Mouvement Chrétiens des Retraités (MCR)

Voter en chrétien en 2012

La paroisse du Sacré-Coeur, à Bourg-en-Bresse, organisait en janvier une journée de formation sur ce thème engageant, avec la participation de Madame Elizabeth Montfort, vice-présidente du Conseil Régional d’Auvergne et ancien député européen, et de l’Abbé Louis-Marie Rineau, de la Fraternité saint Thomas Becket, professeur de théologie morale.

La première question posée est de savoir si le laïc chrétien a bien une mission dans la société qui est la nôtre. À l’évidence oui, si l’on se souvient du propos du pape Pie XII qualifiant les laïcs de « position avancée de l’Église », ce qui sous-entend que le chrétien, clerc ou laïc, devrait réfléchir « avec l’Évangile » plutôt qu’avec « son Évangile ». Il nous incombe donc d’accepter le choix que Dieu fait pour nous, dans la liberté qui nous est donnée de répondre ou pas à cet appel, et de nous souvenir que ce qui est essentiel dans notre engagement, ce n’est pas la victoire mais la conversion et le rayonnement. Si nous perdons cela de vue, nous tombons dans la procédure, alors que nous sommes là pour témoigner de notre foi, de notre espérance et de notre charité. L’appel de Dieu est unique, il découle de notre mission de baptisé.

Pour un chrétien, y-a-t-il des domaines réservés (la vie, la famille, l’école) et des domaines déconseillés (l’économie, la culture,…) ? La tentation actuelle serait de croire que seuls les mouvements caritatifs ont de la valeur : ils ont bien sûr une valeur que l’on ne saurait leur disputer, mais le chrétien ne tire-t-il pas son engagement de sa légitimité ? Ne doit-il pas travailler deux fois plus que les autres, compte tenu du talent qu’il a reçu ?

Le bienheureux pape Jean-Paul II a souhaité souligner avec force l’engagement des laïcs : servir la personne et la société, promouvoir la dignité de la personne, refuser les discriminations, car l’homme ne vaut pas par ce qu’il a mais par ce qu’il est. Là est le fondement de l’égalité des hommes entre eux, cette égalité étant basée sur la dignité, l’indestructibilité et l’unicité de l’être.

Le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, dans une note sur l’engagement et le comportement dans la vie politique, en 2002, défendait des « points non négociables », selon lui : le respect de la vie, la liberté de conscience et d’éducation, et l’assise de la famille fondé par l’union d’un homme et d’une femme. Le jeune homme riche demandait ce qu’il devait faire pour avoir la vie, et Jésus lui expliqua que s’interroger sur le bien, c’est s’interroger sur Dieu qui est la bonté même ? affirmation reprise par Jean-Paul II : « un seul est Bon » ?.
Ces points non négociables ne constituent pas une ingérence, ce sont des principes qui n’ont rien de confessionnels : le soleil se lève bien pour tous les hommes et pas seulement pour les chrétiens ! Le chrétien n’impose pas sa foi, il veut seulement que l’Homme soit respecté.

Voter en chrétien, ce sera donc rejeter un programme qui ne respecterait l’Homme : porter atteinte à la vie, dans ses différents stades, porter atteinte aux libertés de l’Homme ou à la famille, ce n’est pas négociable. Le lien entre ces trois « points non négociables », c’est notre participation au pouvoir du Fils de l’Homme.

Bernard Millet,
Président diocésain du MCR

NB. Les évêques de France, dans un communiqué assez récent, ont proposé un texte détaillé, se refusant bien sûr à soutenir un candidat en particulier, mais pointant les mesures contrevenant à leurs exigences, notamment les questions liées au mariage, à la fin de vie ou à l’immigration.