Paroisse Nantua

Vie de l’abbé Gabriel Gay. Récit de la folle journée du 14 décembre 1943

« Ce matin-là, comme de coutume, l’Abbé travaille dans son bureau. Il a pris connaissance d’un « Cahier du Témoignage chrétien » sur le péril nazi, que M. le Curé lui a communiqué. Or on vient précipitamment l’avertir que les Allemands font une rafle dans la ville.
Depuis 7h.1/4, en effet, une troupe d’environ cinq cents hommes occupe toutes les issues de la ville. Les rues principales sont barrées et prises en enfilade par des mitrailleuses. Des patrouilles circulent, pénètrent dans les maisons, arrêtent hommes et jeunes gens. Ceux-ci, collés au mur, les bras en l’air, sont minitieusement fouillés. Chacun s’attend à être fusillé séance tenante.
(…) Durant le repas de midi, la conversation est fort animée avec M. le Curé. L’Abbé doit se rendre aux Neyrolles dans l’après-midi pour son catéchisme : est-ce bien prudent de partir ?… M. L’Archiprêtre serait d’avis de ne pas quitter la cure. « Après tout, finit par dire l’Abbé, j’ai mes papiers ; je suis en règle : je pars ». »
Mais l’Abbé n’ira pas plus loin que les dernières maisons de la ville de Nantua.
Il « devait aussitôt comprendre la portée de son arrestation. Dans un petit mot qu’il griffonne pour son curé, en quittant Nantua, après s’être excusé de n’avoir pas suivi son conseil (qui, du reste, n’était pas un ordre), il ajoute : « A quelque chose, imprudence est bonne : le vicaire suit son troupeau. » »

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