Paroisse Ars

LA CATECHESE

La mise en place du CATECHISME pour les enfants ne manque pas d’interroger les curés sur la tâche qui leur est demandée par l’Eglise d’assurer la catéchèse du peuple chrétien. C’est le devoir propre et grave des pasteurs surtout de ceux qui ont charge d’âmes. (CIC N° 773). Le Saint Curé s’acquittait remarquablement de cette mission, notamment par le catéchisme quotidien de onze heures et l’instruction familière qui, le dimanche soir, précédait la prière du soir. Certes, ici à ARS, de nombreuses possibilités sont données aux adultes de pouvoir approfondir leur foi. Mais lorsqu’on entend les tissus d’inepties véhiculés aujourd’hui sur la religion chrétienne et l’Eglise, il apparaît clairement que le niveau culturel chrétien demeure insuffisant. Sans oublier qu’il ne suffit pas de SAVOIR connaître les raisons qui font VIVRE. La méthode d’enseignement du Saint Curé n’est sans doute pas à reproduire telle quelle. Mais, en attendant de découvrir peut-être la manière qui convient à une communauté paroissiale, pourquoi ne pas faire de la modeste feuille paroissiale un enseignement plus systématique de la doctrine Chrétienne ?

Ainsi dans la parabole des 2 fils que nous présente Jésus, apparaît le mot REPENTIR. Est-il souvent utilisé dans nos conversations et quel sens lui donne-t’on ? Le dictionnaire « Petit Robert » le définit comme un « sentiment de douleur, le regret d’une faute, le désir de ne plus la commettre et de réparer ». Mais le mot repentir peut avoir aussi un sens péjoratif, doublé d’un goût de vengeance : « Ah, il va voir ce qu’il va voir ! Il s’en repentira ! »

Bien sûr cette conception vengeresse ne saurait concerner le DIEU de l’Evangile. Essayons d’approfondir.
Le YOUCAT (catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes) au N° 229 nous dit : Qu’est-ce qui dispose au repentir ?
Reconnaître sa faute personnelle suscite le désir de s’améliorer ; c’est ce qu’on appelle le repentir. Nous y parvenons quand nous voyons la contradiction entre l’amour de Dieu et notre péché. Alors, pleins de douleur face aux péchés commis, nous décidons de changer notre vie, et mettons toute notre espérance dans le secours du Seigneur (1430-1433,1490).
La réalité du péché est souvent refoulée. Certains croient même que l’on devrait simplement recourir à la psychologie pour lutter contre des sentiments de culpabilité. Mais il est important d’avoir une vraie conscience de sa faute C’est comme en voiture : quand le compteur signale un dépassement de vitesse, ce n’est pas la faute du compteur, mais du conducteur. Plus nous nous approchons de Dieu qui est toute lumière, plus nos zones d’ombres nous apparaissent clairement. Mais Dieu n’est pas une lumière qui brûle, il est la lumière qui guérit. C’est pourquoi le repentir pousse à entrer dans la lumière, où nous nous rétablissons complètement.

Ainsi « se repentir » n’est pas de l’ordre du seul sentiment. « Le repentir a sa source dans la reconnaissance de la vérité ». C’est la reconnaissance lucide et sincère par notre intelligence de la faute commise. Le repentir est aussi de l’ordre de la foi. Comment parvenir au repentir si Dieu n’est pas personne vivante. Le repentir est de l’ordre de l’amour. Le repentir ou « pénitence intérieure » est l’élan du coeur brisé (Psaume 50,19) poussé par la grâce divine à répondre à l’amour miséricordieux… il se nourrit de l’espérance en la miséricorde de Dieu. (Abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique N° 300). Bref, le véritable repentir jaillit de la reconnaissance de la blessure que nous avons infligée au coeur due notre Père du ciel. Il nous conduit à nous ressaisir dans notre comportement, comme nous l’assure l’Evangile et à faire la volonté d’un Père qui nous aime. Et le repentir s’applique également dans le cas où nous avons blessé un de nos frères.

Père René LAVAUR, actuel Curé d’Ars.

P.S. : J’ai cité plusieurs ouvrages :
? CEC = Catéchisme de l’Eglise catholique
? YOUCAT = Catéchisme Eglise catholique pour les jeunes
? Abrégé du catéchisme Eglise catholique pour les jeunes

Un chrétien soucieux de sa formation ne devrait-il pas « se repentir » de n’avoir aucun de ces 3 documents à la portée de la main (pas dans la bibliothèque seulement) et à la portée du coeur ?

? CIC = Code de DROIT canonique