Société Nouvelle Gorini

9 – 1610 – 2010 : 400 ans de la Visitation – Colloque à Montluel – 11-12 déc. 2010

L’ordre de la Visitation à Montluel et dans le département de l’Ain : 400 ans d’histoire !

Colloque proposé par le Groupement paroissial de Montluel et la Société Nouvelle Gorini les 11 et 12 décembre 2010

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L’ORDRE DE LA VISITATION DANS L’AIN

Un anniversaire – un colloque – un patrimoine – un message

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2010 est l’année du 4ème centenaire de l’Ordre de la Visitation Sainte-Marie. Cet anniversaire est célébré par les religieuses de la Visitation répandues à travers le monde. Le diocèse de Belley-Ars s’est associé, modestement, par une journée d’études et une célébration eucharistique à Montluel, les 11 et 12 décembre derniers. C’est un motif encourageant pour reprendre, à frais nouveaux, le chemin parcouru par l’Ordre de la Visitation dans les Pays de l’Ain.

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1 ? La Visitation ou le renouveau de la vie religieuse féminine
Une expérience attendue
Saint François de Sales (1567-1622) prince-évêque de Genève et Sainte Jeanne-Françoise de Chantal (1572-1641), fondent, à Annecy, le 6 juin 1610, en la fête de la Sainte-Trinité, l’Ordre de la Visitation, dont la première communauté s’établit très pauvrement, dans la maison de la Galerie, au faubourg de la Perrière, en campagne.
Les trois premières religieuses sont la Mère de Chantal, Marie-Jacqueline FAVRE et Jeanne-Charlotte de BRECHARD.

Un idéal de sainteté universelle
La grande aventure de la Visitation commence. Elle va conquérir les soeurs, aussi bien les aspirantes à la vie religieuse, que les familles chrétiennes, les institutions ecclésiastiques et civiles, en France et dans le duché de Savoie d’abord, au XVIIème siècle et en Europe, dès la fin de ce même siècle.. Partout, on désire des Filles de la Visitation, dont la seule présence témoigne des idéaux développés par St François de Sales : la douceur et la simplicité, la joie, l’ascèse de la vie quotidienne et la recherche de la sainteté dans les actes de la vie quotidienne.
Ces aspirations spirituelles, largement partagées par les élites comme par les petites gens, le monde religieux comme par les communautés paroissiales, sont matérialisées par l’établissement de nombreux monastères de la Visitation : à la mort de Ste Jeanne-Françoise de Chantal, 87 maisons ont été fondées, et, à la Révolution de 1789, il y a 170 couvents en Europe, dont 120 implantations en France.

L’originalité de la Visitation
La création de l’Ordre de la Visitation est porté par l’esprit de la Réforme catholique issue du Concile de Trente (1545-1563). Il est nécessaire de « réformer les m?urs », de « réformer les soeurs ». Elle touche aussi les ordres religieux anciens ; de nouveaux ordres incarnent cet idéal de réformation. L’Ordre de la Visitation est profondément original : il s’adresse à toute personne, sans distinction de rang, jeune ou veuve, de « faible complexion », refusant les grandes austérités (horaires des offices, mortifications corporelles ou alimentaires), recherchant l’accomplissement des voeux religieux dans l’ascèse de la fidélité au quotidien et la chanté fraternelle.

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2 ? La Visitation et l’Ain : des liens multiséculaires
Un rayonnement enraciné
A la période des fondations, quatre couvents sont établis dans les Pays de l’Ain : Belley (le 20 août 1622), Bourg-en-Bresse (le 19 mars 1627), Montluel (le 21 novembre 1640) et Seyssel (le 2 juillet 1651). Leur histoire est marquée par un « esprit de famille » commun. Rien d’original dans la vie de ces communautés religieuses, si ce ne sont des événements propres qui les affectent les unes les autres, dans le contexte de l’histoire régionale. Ce sont des couvents urbains. La Visitation de Belley est le seul couvent de l’Ain connu par l’Evêque de Genève. Son ami et disciple, le bouillant évêque de Belley, Mgr Jean-Pierre CAMUS (1608-1629), a souhaité que la Visitation de sa ville épiscopale développe, pour son diocèse, les réformes post-tridentines. Le devenir de ce couvent sera, par deux fois compromis, par deux incendies successifs. La Visitation de Bourg-en-Bresse est gouvernée par de grandes supérieures, comme les Mères Marie-Jacqueline FAVRE, Marie-Aimée de Blonay et connaîtra un développement rapide grâce aux vocations et aux libéralités des familles burgiennes. La Visitation de Montluel n’est pas une fondation : c’est le transfert des visitandines de Saint Amour (Jura), chassées par la guerre franco-espagnole de 1636 qui s’établissent dans cette ville de Bresse. Elle sera fermée, pour « cause de pauvreté », malgré des vocations nombreuses, le 29 octobre 1751 : quant à la Visitation de Seyssel, son originalité lui vient de sa situation géographique, sur le Rhône, à la frontière du Royaume de France et du duché de Savoie : c’est un monastère d’étape pour toutes les visitandines qui viennent ou sortent d’Annecy.

La renaissance au XIXème siècle
Tous les couvents ont été supprimés en 1792. En raison de la détermination des abbés Ruivet et Bochard, et de la ténacité de Mgr Devie, évêque de Belley, les Visitations de Bourg-en-Bresse et de Montluel sont nouvellement rétablies en 1806 et en 18Un nouveau couvent est fondé à Gex, dans l’ancien couvent des Carmes, en 1824, pour le motif premier d’ouvrir un pensionnat d’éducation catholique pour de jeunes filles protestantes du pays genevois. Au milieu du XIXème siècle, une religieuse du couvent de Bourg, S?ur Marie du Sacré-Coeur Bernaud, comblée de grâces mystiques, deviendra la fondatrice spirituelle de l’archiconfrérie de la Garde d’Honneur du Sacré-Coeur de Jésus. Elle décèdera en 1903. Quant à la Visitation de Montluel, elle enverra des soeurs aux USA pour participer à la fondation de couvents, en particulier à Keokuk. (Iowa), en 1853.
La Visitation de Gex, supprimée par la loi de laïcisation, partira en exil, en Italie, en 1904 et ne sera pas rétablie dans l’Ain. Faute de vocations, la Visitation de Bourg fusionne avec celle de Montluel en 1983, et cette dernière est supprimée en 1991.

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3 ? Un patrimoine vivant
De nombreux vestiges subsistent de ces couvents, de façon inégale toutefois : à Belley, un corps de bâtiment avec la passerelle qui reliait le couvent au jardin en clôture ; à Seyssel (Haute-Savoie) quelques éléments du couvent sont intégrés dans des maisons privées. L’église paroissiale de Seyssel (Ain), placée sous le vocable de St François de Sales, contient des vitraux qui relatent sa vie. A Bourg-en-Bresse, l’Hôtel de Meillonnas fut la résidence provisoire des soeurs avant le recouvrement de leur ancien couvent de la rue Bourgmayer, reconstruit ; depuis leur départ, il est amputé de la chapelle détruite et abrite les services de la DDE. A Montluel, l’ancien couvent du XVIIIème siècle est bien restauré, tandis que les bâtiments du couvent du XIXème siècle sont devenus le siège de l’Hôtel de Ville ; par contre, la chapelle des soeurs, en bon état de conservation, est affectée à l’usage cultuel de la paroisse. A Gex, les bâtiments sont partagés entre des services publics et des propriétaires privés.

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4 ? Célébrations de l’anniversaire de 2010
A l’initiative de l’abbé Dominique BLOT, curé de Montluel, qui s’est assuré la collaboration de la Société Nouvelle GORINI et le concours du Comité « Histoire et Patrimoine de Montluel », une journée d’études, intitulée : « L’Ordre de la Visitation à Montluel et dans le département de l’Ain : 400 ans d’histoire », fut organisée à Montluel, le 11 décembre. Cette journée fut présidée par Mgr Jean-Pierre BATUT, évêque auxiliaire de Lyon ; dix intervenants ont présenté des exposés sur la nature et la mission propres de l’Ordre de la Visitation : la vie religieuse, la spiritualité du laïcat ; les questions historiques ont porté sur un panorama de l’histoire de la Visitation dans l’Ain, enrichi aussi par des monographies des couvents de Bourg-en-Bresse et de Montluel et une présentation du patrimoine visitandin de Montluel. Les tableaux de la Visitation de Bourg (collection du musée de Brou) ont fait l’objet d’une étude iconographique, tandis que l’exposé sur l’historique de l’archiconfrérie de la Garde d’Honneur du Sacré-Coeur de Jésus permet d’en saisir l’actualité dans la vie de chrétiens.

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Le dimanche 12 décembre, en la collégiale Notre Dame des Marais de Montluel, Mgr Jean-Pierre BATUT a concélébré avec le clergé paroissial la messe de clôture de l’année de la Visitation, en mémoire de Ste Jeanne-Françoise de Chantal ; la veille, Mgr Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars a présidé les vêpres en l’honneur de St François de Sales. Une plaque commémorative en l’honneur des saints fondateurs perpétue leur passage et la mémoire de la Visitation à Montluel et dans l’Ain.

Abbé Joël LAMBERT, Président de la SN GORINI

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