Paroisse Saint-Martin - Combe du Val

Jésus donne la vie en abondance

Homélie du 4ème dimanche de Pâques :

« Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance » ! , dit Jésus à la fin de l’évangile. Son souhait, c’est que la vie qu’il propose soit abondante. Jésus est ressuscité ! Il a ouvert les portes de la vie. Il en a fait sauter les verrous les plus résistants.

Mais attention : si Jésus frappe à la porte de nos coeurs,  cette porte n’a pas de poignée au dehors. Elle ne peut s’ouvrir que de l’intérieur. C’est chacun de nous qui doit lui ouvrir sa porte. Sans prière, sans vie intérieure, il ne peut y avoir de rencontre de Jésus.
Aujourd’hui, 2000 ans ont passé depuis le discours de Pierre au jour de Pentecôte que nous rapportait la première lecture.

« Convertissez-vous », disait-il, c’est-à-dire  passez du côté de Dieu, entrez déjà dans cette résurrection que Jésus nous apporte par sa Pâque. Durant trois siècles, des petites communautés où l’on s’aimait les uns les autres, tous sur pied d’égalité, sont nées dans l’Empire romain. Les nombreuses persécutions n’y firent rien. C’était le temps des martyrs. Saint Pierre, encore lui, dans sa première lettre que nous avons écoutée en seconde lecture, avait d’ailleurs prévenu : le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces. Et il ajoutait : « Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous. »

Petit à petit, le troupeau a pris de l’importance. L’Église est devenue puissante. Tous se disaient chrétiens, ce qui ne les empêchait pas de se faire la guerre entre eux ! Ce n’est pas toujours lorsque chrétiens étaient les plus nombreux qu’ils étaient les meilleurs ! Chaque génération, à son tour,  doit se convertir. Il n’y a rien d’automatique.
Aujourd’hui, nous sommes presque redevenus un petit troupeau. On ne nous met plus à mort, mais notre voix se perd dans l’oubli et dans l’indifférence. On ne peut plus dire que l’on vient à la messe pour se faire bien voir… c’est parfois même le contraire ! C’est vraiment un choix libre et courageux ! Peut-être pouvons-nous saisir cela comme une chance, une grâce. Ne serions-nous pas appelés à réentendre la voix du berger qui nous appelle chacun, chacune par notre nom ? Ne devrions-nous pas nous décider à passer par la porte du baptême en toute vérité ? La démarche de Mathis nous y invite ! N’est-il pas temps de choisir à nouveau notre baptême ? Tant de portes aujourd’hui nous sont offertes ? les plaisirs, les jeux, les sports… jusqu’aux grandes surfaces qui ont l’audace d’ouvrir le dimanche et réduisant en un esclavage moderne leurs employés? et Jésus nous dit : ma porte, elle aussi, est ouverte. Elle est étroite, c’est vrai, mais si tu passes par elle, tu ne trouvera pas un bonheur éphémère mais une joie profonde, solide éternelle !... tu trouveras des prés d’herbe fraîche, une vie en abondance. « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer », avons-nous chanté tout à l’heure. Soyons nombreux à chanter pour soutenir les Confirmands.

L’Église est devenue l’affaire de chacun, et plus seulement celle des prêtres. En ces temps de pénurie, l’Esprit nous invite à prendre nos communautés en charge, à leur donner de notre temps et de notre coeur. Et l’Église a besoin de chacun de nous, même des plus jeunes. Et ce fut un bonheur de les voir réfléchir et choisir un engagement en fin de retraite de confirmation, avant d’écrire à notre évêque ! J’en profite pour remercier les animateurs qui se sont donnés de la peine.
Comme ils sont importants les services que nous rendons à la communauté ! Rappelons-nous Noël : nous étions très nombreux et il a beaucoup neigé. Un flocon de neige, ça ne pèse que trois fois rien ! Mais un flocon qui se pose après des milliers d’autres peut tout changer, jusqu’à briser une branche d’arbre ! Chacun est donc indispensable. L’Église a besoin de chacun, sans exception. Et de vous aussi, les enfants… A vous qui avez désirés revêtir une aube, les grands acolytes vous apprennent déjà à servir la messe. D’autres viendrons peut-être à la chorale…

Notre Église est occupée à toujours renaître. Seul un surcroît de confiance, d’amour et d’espérance permettront à nos petites communautés de traverser l’hiver pour germer en un nouveau printemps. Chacun de nous, jeunes et moins jeunes, peuvent y contribuer. Entrons dans l’abondance de la Vie de Jésus !