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Paroisse Ars

Il y a 25 ans…

Le 6 octobre 1986 le Pape Jean-Paul II consacrait une journée entière aux habitants d’Ars et aux nombreux prêtres, séminaristes et religieux venus vivre une journée de récollection spirituelle auprès du St Curé d’Ars. Je me trouvais heureusement parmi eux et ce fut pour moi une journée d’intense joie. Une joie amplement partagée par l’ensemble des participants.
A 25 années de distance, marquées par l’année jubilaire 2009, l’année sacerdotale 2010, la retraite internationale des 1200 prêtres venus de tous horizons, la fondation du Foyer sacerdotal Jean-Paul II et celle du séminaire St Jean-Marie Vianney, sans oublier les différents colloques tenus au Foyer sacerdotal ; sans oublier non plus les très nombreux chrétiens qui ont retrouvé plus spécialement le sens des sacrements de Réconciliation et de l’Eucharistie. Quels torrents de grâces, de miséricorde, de sainteté ! Il est bien juste de prendre le temps de rendre grâce en fêtant ce 25ème anniversaire d’autant plus que Jean-Paul II est désormais le « Bienheureux Pape Jean-Paul II ».

Ce 6 octobre 1986, le Pape Jean-Paul II arrivant à Ars déclarait : « C’est une grande journée, une journée mémorable qui commence à Ars… Votre ville a hérité d’un merveilleux ministère. Certes , les temps ont changé et la population s’est renouvelée ! Mais je suis sûr que les familles restent marquées par cette grâce insigne qu’Ars a reçue… que Dieu vous aide à faire face aux nouveaux problèmes humains, familiaux, sociaux, spirituels de cette commune ! … Qu’Ars continue à briller comme la lumière sur le lampadaire ! »

Quant aux 6000 prêtres et séminaristes rassemblés sous un chapiteau sur la prairie, ils recueillaient la phrase désormais inoubliable : « Le Curé d’Ars demeure pour tous les pays un modèle hors pair, à la fois de l’accomplissement du ministère et de la sainteté du ministre. »

Je dois avouer ? pardonnez cette confidence ? qu’aujourd’hui encore j’éprouve ce sentiment de liberté joyeuse ressentie ce jour-là. Alors qu’après le gâchis de mai 68 prêtres et chrétiens paraissaient avoir un peu oublié le sens profond du sacrement de Réconciliation, voici que Jean-Paul II nous invitait à nous « réveiller d’une foi fatiguée » (expression de Benoît XVI). « Offrir le pardon aux âmes repenties était l’essentiel du ministère du salut du ministère du Curé d’Ars. Accordons-nous la même importance au sacrement de la Réconciliation ? Sommes-nous prêts à y consacrer du temps ? Formons-nous assez les fidèles à le désirer, à s’y préparer ? » …
Et le Pape de rappeler qu’au temps du Curé d’Ars il y avait une désaffection des fidèles pour la confession. Mais à cause de son attitude sacerdotale, de sa sainteté, une foule considérable a saisi l’importance du sacrement du pardon. Par quel secret attirait-il à la fois croyants et incroyants, saintes gens et pêcheurs ? … L’Abbé Monin disait de lui : « C’est un foyer de tendresse et de miséricorde » « Il brûlait dit Jean-Paul II de la miséricorde du Christ. »

Autant de textes à relire, à découvrir peut-être dans l’ouvrage « Jean-Paul II nous parle du curé d’Ars » Editions Parole et Silence.

Père René LAVAUR, actuel Curé d’Ars.

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Paroisse Ars

Il y a 25 ans…

La célébration commune « PAROISSE – FOYER SACERDOTAL » du 6 octobre et les lectures de ce dimanche qui nous invitent à découvrir le FESTIN MESSIANIQUE auquel tous les hommes sont conviés me pousse à prolonger l’écoute de ce que nous disait le Pape Jean-Paul II en nous parlant de l’Eucharistie en 1986 ici à ARS.

« C’est à l’Eucharistie que Jean-Marie Vianney voulait conduire ses fidèles repentis. Vous savez la place centrale qu’occupait la messe dans chacune de ses journées, avec quel soin il s’y préparait, la célébrait.

Il était très conscient que le renouvellement du sacrifice du Christ était la source des grâces de conversion. Il insistait aussi sur la communion, invitant les hommes dûment préparés à communier plus fréquemment, contrairement à la pastorale de l’époque. Vous savez encore que la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie le fascinait, pendant et en dehors de la messe. On le trouvait si souvent au pied du tabernacle, en adoration ! Et ses pauvres paroissiens n’ont pas tardé à venir eux-mêmes saluer et adorer le Christ dans son Saint Sacrement.

Le Concile nous a heureusement permis de rénover nos célébrations eucharistiques, de les ouvrir à une participation communautaire, de les rendre vivantes, expressives, faciles à suivre. Je pense que le Curé d’Ars s’en réjouirait. Mais nous nous apercevons que tout n’a pas pour autant progressé. La baisse notable de la pratique religieuse, due à des causes multiples que je ne veux pas analyser ici, est un fait très préoccupant. Nos fidèles doivent réapprendre sa place capitale dans la vie du chrétien. C’était une catéchèse essentielle pour le Curé d’Ars. D’autre part, la dignité de la célébration, le recueillement, sont des valeurs qui n’ont pas toujours été respectées. Le Curé d’Ars tenait à créer dans son église tout un climat de prière, accessible au peuple et propre à favoriser l’adoration, même en dehors de la messe. Qui ne désirerait promouvoir ce goût de la prière silencieuse dans nos églises, ce sens de l’intériorité ? Une chose nous frappe encore : le Curé d’Ars a beaucoup travaillé à restaurer le sens du dimanche, de façon à libérer les mères de familles et les domestiques pour le rassemblement eucharistique. Je vous encourage à continuer de promouvoir le dimanche chrétien.

Nous te rendons grâce pour ton Corps et ton Sang que tu nous permets chaque jour d’offrir pour le salut du monde, de recevoir en nous, de donner à nos frères et soeurs et de vénérer dans nos églises. Ne permets pas que nos soeurs s’habituent à ce don : donne-nous d’y discerner ton amour extrême, comme le Curé d’Ars. Toi qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles.»

Texte emprunté à l’ouvrage « Jean-Paul II nous parle du Curé d’Ars » Editions Parole et Silence.

Père René LAVAUR, actuel Curé d’Ars