Paroisse Ars

LA CHANDELEUR

C’est le nom populaire de la fête du 2 février : la Présentation du Seigneur au Temple. Comme pour Noël, la société de consommation s’en donne à coeur joie pour vendre des crêpes. Pourquoi des crêpes ? Peut-être parce que la crêpe, fine galette, est facilement réalisable dans le cadre familial le plus simple ? Le rite des crêpes que l’on fait sauter en ayant une pièce d’or dans la main couronne le côté plus ou moins superstitieux de la fête.

Pour les chrétiens cette fête rappelle la Présentation de Jésus au temple quarante jours après sa naissance. Elle porte également le nom de « HYPAPANTE », un mot venu d’un verbe grec et qui signifie « aller à la rencontre, aller au devant ». Les chrétiens d’Orient et la première communauté chrétienne de Jérusalem insistent sur la rencontre du vieillard Siméon et de Jésus : ils viennent au-devant l’un de l’autre. C’est nous aujourd’hui qui allons à la rencontre du Seigneur. Cette rencontre se fait avec des cierges, des chandelles (d’où le nom de chandeleur).

La procession des lumières en ce jour est une démarche festive et communautaire des « fils de lumière » allant à la rencontre du Christ « Lumière éternelle et lumière des nations ». Les cierges que nous portons redisent que nous ne pouvons pas rencontrer Dieu s’il ne vient d’abord à nous et nous procure par l’Esprit Saint l’élan qui nous mène à Lui. Le cierge évoque celui du baptême, notre naissance à la vraie lumière et notre engagement à vivre en progressant toujours dans cette lumière du Christ.

Ce cierge de la chandeleur est aussi le cierge de l’OFFRANDE, de la consécration, du don total de soi-même à Dieu. C’est pourquoi ce jour du 2 février est devenu la journée de la « vie consacrée », la journée des hommes et des femmes que Dieu appelle à donner leur vie dans une offrande gratuite et totale. Nous ne saurons jamais ici-bas ce que Dieu peut donner à chacun de nous à travers ces vies offertes. C’est le mystère de la communion des saints.

Autrefois beaucoup de paroisses avaient la chance d’avoir une communauté de religieuses ou de religieux. ARS a cette grâce extraordinaire de pouvoir compter sur la prière et le dévouement de plusieurs communautés religieuses. Un luxe par rapport aux autres paroisses ! Savons-nous apprécier cette richesse ? Pourquoi ne pas prendre le temps de signifier plus spécialement notre reconnaissance à Dieu et à tous les membres consacrés de notre communauté ?
Il nous restera encore un peu de temps pour faire sauter les crêpes, les meilleures, les « crêpes maison ».

Père René LAVAUR.