Paroisse Ars

« De quoi DISCUTIEZ-VOUS ? « Ils avaient DISCUTE »

« DISCUTER » : Le petit ROBERT explique : « examiner par un débat en étudiant le pour et le contre », et les synonymes « agiter, débattre, controverser, critiquer, mettre en question, considérer comme peu certain, peu fondé, discutailler, épiloguer, ergoter ». Parler d’un homme très discuté c’est souvent mettre en cause sa valeur, critiquer ses actes. Bref, s’il peut exister des discussions paisibles et riches, il apparaît qu’elles dérapent assez facilement et n’apportent pas toujours des éléments constructifs pour la vie de communauté.

La valeur d’une discussion dépend d’abord de son contenu. Discuter de la pluie et du beau temps a peu d’intérêt en soi car c’est une réalité qui nous échappe.

La discussion peut devenir constructive si je m’intéresse à ceux ou celles qui sont victimes des intempéries ou de la sécheresse et si je me sens appelé à leur venir en aide.

Mais on voit bien que dans cette démarche il y a une réalité nouvelle qui apparaît : l’intention de sortir de moi-même, de mes problèmes, de ce qui m’arrange. La discussion ouvre la place au coeur.

Dans le passage évangélique de ce dimanche, les apôtres ont discuté d’eux-mêmes ce qui les a conduits à laisser de côté l’enseignement de Jésus sur le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection et de s’enfermer dans des querelles de préséance, de jalousie. Saint Jacques n’hésite pas à dire : « la jalousie et les rivalités mènent au désordre. »

Et nos discussions ? Prenons-nous le temps de considérer ce qui est essentiel ? Quitte à être vilipendé (à recevoir quelque bonne lettre anonyme), je me permets d’évoquer la question du catéchisme. De quoi discutons-nous ? Des horaires, des catéchistes, des livres de catéchisme, des préférences de l’enfant, de la priorité des activités sportives, de la flûte ou du pipeau… ou bien de l’importance de découvrir le mystère de Dieu ?

Autre sujet de réflexion : s’il est vrai que les parents sont les premiers responsables de l’éducation chrétienne de leurs enfants, il est non moins vrai que cette éducation chrétienne est à construire et à vivre dans la communauté chrétienne, en Eglise. La famille, les parents, ne sont pas seuls responsables. Le « chacun pour soi » dans une famille comme dans l’Eglise, peut devenir rapidement la destruction de la famille et de l’Eglise.

Nous ne pouvons pas courir ce risque aujourd’hui. Plus que jamais ne perdons pas de temps à discutailler de « queues de cerises » : N’ayons pas peur d’interroger notre Dieu (ce que les apôtres avaient peur de faire !) Le temps donné à la prière a plus d’importance que nombre de nos discussions. La prière nous éclaire sur l’essentiel : « DIEU est Amour. A notre tour nous devons aimer ».

Père René LAVAUR.