Paroisse Marboz

Curés et Vicaires de Marboz de 1823 à nos jours

Curé MICHAUD, 1823-1836
(13 ans) , le Curé était assisté de 2 vicaires.
10 vicaires se sont succédés auprès du Père MICHAUD

******************************************************************************************************************************************************************
Curé GIRARD, 1836-1855
(20 ans) il est mort à Marboz à l’âge de 53 ans. 6 vicaires l’ont assisté successivement au cours de ses 20 ans de ministère, il a fait don d’une somme importante et de tous ses biens à la Fabrique. Ce don a permis de payer une grande partie de l’église.
******************************************************************************************************************************************************************
St_Martin_007Curé BAILLAT,1855-1881 tombe_Baillat
(26 ans) né en 1801 à Chavannes/Suran,
décédé à Marboz le 15/11/1881.
A l’origine de la construction de l’église actuelle.
Il eut 14 vicaires. En 1876, et entre 1878 à 1881,
le Curé était assisté par 3 vicaires. Sa tombe est au cimetierre de Marboz
******************************************************************************************************************************************************************
1881-1884
(3 ans) Curé SAVARIN, a quitté la paroisse de Marboz
pour celle de Villebois.
Il eut 3 vicaires.
******************************************************************************************************************************************************************

Curé DUPRAT François

cure_DUPRAT1884-1896
(12 ans)
? Chanoine honoraire.
A quitté Marboz pour Montrevel.
Il eut successivement 5 vicaires
dont en 1892 : JACQUIER
qui quitta Marboz pour partir missionnaire aux Indes

******************************************************************************************************************************************************************

Curé CHENE François.

cure_CHENEcure-0-01896-1910
(14 ans)

Il eut 6 vicaires
dont de 1901 à 1907 :
le chanoine GAUTHIER,
missionnaire d’Ars,
(remplaçant du curé LESTIEVANT
pendant sa mobilisation à la guerre de 39-40).
******************************************************************************************************************************************************************

Curé GINOD (chanoine)

abbe_GINOD-1-01911-1936
(25 ans)

en 1912 il avait 2 vicaires : VARIM ? Laurent FION
pendant la guerre 1914-1918 (Il devait être seul, car pendant cette période tous les actes étaient signés par lui seul)
en 1920 : vicaire :l’abbé BERNARD,
en 1922 : vicaire l’abbé PITRE,
abbe_CHAMBART-1-0abbe_DUTER-0-0de 1923 à 1930 : vicaire l’abbé CHAMBARD,
de 1931 à 1936 : vicaire l’abbé DUTER

******************************************************************************************************************************************************************

Curé LESTIEVANT (chanoine)

P._LETIEVANTcure-1-0
déc.1936-1962 (26 ans)

A été vicaire à Ars pendant 10 ans avant de venir à Marboz. Il s’est ensuite retiré à la Cure de Villemotier où il a assuré le service pendant plusieurs années. Il fut mobilisé, pendant la guerre de 1939-1940 où il occupait un poste de capitaine

Les vicaires successifs de la paroisse pendant cette période, ont été:

1936-1937 : A.DUTER,
1937 : A.GUILLEMOT,
sept.1939-août 1940 : GAUTHIER (Administrateur 1 an),
1941-1944 : J.KOLLY,
1944-1946 : ROZIER,
1946-1947: COTTEY
1947-1949 : E.DESMARIS ,
1950-1955 : M.MONTERRAT,
1955-1959 : J.MONTERRAT (Missionnaire au Burkina),
1959-1962 : A.PERRETANT (dernier vicaire). abbe_GUILLENOTabbe_Gauthier-0-0abbe_ROZIERabbe_DESMARISabbe_maurice_MonterratMonterrat_Jeanl_abbe_Andre_PERRETANT-1-1

******************************************************************************************************************************************************************
Bonat

Curé BONNAT

P3050002
1962-1968 (7 ans)

Il est mort en exercice à Marboz; sa tombe est dans le carré des prêtres du cimetière de Marboz à coté de la croix centrale.

Allocution de M. Joseph Du-Marché , Maire de Marboz, prononcée à l’occasion du jubilé sacerdotal de M. L’Abbé BONNAT ? Curé de Marboz

Monsieur le Curé,

Je tiens à associer la municipalité à la joie qu’éprouve tous vos paroissiens de Marboz venus célébrer votre jubilé sacerdotal, et à vous adresser les compliments et les voeux du conseil municipal pour vos 25 ans de prêtrise : 25 ans au service de Dieu et, à travers lui, au services des âmes, au service de hommes.

Et, s’il n’est pas dans mon rôle de vous louer plus amplement pour les innombrables activités pastorales que vous avez exercé pendant ce premier quart de siècle de ministère ecclésiastique ; à tout le moins m’est- il permis de vous rendre justice pour la 25ème année, celle que vous venez de vivre parmi nous.

Car, s’il me souvient ; voici un an nous étions déjà rassemblés sur cette place publique pour remettre entre vos mains notre presbytère, notre église et notre destin spirituel.

Et vous, à l’heure ou chacun s’interroge dans un monde pris de vertige vous êtes venu à nous. Vous êtes venu à nous Prêtre et pasteur d’une religion catholique décidée à rajeunir son enseignement ; et à mieux mettre à la portée des hommes de notre temps la parole du Christ et la doctrine immuable de l’Eglise.

Et c’est donc dans cet état d’esprit, (qui fut celui du bon Pape Jean), que nous vous avons vu prendre d’une main courtoise certes mais ferme, les rênes de votre nouvelle paroisse.

Routines bousculées, novations hardies, devoirs et obligations du chrétien maintes et maintes fois réitérées. Un vent nouveau a soufflé sur la paroisse……. Un vent d’esprit communautaire.

Soyez remercié, Monsieur le Curé pour nous avoir réaffirmé la nécessaire solidarité de hommes ! Souffrez que ce soit le Maire qui vous le dise, car ici commune et paroisse ne sont que les deux aspects d’une même réalité vivante, celle que forme la mise en commun des joies, de peines et des deuils.

Et-en forme de conclusion, c’est tourné vers un ami que je formulerai ce voeu sincère et que je crois unanime :

Long et fécond ministère à notre nouveau et déjà très cher curé.

Vive Monsieur le Curé.

******************************************************************************************************************************************************************

Curé PERRET

<P._Perret1969-1978 (9 ans)

DIMANCHE 27 AOUT I978 ? ALLOCUTION DU CONSEIL PAROISSIAL PRONOCEE A L’OCCASION DU DEPART DE MONSIEUR L’ABBE PERRET CURE DE MARBOZ ET DE PIRAJOUX ;

===============================

Dans quelques jours, cher Père PERRET, une page de votre vie sacerdotale va se tourner et les paroisses de MARBOZ-PIRAJOUX perdront le prêtre qui depuis neuf ans aura eu la difficile mission d’être son pasteur.

C?est avec discrétion que vous entendiez nous quitter et le conseil paroissial a dû imposer à votre modestie et à votre réserve le principe de cette réunion, pour un au revoir. Nous ne pouvions en effet passer sous silence tout ce que l’Abbé Paul PERRET, homme de Dieu, homme d’Eglise et homme parmi les hommes a pu faire de bien et de grand au cours de ce long ministère.




Vous avez été d’abord parmi nous, Cher Père Curé, un homme de Dieu, réservant jusqu’à l’abnégation pour son service le meilleur de vous-même et vivant en Sa perpétuelle présence. Vous habitiez seul dans un presbytère un peu austère et parfois triste, mais vous étiez en réalité, nous en avions bien conscience, en communion permanente avec le Christ. Vos méditations à la messe nous ont notamment révélé la profondeur de votre vie intérieure et l’élévation de votre pensée.

***********************

Vous avez été aussi, Monsieur le Curé, un homme d’Eglise, d’une Eglise qui cherche son visage et qui est appelée maintenant à méditer sur l’héritage du Pape Paul VI
Et il est particulièrement significatif, pour nous chrétiens de Marboz-Pirajoux., de constater combien votre témoignage et votre enseignement correspondaient au témoignage et à l’enseignement de notre Pape défunt tel qu’on peut le retrouver dans le testament spirituel qu’il nous a laissé :
Vous vouliez une église vivante, une église priante, une église fraternelle ; sur le plan de la liturgie, vous avez renouvelé, suivant les directives du concile, l’expression de notre prière.
Avec beaucoup d’amour, vous avez initié nos enfants aux choses de Dieu et les sentiments qu’ils vous portaient étaient, eux aussi, faits de confiance et d’affection.
Pour nos jeunes, vous avez organisé des messes où ils aimaient prier ensemble. Dans un monde matérialiste qui s’interroge et qui se cherche, vous les avez éveillés à la vie spirituelle, répondant toujours à leurs besoins et à leurs inquiétudes.
Nos anciens, dont vous saviez apprécier la sérénité retrouvée, ont bénéficiés de votre sollicitude constante et c’est aussi avec beaucoup d’amour que vous les avez aidés dans leur vie montante.
Les familles de nos morts se souviendront longtemps de le délicatesse des sentiments que vous exprimiez à l’occasion des funérailles de chacun : pour tous, vous trouviez le mot juste, la pensée généreuse et réconfortante, ne voulant vous souvenir que de ce qui fut grand et bon dans la vie de nos disparus. Combien de personnes étrangères à nos paroisses croyantes ou non, ont été surprises et émues par la qualité de votre prière et l’élévation de votre pensée, cela aussi nous ne l’ignorons pas.
C’est d’ailleurs avec un soin tout particulier que vous prépariez les fêtes de l’Eglise, tout en rendant, sur le plan matériel, la maison de Dieu plus accueillante en particulier par l’installation de nouveaux bancs.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Mais prêtre de Jésus Christ et à l’écoute d’un monde difficile, vous étiez aussi un homme parmi les hommes et nous ne pouvons mieux faire que de citer le testament de Paul VI évoquant le monde.
« ……que l’on ne croit pas lui rendre service », écrivait le Pape « en assurant ses pensées ses coutumes, ses goûts, mais en l’étudiant, en l’aimant, en le servant……
Votre ouverture d’esprit, votre personnalité forte et brillante, votre culture, votre distinction vous ont permis de comprendre tous les milieux sans exclusive. Dans des paroisses encore à prédominance rurale vous étiez notamment attentif au travail de la terre dont vous connaissiez et la grandeur et les difficultés.
Votre extrême simplicité, votre sens de la justice vous ont fait devenir très vite l’ami de tous les humbles, de tous ceux que la pauvreté, la souffrance et toutes les formes de misère privilégient aux yeux de Dieu.






Voici brièvement résumé, Cher Père PERRET, ce que les membres du conseil paroissial présents et passés mais surtout unanimes pensent et tenaient à vous dire, tant en leur nom personnel qu’en celui de l’immenses majorité de nos deux paroisses.
Peut-être, tel le héros du célèbre livre de BERNANOS, avez ?vous tenu, vous aussi, votre « journal d’un curé de campagne »….. ?
Si tel était le cas, nous nous doutons bien qu’il doit être, à certains jours, des pages marquées de découragement et parfois de tristesse.
Pour nos incompréhensions, nos égoïsmes, nos faiblesses, peut-être notre orgueil, nous vous demandons au nom de tous, Père PERRET, votre indulgence et votre pardon
Mais vous savez aussi que les voies de Dieu sont secrètes et multiple, lui seul connaît déjà les petites lumières que vous avez fait naître ou que vous avez ravivées et pour elles déjà il vous bénit. Père, à cette bénédiction nous ajoutons l’expression respectueuse et affectueuse de notre reconnaissance, Nous ne voudrions pas que ce départ soit un adieu, mais un au revoir.
Vous allez maintenant prendre en charge une paroisse plus difficile encore, celle que constituent deux grands hôpitaux. Dans la tâche nouvelle qui maintenant vous incombe, vos paroissiens de Marboz et de Pirajoux vous souhaitent un long et fécond apostolat.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

Mais il faut conclure : en un siècle où l’Eglise souffre sons doute plus de l’indifférence que des persécutions ou des entraves qu’elle connaît ici ou là, vous avez porté parmi nous un témoignage qui, à personne ne fut indifférent. Les chrétiens authentiques, ceux qui croient l’être, ceux qui doutent, ceux qui cherchent, nos frères incroyants aussi, qui ont apprécié , nous le savons, votre esprit de tolérance et de dialogue, tous nous garderons de vous, Cher Père PERRET, le souvenir d’un très bon pasteur et d’un saint prêtre.

Vous avez, dans votre petit mot d’adieu écrit avec modestie, n’avoir été qu’un pasteur de transition, un chemin sur lequel on passe et qu’ensuite on oublie. Non, Monsieur le Curé, ce que vous appelé « transition » n’est que le lent cheminement du peuple de Dieu, à Marboz, à Pirajoux, comme ailleurs, et sur le long chemin qu’ensemble nous avons parcouru, vous avez été le berger que nous attendions.

Ces traces que vous avez imprimées chez tous les hommes de bonne volonté de nos paroisses, sachez, Père, qu’ils ne sont pas près de les oublier

. Les paroissiens de Marboz-Pirajoux.

******************************************************************************************************************************************************************

Curé Henri GIROUD

cure_GIROUD1978-2001(22 ans)
Voici le mot d’accueil lu aux funérailles du P. Henri Giroud, par le P. Jacques CAIL

Très chers amis,

Nous entourons ce soir de notre chaleureuse amitié, de notre grande estime, M. François Giroud et toute sa famille éprouvée par le départ de l’abbé Henri ; mais, ce n’est pas simplement l’unanimité du regret et de la peine, c’est surtout un mouvement de confiance qui nous rassemble autour de Dieu, car, nous sentons bien que, malgré toute leur sincérité, nos paroles amicales ou affectueuses ne pourraient pas ajouter grand-chose à notre présence, elle-même impuissante. Seule, notre foi en la miséricorde du Seigneur nous apporte l’assurance et la force dont nous avons besoin.

Bien que nous ayons tous en mémoire tel ou tel souvenir de notre cher Défunt, peut-être pourrez-vous accepter un rappel de quelques-unes des faveurs dont la bonté de Dieu l’a soutenu tout au long de sa vie.
Baptisé le 22 août 1922 en cette église de Foissiat, Marie François Henri GIROUD avait été joyeusement accueilli dix jours auparavant, le samedi 12 août, il a de cela 87 ans, par la nombreuse famille d’Eugène et Elisa GIROUD, cultivateurs à La Sarrée, lieu-dit de Foissiat. Il arrivait en effet, le 9ème de la fratrie, après Agnès et avant François, qui allait, 5 ans plus tard, être le 10ème.

Henri, car ce fut son prénom usuel, bénéficia, par une grâce vraiment très rare, d’une ambiance familiale pleine de vie, généreuse, optimiste et profondément chrétienne. Pouvait-on trouver terreau plus favorable au germe d’une vocation ? De fait, à en juger de l’extérieur, Henri nous donna toujours l’impression, par son comportement et sa paisible compagnie, de suivre une route sans problèmes. Oh ! il ne fut sans doute pas plus épargné dans son itinéraire intérieur que tous ses futurs confrères dans le sacerdoce, mais il avait hérité d’un tempérament bressan réservé, bien équilibré, et d’un jugement très circonspect.
Après des études sans incidents de parcours, depuis l’Ecole apostolique Saint-Nicolas, à Bourg, et le Petit Séminaire de Meximieux, il entra, en 1940, au Grand Séminaire de Belley, où il emboîtait le pas à plusieurs séminaristes de Foissiat, notamment Paul Perret et Jean Chavanel, sans parler des nombreux prêtres originaires de la même paroisse. Il y était de plus, accueilli par un Foissiati, le vénéré Père Marcel Josserand, qui, entre autres fonctions, avait la charge redoutable d’économe, alors que commençait la rude période des restrictions.

Après l’année de philosophie et le début de la théologie, il y eut, en 1942-1943, l’interruption des Chantiers de Jeunesse, qui remplaçaient le service militaire durant l’occupation allemande. Huit mois plus tard, retour à Belley, mais pas pour longtemps ! Il reçoit la tonsure le 29 juin 1943 et, aux premiers jours d’août, c’est l’embrigadement pour le Service Obligatoire du Travail en Allemagne, le fameux S.T.O.
Nous étions une dizaine de séminaristes, au départ de Bourg, dans un train bondé qui allait nous déposer en Saxe, à quelque 30 km de Leipzig, pour travailler dans une immense usine de produits chimiques, la Buna Werke. Sur cette période très riche d’expérience, partagée dans la même chambrée avec autant d’instituteurs, je n’évoquerai qu’un seul fait, qui ne fut pas sans importance pour Henri.

Avec notre insouciance de jeunes, nous avions entrepris par deux fois des voyages dépassant largement les limites autorisées, l’un en Saxe-Anhart et l’autre en Thuringe, pour aller voir des séminaristes de chez nous qui travaillaient là-bas, et, malgré notre méconnaissance de l’allemand, qui nous joua des tours, nous avions échappé à la surveillance de la police. Enhardi par ces prouesses, Henri se mit dans la tête d’aller, tout seul, voir son frère Albert, qui était prisonnier du côté de Prague. C’était un voyage qu’au moins 1500 km, aller-retour, avec passage de la frontière tchécoslovaque. Nous le vîmes revenir le lendemain, radieux, tout fier de s’être tiré d’affaire, et bien décidé à recommencer !
L?occasion n’allait pas tarder à se présenter. En effet, la nouvelle nous parvint, par ce qu’on appelle le téléphone arabe, que, dans diverses provinces, les séminaristes étaient renvoyés en France, ceux du moins qui s’étaient déclarés séminaristes. Peu nous importait, pour lors, de savoir quelles tractations politiques pouvaient être à l’origine de cette mesure. Par ailleurs, comme nous avions eu le front d’arriver tous en soutane, nous étions assurés d’avoir bien été catalogués. Certains indices nous firent bientôt comprendre que ce bruit était bien fondé.
Sentant alors qu’il n’y avait plus un instant à perdre et n’écoutant que son bon coeur, Henri reprit résolument la route de Prague, pour revoir Albert et peut-être, pensait-il, le faire évader avec notre groupe. Or, à peine nous avait-il quittés que nous fûmes mis en demeure de partir pour la France par le prochain train. Qu’était devenu Henri ? Je vous laisse à penser la pénible obligation qui fut la nôtre, à notre arrivée en France, d’aller avertir ses parents… que nous le supposions entre les mains de la police allemande ! M. et Mme Giroud reçurent la nouvelle avec un calme et un courage qui firent notre admiration.
Effectivement, le voyage d’Henri avait été intercepté par un barrage de contrôle et il se trouvait dans un camp de représailles. Il devait y rester deux mois, après quoi il fut, à son tour, renvoyé en France. Il arriva complètement défiguré et atteint de tuberculose pulmonaire. Il avait souffert, disait-il, bien autant que des sévices des gardes-chiourmes, de la sauvagerie de ses co-détenus, que l’incarcération rendait agressifs entre eux.
Dans un pareil état, il ne put pas reprendre place au Séminaire de Belley. Il fut dirigé sur un sanatorium-séminaire, à Thorenc, dans les Alpes-Maritimes. C’est là-bas qu’il termina ses études. Il y reçut les ordres mineurs, le sous-diaconat et le diaconat. Après quoi, sa santé étant suffisamment rétablie, il revint dans notre diocèse pour être ordonné prêtre le 4 juillet 1948, par Mgr Maisonnobe, en l’église de Châtillon-sur-Chalaronne avec 5 autres prêtres. François se rappelle que 16 prêtres originaires de Foissiat étaient présents à cette ordination !

À partir de là, je serai moins prolixe, car son parcours sacerdotal se déroula en Dombes, bords de Saône et Bresse, tandis que j’étais en Bugey, donc éloigné de lui. Il fut d ?abord vicaire auxiliaire à Pont-de-Veyle, en août 1948, pour 3 ans, puis curé de Romans le 21 octobre 1951. Il y travailla 7 ans, avant d’être nommé curé de Manziat, le 16 juin 1958, avec la paroisse d’Asnières comme annexe. Il reçut, en plus, la responsabilité d’aumônier de l’Action Catholique Générale Féminine pour la Haute-Bresse. Déjà, très curieux d’utiliser les derniers progrès de la technique pour favoriser son travail pastoral, il fut l’un des premiers prêtres du diocèse à faire l’acquisition d’un ordinateur, dont il se servait pour l’édition, entre autres, de feuilles dominicales.

Il resta plus de 20 ans à Manziat. Puis, le 22 juin 1978, il devint curé de Marboz et de Pirajoux, charge pastorale qu’il devait assurer pendant 22 ans, assumant en même temps, de 1982 à 2000, celle de doyen du secteur de Coligny.

D’autres pourront dire quelles qualités de bon pasteur il déploya pendant toute sa vie de curé. Plusieurs fois, j’eus à lui prêter main-forte, à l’occasion des fêtes, dans ses différentes paroisses et je peux au moins témoigner avoir remarqué partout combien il était estimé et avec quelle considération et confiance ses avis ou conseils étaient reçus de tous.

Il convient de souligner aussi l’aide dont il a bénéficié de sa famille. Combien on souhaiterait que tous les prêtres puissent profiter d’un tel soutien ! A Romans et au début de son séjour à Manziat, sa vieille tante Clotilde, presque aveugle, lui fut d’un grand secours pour la cuisine et le ménage. Puis, en 1979, après le décès de ses parents, morts à trois semaines d’intervalle, l’arrivée au presbytère d’Agnès et de François lui permit de vivre une vraie vie familiale, dont il devait bénéficier jusqu’à sa retraite.

Malheureusement, à Marboz, ses forces déclinaient, sa mémoire faiblissait de plus en plus, au point qu’un jour de l’an 2000, il fut contraint de baisser les bras et de se retirer à Foissiat, au lieu-dit « Les Coupées », dans une petite maison que les trois frères s’étaient fait construire, dès 1974, sur un terrain familial et dont Henri avait lui-même tracé les plans. Mais, là encore, sa santé continua à se dégrader, au point de donner des symptômes de maladie d’Alzheimer. Il fallut demander son admission à la maison de retraite de MONTREVEL, qui avait l’avantage d’être proche de FOISSIAT. Henri, qui restait toujours vigoureux, avait des sursauts de curé, en se croyant toujours à MARBOZ. C’était à la fois triste et très édifiant, car, par là, se révélait à quel point son souci pastoral était bien ancré dans son âme de prêtre.
Le samedi 14 novembre, à la suite d’une chute avec fracture du fémur, il dut être hospitalisé à Fleyriat, pour une opération qui se déroula très bien et ne lui laissa aucune souffrance ; mais, pour quelle raison au juste, il fut brusquement pris par une sorte de congestion pulmonaire, qui provoqua rapidement sa mort dimanche dernier vers midi.
Mes chers Amis, restons avec le souvenir de tout ce témoignage de générosité, de courage, d’oubli de soi, de fraternité, de paix rayonnante qu’Henri nous laisse. Mais, comme nul ne peut se prévaloir d’être parfait devant l’amour de Dieu, ne manquons pas d’unir notre prière à la puissante prière rédemptrice de notre Seigneur et Sauveur qui va réitérer sous nos yeux son recours éternel à la miséricorde de Dieu son Père, qui est aussi notre Père.

Ses
funérailles ont été célébrées en l’église de Foissiat, le mercredi 25
novembre 2009 à quinze heures.

L’inhumation a eu lieu au cimetière de
Foissiat.

******************************************************************************************************************************************************************
Depuis décembre 2002, c’est l’abbé Luc LEDROIT qui est curé de la paroisse de Marboz et aussi de Bény et Pirajouxcure_LEDROIT