Paroisse Saint-Martin - Combe du Val

l’Esprit est notre vie

Homélie du 5e dimanche de carême A : Ezéchiel 37, 12-14/Psaume129/Romains 8, 8-11/Jean 11, 1-45

Nous vivons dans un monde de dictateurs de toutes sortes pour qui la vie des autres n’a aucune valeur… Il n’y a pas que les étrangers qui sont entraînés dans une spirale de violence. C’est dans nos difficultés de relations, dans ce bas-esprit dé-créateur que St Paul appelle la chair que Jésus vient mettre la puissance de sa résurrection :  « Vous saurez que je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez » (1e lecture).

Notre Dieu est le Dieu de la vie, il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Certes, la mort est inévitable et donc apparemment triomphante et pourtant saint Paul nous dit cette parole pleine d’espérance : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». (2e lecture).
Oui, Jésus-Christ Sauveur, mort et ressuscité,  est vainqueur de la mort et de la violence. Dans l’évangile, au travers les personnages de Marthe et de Marie, nous sommes invités à poser cet acte de foi en Jésus Christ mort et ressuscité pour nous.
A Jésus qui lui dit que son frère ressuscitera, Marthe répond : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, celui de la résurrection». Elle renvoie son espérance dans un lointain futur. Elle récite son catéchisme mais Celui qui est acteur de résurrection n’a pas de Nom ni de visage. Jésus la ramène à l’aujourd’hui et à un Dieu qui est en train de lui parler personnellement : « Moi, je suis la résurrection et la vie. »

La résurrection n’est pas seulement un événement général de la fin des temps, mais Quelqu’un, Jésus, à qui Thomas dira plus tard et en face : « mon Seigneur et mon Dieu ». La résurrection de Lazare, la vôtre, la mienne, c’est Jésus. Etre en lien avec Jésus, c’est être pris dès maintenant dans la relation éternelle du Christ à son Père.

La résurrection n’est pas un seulement et d’abord un événement cosmique – la résurrection est un événement relationnel et, en fait, un événement personnel : « celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » La foi en la résurrection, c’est  croire en Jésus mon Sauveur et mon libérateur ici et maintenant ! Jésus pousse donc plus loin : «et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? »

Peut-être qu’une souffrance trop forte nous empêche de professer une espérance, même dans un avenir éloigné. Peut-être que nous n’avons même plus la force, comme Marie, de reprocher au Seigneur ce que nous croyons être sa passivité : « Si tu avais été là Seigneur ! » Peut-être que nous ne sommes même plus capables que de pleurer. Osons alors regarder vers Jésus. Il y a des larmes qu’il est bon de laisser couler, non pour se complaire dans la souffrance, mais pour la confier au Seigneur.

Pour nous libérer du poids qui nous écrase, Jésus sais où ce poids se trouve mais ne nous en libère que quand nous le lui présentons : « Où l’avez-vous mis ? » Où as-tu caché ta souffrance, enfoui ta blessure et son corolaire qui est ton péché ? -« Seigneur viens et vois ! ». Ce tombeau encore fermé, c’est à nous d’en rouler la pierre et de laisser revenir à la lumière cette partie souffrante de nous-mêmes, ce « Lazare », qui y est prisonnier.
Si nous choisissons la vie, alors Jésus rend grâce et lance son cri de recréation : « Lazare, sort dehors ! ».

Le carême est donc ce temps où le Christ nous invite à laisser les tombeaux de nos fausses sécurités, de nos culpabilités, de nos blessures, de nos repliements sur nous-mêmes. C’est le temps de laisser la Parole nous recréer de l’intérieur par le sacrement du Pardon : « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez » prophétise Ezéchiel. Et St Paul décrit bien aux Romains comme aux Galates que c’est, logé à l’intérieur de nos coeurs, que Dieu veut agir avec notre collaboration : laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. Car la chair convoite contre l’Esprit et l’Esprit contre la chair; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez. Mais si l’Esprit vous anime, vous n’êtes pas sous la Loi. Or on sait bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d’envie, ivrognerie, ripailles et choses semblables – et je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui s’enferment dans ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu. – Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n’y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir. (St Paul aux Galates 5,16-26)