Paroisse Ars

MON PERE … MON FILS

Cette expression avec toute la connotation affective qu’elle peut avoir, se retrouve plusieurs fois dans la page évangélique de ce Dimanche.

Une page toute ruisselante d’amour. Inépuisable à lire et à relire. Une page qui ne laisse jamais le coeur insensible. Charles PEGUY a bien raison de dire que si tous les exemplaires des Evangiles devaient être détruits, il faudrait tout faire pour préserver cette page. Une page qui peut émouvoir le coeur de l’incroyant. Et combien plus le coeur du chrétien.

La liturgie emprunte tout particulièrement ce texte pour nous aider à découvrir la beauté, la grandeur, la profondeur, la hauteur, la largeur, selon les formules de Saint Paul, du sacrement de Réconciliation, (ou sacrement de Pénitence, voire confession selon le vocabulaire souvent utilisé encore).

Dans le texte évangélique nous relevons habituellement cette tendre et infinie miséricorde du Père à l’égard de ce fils qui a tout gâché en claquant la porte pour aller vivre une vie de caprice, de fantaisie, de désordre source de famine.

Heureuse famine matérielle qui va déclencher sa réflexion. Mais la vraie famine est au fond du coeur du prodigue : «mon Père » « chez mon Père » « Je ne mérite plus d’être fils ». Il lui manque la nourriture du coeur, cet amour vrai, solide, fidèle et sans faille qui jaillit du coeur d’un père ! C’est la faim d’être aimé en vérité qui le met en route : « je vais retourner chez mon Père ». Je vais aller mendier l’amour de mon Père.

C’est cela le sacrement de Réconciliation. La plupart du temps nous ne voyons que les fautes qui nous humilient et peuvent nous décourager. Alors qu’il s’agit de comprendre que notre Père du ciel est blessé parce que nous ne nous sommes pas comportés comme des fils. Alors qu’il est question de désirer et de goûter un amour paternel sans lequel nous ne pouvons pas vivre.

Dans la confession, le Père « jette loin derrière lui tous nos péchés (Psaume 103) et il nous revêt du vêtement de fête, ce vêtement qui est celui-là même du Fils bien-aimé, le Christ Jésus.

Une merveilleuse découverte à faire. Bien sûr elle suppose la FOI. Et c’est là où intervient l’ESPRIT SAINT. C’est Lui, nous dit Saint Paul, qui nous apprend à dire « Abba, Père » et « Jésus est Seigneur ».

Autrement dit, le sacrement de Réconciliation ne peut prendre toute sa dimension que lorsqu’il est vécu dans l’amour du Dieu Trinité. Très certainement une riche découverte à faire en ces fêtes de la Passion et de la Sainte Résurrection du Seigneur. Une invitation de l’Eglise, chaque année et combien plus en cette année de la FOI.

Père René LAVAUR actuel curé d’Ars.