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Sauvés dans l’espérance (Benoît XVI)

Il n’est pas difficile de se rendre compte que l’expérience de la petite esclave africaine Bakhita a été aussi l’expérience de nombreuses personnes battues et condamnées à l’esclavage à l’époque du christianisme naissant.
Le christianisme n’avait pas apporté un message social révolutionnaire comme celui de Spartacus, qui, dans des luttes sanglantes, avait échoué.
Jésus n’était pas Spartacus, il n’était pas un combattant pour une libération politique, comme Barrabas ou Bar-Kokhba. Ce que Jésus, personnellement mort sur la croix, avait apporté était quelque chose de totalement différent: la rencontre avec le Seigneur de tous les seigneurs, la rencontre avec le Dieu vivant, et ainsi la rencontre avec l’espérance qui était plus forte que les souffrances de l’esclavage et qui, de ce fait, transformait de l’intérieur la vie et le monde.

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Sauvés dans l’espérance (Benoît XVI)

La nouveauté apparaît dans la lettre de St Paul à Philémon. Il s’agit d’une lettre très personnelle que Paul écrit dans sa prison, et qu’il confie à l’esclave fugitif Onésime, pour son maître Philémon.

Oui, Paul renvoie l’esclave à son maître, de chez qui il avait fui, et il le fait non pas en ordonnant mais en priant: « j’ai quelque chose à te demander pour mon enfant à qui, dans ma prison, j’ai donné la vie du Christ…. je te le renvoie, lui qui est une part de moi-même… S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé » (Phm 10-16).

Les hommes qui, selon leur condition sociale, ont entre eux des relations de maîtres et d’esclaves, en tant que membres de l’unique Eglise, sont devenus frères et soeurs les uns des autres ? c’est ainsi que les chrétiens se nomment les uns les autres.

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Sauvés dans l’espérance (Benoît XVI)

En vertu du Baptême, ils avaient été régénérés, ils s’étaient abreuvés du même Esprit et ils recevaient ensemble, côte à côte, le Corps du Seigneur. Même si les structures extérieures demeuraient identiques, cela changeait la société de l’intérieur. Si la lettre aux Hébreux dit que les chrétiens n’ont pas ici-bas une demeure stable, mais qu’ils cherchent la demeure future, cela est tout autre qu’un simple renvoi à une perspective future: la société présente est considérée par les chrétiens comme une société imparfaite; ils appartiennent à une société nouvelle, vers laquelle ils sont en chemin et qui, dans leur pèlerinage, est déjà anticipée.

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Sauvés dans l’espérance (Benoît XVI)

….. La 1ère lettre aux Corinthiens nous montre qu’une bonne part des premiers chrétiens appartenaient aux couches sociales basses et, précisément pour cela, étaient disposés à faire l’expérience de la nouvelle espérance, comme nous l’avons vu dans l’exemple de Bakhita. Cependant, depuis les origines, il y avait aussi des conversions dans les couches aristocratiques et cultivées, puisqu’elles vivaient, elles aussi, « sans espérance et sans Dieu dans le monde ». Le mythe avait perdu sa crédibilité; la religion d’Etat romaine s’était sclérosée en un simple cérémonial, qui était exécuté scrupuleusement, mais qui était seulement réduit désormais à une « religion politique ». Le ratinalisme philosophique avait cantonné les dieux dans le champ de l’irréel. Le Divin était vu sous différentes formes dans les forces cosmiques, mais un Dieu que l’on pouvait prier n’existait pas….