Paroisse Hauteville

6 fevrier 1944 : la rafle de Brénod

Brenod_maquisLe 6 février 1944 en représailles aux actes de résistance, tous les hommes du village sont rassemblés à la salle des fêtes de Brénod. En fin de journée, 34 hommes et 2 femmes sont emprisonnés à Lyon, puis à Compiègne et dirigés vers des centres de concentrations.

Voici un document réalisé en 2010 par le Lieutenant Romain CARREZ qui retrace une nouvelle fois ces événements tragiques en s’appuyant sur le témoignage nottament de son propre grand-père. Merci à l’auteur qui nous permet de le mettre en ligne
histoire_militaireBrenod

 

POUR LE TRENTIÈME ANNIVERSAIRE EN FÉVRIER 1974, VOICI LE POEME QUE L’ABBE TARPIN, PRETRE RESISTANT AVAIT ECRIT:

EN SOUVENIR DE LA RAFLE DU VALROMEY PAR LES ALLEMANDS
FÉVRIER 1944

Trentième anniversaire ! Les ANCIENS se rassemblent .
Ils ont , pour rappeler la triste tragédie
Qui brisa durement le rythme de leur vie
Voulu revoir les lieux de leur premiers tourments.

Dans tout le VALROMEY, en cet anniversaire,
Il y eu : souvenir , recueillement , prière.
Il y eu la visite des lieux d’internement,
Des lieux d’arrestation , et , d’autres monuments

Des sommets des montagnes et jusqu’à VIRIEU,
En des points principaux , sans oublier personne,
Dans la simplicité – rien de présomptueux –

Vous avez reconnu , et ces femmes , et ces hommes.

J’ai vu couler des larmes . Beaucoup étaient émus.
Larmes d’un coeur humain qui sait se souvenir
Que beaucoup sont partis . . . . très peu sont revenus
De ces camps de la mort qui font encore frémir.

RUFFIEU , L’ABERGEMENT , HOTONNES et CHAMPAGNE,
LA LÈBE , ARTEMARE , bien d’autres lieux encore,
Vous avez rappelé la bien dure campagne
Que vous avez vécue en des temps douloureux.

C’était des heures de guerre . Mais, ayant refusé
De perdre , avec l’honneur , leur terre , leur liberté
Beaucoup ont su comprendre , en toute loyauté
Qu’il fallait , à tout prix , reconstruire une armée.

 » CEUX qui croyaient au CIEL . . . . CEUX qui n’y croyaient pas « 
En un élan commun , pour défendre leurs frères,
Ont su tout sacrifier , et aller au combat
Pour que la FRANCE vive , et puisse en être fière.

Et puis . . . . vint février . . . . : accrochage à RUFFIEU.
Là , il y eu des morts . . . . je les vis de mes yeux.
Très peu de temps après – cela n’a pas tardé –
C’était les fusillés , c’était les déportés.

Toi qui n’a pas connu ces sinistres carnages ,
Combien osent t’envier ! Nombreux furent les morts.
Tous , en déportation , et quelque fut leur âge,
Ont souffert en leur ame , ont souffert en leur corps.

Tous ont été traités comme s’ils étaient des bêtes :
Plus durement encore ! Pauvres êtres humains !
Barbelés , four et feu , horreur , froid et faim ,
Ce fut là leur partage . . . . à en perdre la tête .
– – – –
Pardon pour les humains . Haine intense à la guerre .
Déportés , combattants , résistants volontaires,
Pensant aux noms glorieux, en LA LÈBE , gravés,
Travaillons , maintenant , pour la paix retrouvée.

Sachons nous souvenir , car c’est notre devoir.
Sachons penser encore aux coeurs désemparés,
A ceux qui ont souffert , en un ultime espoir,
A tous ceux qui sont morts , que nous avons aimés.
A ceux qui croient au CIEL , oserais-je demander
Qu’ils orientent vers leur DIEU : DIEU de paix , DIEU d’amour,
Leur intense prière , pour que , et pour toujours,
LES HOMMES , ENFIN , UN JOUR , ACCEPTENT DE S’AIMER !

Franci RIPT
Grand Abergement
, Mars 1974
Poème de l’Abbé F. TARPIN-BERNARD ,
Curé du Grand Abergement.