Paroisse Ars

À contresens

Faire un contresens dans une traduction de texte peut risquer de fausser la compréhension et la vérité du texte. Prendre l’autoroute à contresens risque de créer des dommages irréparables et malheureusement de coûter la vie. Mail il y a plus grave encore : c’est de vouloir justifier l’erreur que l’on a commise !

Cette situation n’est pas une illusion. Les événements et les projets de vie sociale vers lesquels certains veulent aujourd’hui orienter les hommes et les femmes en sont une remarquable illustration.

Aussi haut que nous puissions remonter dans l’histoire de l’humanité il est évident que la venue au monde d’un être humain dépend de la rencontre directe ou indirecte d’un homme et d’une femme. Et il est non moins vrai que la naissance d’un petit d’homme engage ceux qui lui ont transmis la vie. Comment est-il possible de dire à un enfant : « Te voilà au monde ; maintenant à toi de jouer. C’est ton affaire ! »

Bref, est-il sérieux, raisonnable d’ignorer la réalité, la vérité ? Quel législateur peut se permettre d’ignorer et de déclarer nul ce qui s’impose au bon sens, à la raison, à l’intelligence et au coeur ? « Donne-moi un coeur intelligent et sage » demande ce jour le roi Salomon.

On a beau changer les mots, la réalité demeure. Autrefois on parlait simplement de « balayeur ». Aujourd’hui on parle du « technicien de surface » ! C’est nettement plus beau, mais çà ne change rien au travail. Il y a des réalités devant lesquelles sa majesté le roi et le balayeur se retrouvent à égalité. La réalité s’impose à l’un et à l’autre. L’intelligence peut interroger la vérité et réciproquement, mais elle ne crée pas la vérité. Devenir hargneux et agressif pour défendre une idée ne crée pas davantage la vérité. Le Pape Jean-Paul II n’hésitait pas à dire que le communisme marxiste ne pouvait que s’effondrer car il était bâti sur le mensonge. Pouvons-nous, avons-nous le droit de faire un contresens sur la vie ?

En ce dimanche du Christ Roi, la réponse de Jésus à Pilate confirme tout cela avec éloquence. Elle nous apprend aussi que l’humilité est une condition indispensable pour accéder à la vérité. Jésus nous donne ici l’exemple : lui qui est la VÉRITÉ se fait l’humble témoin de la VÉRITÉ et donne sa vie pour sceller l’authenticité de son témoignage. Ne craignons pas de redire avec les paroles de l’hymne : « Ô Christ, Toi la Prince de la paix, viens ramener nos intelligences rebelles à la Vérité ; dans ton amour viens rassembler en un seul troupeau ceux qui se sont égarés. »

Père René LAVAUR
Actuel Curé d’Ars