le chantons dans le « Veni Creator » : « Fais-nous connaître le Père. Apprends-nous le Fils ». Saint Paul nous assure que c’est le bon chemin : « Nul ne peut dire Abba, Père, sans la présence de l’Esprit ; nul ne peut dire Jésus est Seigneur, sans la grâce de l’Esprit. » Que faire alors ? Accepter humblement et joyeusement que l’Esprit Saint nous entraîne dans cette découverte de Dieu. Accepter de répéter simplement avec l’Eglise « Très sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, je vous adore profondément. Je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je crois pour ceux qui ne croient pas ; j’adore pour ceux qui n’adorent pas ; j’espère pour ceux qui n’espèrent pas ; je vous aime pour ceux qui ne vous aiment pas ». En tant que chrétien, plongé par le baptême dans l’amour éternel de Dieu Père, Fils et Esprit, je ne peux pas faire autrement que témoigner de cette vie d’amour qui m’habite. Personne ne peut empêcher un fils de proclamer qu’il aime son père d’une manière unique sans pour autant pouvoir communiquer le pourquoi de cet amour. Nous ne pouvons pas dire davantage. Surtout que l’Esprit Saint nous garde de dire moins. Là aussi « il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes ». Il y va de l’honneur de notre Dieu et de notre honneur de chrétien.

Père René LAVAUR curé d’Ars.