Service Diocésain d'Art Sacré (S.D.A.S.)

Exposition « Trésors de l’Ain » au Monastère Royal de Brou

Trésors de l’Ain : objets d’art du Moyen-Âge au XXe siècle : 104 trésors de l’Ain, objets protégés au titre des « monuments historiques », sont présentés exceptionnellement au monastère royal de Brou dans une exposition coproduite par la Ville de Bourg en-Bresse, le Centre des monuments nationaux et le Conseil général de l’Ain, du 26 février au 29 mai.

104 trésors de l’Ain, objets protégés au titre des « monuments historiques », sont présentés exceptionnellement au monastère royal de Brou dans une exposition coproduite par la Ville de Bourg en-Bresse, le Centre des monuments nationaux et le Conseil général de l’Ain, du 26 février au 29 mai 2011.

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Vierge_de_misericorde-_3eme_quart_du_Xve_siecle_-_Chatillon-la-Palud_c_P._Hervouet Objets civils ou religieux, peintures, sculptures, livres, pièces d’orfèvrerie, textiles liturgiques… les oeuvres d’art sélectionnées datent du Moyen Âge au XXe siècle.

Présentées pour leur caractère singulier d’ordre artistique ou historique, chacune témoigne d’usages liturgiques ou civils,
et de la position de carrefour culturel du département de l’Ain.

Vitrail_depart_des_mages_pour_Bethleem_Bourg_en_Bresse-_eglise_Notre_Dame_C._Penez Plusieurs objets religieux sont prêtés par le diocèse de Belley-Ars.

Monastère royal de Brou
_ 63, boulevard de Brou
_ 01000 Bourg-en-Bresse

Renseignements
et réservations

_ tél. : 04 74 22 83 83
_
_ ouvert tous les jours sauf 1ermai :
_ 9h-12h/14h-17h jusqu’au 31 mars
_ 9h-12h30/14h-18h à partir du 1eravril

Tarifs :
_ plein tarif : 7 ?
_ gratuit pour les moins de 26 ans

Télécharger les renseignements.





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Jusqu’au 29 mai prochain, le monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse reçoit la très belle exposition d’une centaine d’objets mobiliers de l’Ain, protégés au titre des monuments historiques. La ville de Bourg-en-Bresse et le Centre des monuments nationaux, en partenariat avec le Conseil général de l’Ain, ont sélectionné des objets d’art au caractère exceptionnel, témoins de dix siècles d’histoire, de production artistique et d’usages tant liturgiques que civils. L’Association diocésaine de Belley-Ars participe également à cet évènement puisque huit objets, dont elle est propriétaire, y sont exposés avec l’accord des prêtres desservants les églises dont ils proviennent. Découvrons-les ici.

Représentations mariales 

La Vierge de Pitié de la chapelle Notre Dame de l’Orme (photo 1)
wp_31-33_photo_1 Daté du XVIe siècle, le groupe sculpté en bois de la Vierge de Pitié de la Chapelle de l’Orme, présente toute la symbolique et l’émotion des Pietà : la Vierge Marie est assise, pleurant son fils Jésus, dont le corps repose sur ses genoux. Elle soutient de la main droite la tête de Jésus comme un dernier signe d’espoir. Selon la légende, des voyageurs, remarquant la statue sur un orme, l’emportèrent avec eux. Mais le lendemain, elle avait disparu ; revenant sur leurs pas, ils la retrouvèrent à l’endroit même d’où ils l’avaient enlevée la veille. Ce serait après ce miracle que la construction de la chapelle éponyme fut décidée. Le caractère exceptionnel de cette Pietà est remarquable puisqu’on ne connait qu’une seule autre Vierge de Pitié placée dans le creux d’un arbre à l’intérieur d’une chapelle en Mayenne ; datée du XVe siècle, elle fait l’objet d’un pèlerinage très fréquenté.

L’Ornement bleu de l’Immaculée Conception d’Ars (photo 2)
wp_31-33_photo_2 Commandée par le Saint Curé d’Ars à l’occasion de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, la réalisation de l’ornement bleu avait été confiée à l’atelier renommé des demoiselles Petit de Lyon. La mention « Marie conçue sans péché », brodée sur le pourtour du dos de la chasuble, rappelle son contenu : le motif central au dos de la chasuble représente la Vierge inscrite dans une mandorle. Debout sur un croissant de lune, Marie est couronnée et auréolée, les mains jointes sur sa poitrine. Le devant de la chasuble présente le coeur souffrant de Marie, transpercé par la croix sur laquelle est mort son Fils. La richesse des décors et l’abondance des fils d’or, des paillettes et des fils chenille argent, ont permis l’usage de cette chasuble, malgré la couleur bleue nuit non liturgique du fonds en velours. Saint Jean-Marie-Vianney la porta pour la première fois le 8 décembre 1854.

L’orfèvrerie d’Ancien Régime

wp_31-33_photo_3 Calice et patène offerts par Mme Adélaïde de France (photo 3)
Les objets d’orfèvrerie de l’Ancien Régime sont rares puisque beaucoup ont été fondus. Le calice et la patène, offerts par Mme Adélaïde de France, fille de Louis XV, à la confrérie de la Sainte Vierge de Thoiry en 1807, sont donc l’une de ces heureuses exceptions. Daté de 1766 par la gravure sur le carré du pied, ce calice en argent doré présente une iconographie aux symboles ecclésiastiques : sur le pied alternent grappes de raisins et épis de blé, décor que l’on retrouve également sur le n?ud.

Souvenir du Grand séminaire diocésain de Brou

wp_31-33_photo_4 Calice et patène offerts par Mgr Chalandon (photo 4)
Exécuté par le célèbre orfèvre Armand ?Calliat de Lyon au XIXe siècle, ce calice présente les caractéristiques artistiques de l’époque, dans son pied polylobé au décor gravé et rehaussé de médaillons émaillés verts et blancs. Sous le pied du calice, sont gravées les armoiries de Mgr Georges Chalandon (1804-1873), accompagnées de sa devise et de la mention : « +souvenir de Mgr Chalandon Archevêque d’Aix au Séminaire de Brou 1873 ». Devenu évêque de Belley en 1852, il meurt le 28 février 1873. Le legs de cet ensemble, calice, patène et coffret, était pour lui l’affirmation de son souvenir au grand Séminaire, créé en 1823 par Mgr Devie, dans l’église et les cloîtres de Brou.

Chasuble brodée à l’occasion du baptême de la nouvelle cloche de l’église de Brou (photo 5)
wp_31-33_photo_5 Cette chasuble fut offerte le 2 juillet 1896, à l’occasion du baptême de la cloche « Saint-Nicolas de Tolentin », à l’église de Brou. Elle est en satin de soie grège, rebrodée de fils d’or et de couleur. La finesse du décor et les ombres dans les motifs sont dues à l’utilisation de la technique de la peinture à l’aiguille. Le Christ, représenté dans une mandorle au centre de la croix, tient un livre ouvert où figurent les lettres grecques Alpha et Oméga : le Christ, commencement et fin de tout. Cet ornement de très belle qualité fut offert par Madame Alphonse de Boissieu, marraine de la cloche, tandis que le parrain fit don le même jour du reliquaire de Saint Martin et Saint Nicolas de Tolentin. La cloche a été replacée au clocher de l’église du Sacré-Coeur depuis son rachat par l’association diocésaine de Belley en 1942.

La production artistique contemporaine au service du culte

La recherche esthétique de simplification tant dans les formes que dans le décor marque l’orfèvrerie du XXe siècle.

wp_31-33_photo_6 (photo 6) Le calice en argent que le Père Pierre Lorge reçut pour son ordination en 1938 en est un bel exemple : le pied rond est seulement gravé d’une croix et du mot « PAX » (paix), le n?ud est orné d’un décor de couronne d’épine ajouré.

wp_31-33_photo_7 (photo 7) C’est un léger martèlement de la matière accentuant la prise de lumière, qui caractérise le petit ciboire créé par Amédée Cateland. Orfèvre lyonnais du début du XXe siècle, il révolutionna l’orfèvrerie religieuse régionale, influencé par les concepts de l’Art Déco.

wp_31_-33_photo_8 (photo 8) Quant à cet ostensoir contemporain, les matériaux sont renouvelés : le bronze est ici plaqué d’or et argent ; les formes géométriques sont accentuées, plus anguleuses : le pied hexagonal est incrusté de motifs trapézoïdaux. Enfin, les motifs classiques d’épis de blé sont utilisés au bout de chaque branche de la croix sur la gloire de l’ostensoir.

Annick Vandroux-Doméracki*
Service diocésain de l’Art Sacré
*Annick remplace Violaine Savereux au SDAS jusqu’au 21 mai.