Paroisse Ars

LA PROFESSION DE FOI

Ce dimanche douze jeunes vont célébrer leur profession de foi. C’est une joie pour eux et pour la communauté paroissiale. C’est une étape, un nouveau départ et non pas un terminus. C’est un engagement au coeur d’un monde bien difficile. Plus que jamais notre affection et notre propre engagement doivent les accompagner. Nous devons les porter dans notre prière.

Leur démarche nous interpelle d’autant plus qu’elle souligne souvent une anomalie très fréquente. Normalement les adultes devraient être ceux qui tracent le chemin et qui encouragent, ceux qui transmettent. Il en était ainsi au début de l’Eglise. On ne baptisait que les adultes dans la grande Nuit de Pâques. Les petits enfants ont été présentés au baptême plus tardivement et en raison de la foi des adultes.

Curieusement aujourd’hui un certain nombre de parents demandent le baptême d’un enfant alors qu’ils se situent eux-mêmes en dehors de toute démarche de foi et de pratique religieuse, oubliant ou négligeant, refusant même parfois de faire grandir leurs enfants dans la foi. Il arrive même et c’est tant mieux, que les enfants conduisent les parents à redécouvrir la foi, la pratique religieuse.

Autant dire que les rôles sont ici inversés. Est-ce vraiment à l’enfant d’apprendre aux adultes à se comporter honnêtement ? N’est-ce pas demander à l’enfant de porter des responsabilités qui ne lui incombent pas ? Je repense à la remarque d’un père de famille brisé par la mort accidentelle de son fils : « Mon fils était meilleur que moi ! »
C’est émouvant et beau. Et pour le père cet événement est devenu la cause d’un nouveau départ dans la foi.

Mais faut-il pour autant laisser les seuls évènements, heureux ou malheureux, nous réveiller face à nos responsabilités ? N’avons-nous pas nous-mêmes vécu une profession de foi ? Qu’est-elle devenue aujourd’hui ? Puisse celle de nos jeunes d’aujourd’hui nous réveiller, si nécessaire, de nos passivités et nous redonner l’envie d’avancer au large ! Dieu nous le propose. Il n’est jamais trop tard pour accepter. Et le monde a besoin de notre réponse.

Père René LAVAUR.