Paroisse Pont-de-Veyle

Mais qui est donc Saint-Gengoult ?

100 ème visite le 17 Avril 2010.

Comte, Seigneur, Chevalier, Ami du roi ?
A vrai dire on sait assez peu de chose sur lui.

Statue de Gengoult de Moissey, dessinée par Ivan Perrin

-* L’homme de Dieu GENGOULT naquit en Bourgogne en 703, à Varennes-sur-Amance proche de Langres, héritant la haute origine et le noble sang de ses parents qui le firent former avant tout aux disciplines de l’enseignement Chrétien.

-* Encore tout enfant et paré d’une nature exceptionnellement brillante, il avait pris l’habitude d’assister à des réunions fréquentes de pieuses personnes, et ne cessait de remuer les maximes fondamentales de la foi catholique.

-* Il ne fait aucun doute qu’un jugement secret de Dieu déterminait sa formation, afin que pas une seule perfection ne manquât plus tard au Saint homme.

Il était imposant dans sa physionomie, aimable dans ces entretiens, avisé dans ces actes, d’une grande éloquence remarquable par la parfaite pureté de ses m?urs.

Parvenu au terme de l’adolescence, quand il eut acquis la robustesse propre à l’âge d’homme, il choisit une épouse du nom de Ganéa, de haute naissance comme lui, et bien qu’elle fut de la plus noble origine, elle se révéla toute différente de lui par son comportement, comme le montrera plus tard le déroulement de ce récit.

-* Si Dieu la voulut indigne de sa naissance, c’est probablement pour donner à travers elle une preuve éclatante de la patience du Bienheureux

-* Il avait coutume de s’adonner à la chasse, parce que les domaines où il avait l’habitude de s’attarder, étaient couverts de forêts ombreuses et peuplées en abondance, d’animaux de toute espèce.

-* En ce temps-là, Pépin le Bref ([premier roi des Francs à être sacré. Règne de 741 à 768)] gouvernait d’une poigne énergique le royaume des Francs.

-* Notre Saint homme Gengoult à son service, lié par les obligations du soldat, passait pour un des plus braves de son armée, doué d’une âme impétueuse, d’une force intrépide et d’une grande énergie dans la bataille, il se montrait parfaitement rompu aux exercices du soldat.

-* Au terme d’une expédition militaire menée à bien, au service du roi, alors qu’il tentait de regagner sa patrie, il advint qu’il faisait route à travers le pays que les Francs appellent la Champagne, ([Champagene, parce que la terre s’y déplore sur de longs espaces, où l’on ne voit que rarement une couverture de feuillages, ou l’ombre épaisse de forêts)] alors qu’il s’écartait de sa route et qu’il s’engageait sur un chemin de traverse avec les siens, il arriva près d’une source où coulaient des eaux pures et transparentes; ils trouvèrent cet endroit opportun à souhait pour refaire leurs forces.

-* Quand ils se furent assis tous ensemble pour se restaurer, survint un petit bonhomme propriétaire du domaine modeste, le Saint homme, sous l’effet de la charité qui habitait tout son être, l’invita à partager leur collation.

-* Ensuite au cours du repas, Gengoult adressant la parole à celui qu’il venait d’inviter, lui demande de lui vendre, au prix qu’il voudra bien lui fixer, la source au bord de laquelle il était assis; l’autre à ces mots, commença à rire de lui sous cape, pensant qu’il avait parlé ainsi par sottise. Puis il commença à s’imaginer qu’il allait obtenir deux choses à la fois, garder la somme versée pour le prix convenu et rester en possession de ladite source.

-* En effet dans sa cupidité, le propriétaire de la source, ne se rendait pas compte de la puissance spirituelle de son acheteur qui fit verser une somme de cent pièces d’or, au vendeur de la source.

-* Reprenant la route avec les siens, Gengoult arriva aux bâtiments construits sur sa propriété de Varennes ([Varennres sur Amance (52) où se trouve encore aujourd’hui une église dédiée à ce saint)].

-* Alors à Gaéna, son épouse qui à son insu, avait déjà criminellement souillé les liens du mariage qu’elle avait contracté avec lui, il rapporte tout ce qu’il avait fait et lui indiqua en plus la somme qu’il avait payé pour la source mentionnée plus haut; alors la femme qui était d’un naturel lubrique, et qui s’efforçait toujours d’interpréter défavorablement, ce qu’avait fait son mari, commença à se plaindre, en l’accusant de crouler sous la stupidité et de dilapider à pleines mains son avoir, ajoutant qu’il ne pouvait retirer aucun avantage de ce qu’il avait acheté si cher!

Faisant le tour, pour inspection des territoires attenants à sa résidence, Gengoult planta dans le sol, un bâton qu’il portait à la main; puis l’ayant laissé là, revint chez lui. Le lendemain matin, à son lever, il s’aperçut qu’il n’avait pas d’eau pour se laver les mains et le visage; il ordonna à l’un de ses valets, d’aller en toute hâte arracher le bâton qu’il avait fiché en terre et de rapporter au plus vite, pour ses ablutions, le liquide qui jaillirait à la suite de son geste.

-* Et bientôt, dès que le serviteur se conformant aux ordres du maître, eut arraché du sol le morceau de bois, immédiatement des flots énormes jaillirent des entrailles de la terre, en montrant une couleur, exactement semblable à celle qu’avait l’autre source, au lieu d’où elle avait été transportée par la toute puissance divine.

-* C’est ainsi que l’espoir vorace du vendeur cupide fut dépouillé de la source qu’il avait cru pouvoir garder en sa possession; car plus jamais on ne vit d’eau couler à l’endroit où elle se trouvait primitivement.

-* Gaéna, l’épouse de Gengoult, séduite par un clerc, se livra en cachette à son amant. Quand la nouvelle eut été largement propagée de bouche en bouche, Gengoult finit par en percevoir un écho.

-* Il commença alors à remuer dans son esprit incertain, des pensées contradictoires. Parfois lui prenait envie de ne pas la laisser vivre plus longtemps, pour éviter qu’en se vautrant à plaisir dans la fange de ce bourbier, elle ne ternît gravement l’honneur de la noblesse de Gengoult, mais d’un autre côté, s’il la condamnait à mourir, il tomberait sous l’inculpation d’homicide.

-* Un jour que ses fidèles étaient absorbés par l’accomplissement de leurs diverses tâches, il entreprit sans autre compagnie que celle de son épouse, de faire le tour d’un de ses domaines, quand on fut arrivé près de la source d’eau vive, il eut à coeur d’apostropher cette femme;
« Mon épouse, bien des rumeurs accablantes et horribles à rapporter se répandent sur ton compte à tous les coins de rues; elles sont incompatibles avec ta naissance si elles sont vraies »
-* L’autre alors, se mit à assurer, avec toutes sortes de serments, qu’elle était injustement diffamée par tout le monde et qu’elle n’avait jamais été infectée par la souillure dégradante qu’on prétendait.

-* Lui alors répliqua :
« La Providence divine à qui n’échappe aucun secret, mettra en évidence par des signes irréfutables, la réalité que tu contestes ! Voici une source placée bien en vue et qu’un froid glacial ne rend pas particulièrement froide, ni une chaleur brûlante, exagérément brûlante ! -Plonge donc la main dedans et retire sans hésiter le petit caillou qu tu aperçois, placé au fond. Dieu qui a connaissance de ce qui est dissimulé, s’il en est bien comme tu le soutiens, ne permettra pas que tu aies à supporter la moindre calomnie; mais si tes déclarations sont mensongères, Il ne tolérera pas longtemps que ta vilenie reste cachée sans preuve manifeste ».

-* L’épouse attribuant à l’inertie intellectuelle ces paroles, comme toutes les autres, que proférait son mari, ne se le fit pas dire deux fois et enfonça la main dans l’eau sans crainte; mais dès qu’elle eut touché le petit caillou, puis ramené la main à l’air libre, on put voir aussitôt se rétracter toute la peau du dos de la main et du bras, sur toute la longueur que l’eau avait touchée, de telle sorte que l’on pouvait distinguer la chair à vif et la peau qui pendait au bout des doigts.

-* Tout son corps se raidit, paralysé par la stupeur; se sentant confondue depuis que la Providence avait mis la réalité en évidence.

-* Gengoult lui déclara :
«  j’avais souhaité si tu m’étais restée fidèle comme tu le devais, et si tu avais marché droit en suivant la loi de Dieu, affronter jusqu’au bout avec toi tous les périls du monde, en unissant ma force à la tienne, accueillir tout ce qui serait arrivé d’heureux, tout ce qui serait arrivé de fâcheux, bref nous amener tous deux à vivre ensemble, en pratiquant la patience, à mourir ensemble dans la joie; donc parce que tu n’as pas eu peur de te couvrir de ces crimes, tu mériterais la mort, assurément, mais il est hors de question pour moi de te tuer de mes mains -Je suis d’avis qu’il faut te réserver pour le jugement de Dieu ».

-* Il poursuivit:
« Si tu ne mets pas un terme à ces vilenies, tu brûleras dans les flammes de l’enfer avec le diable qui est à l’origine de ta perversité. Enfin ce que je t’ai donné en douhaire suivant le droit qui régit le mariage, garde-le pour avoir de quoi vivre, car à compter d’aujourd’hui, tu ne me verras plus jamais »
Achevant son discours, il réunit les siens, monta dans ses chariots et gagna un autre domaine situé à Vaux La Douce aux abords d’Avallon dans le recueillement et la pénitence.

-* Pendant ce temps, elle ne manqua pas de perpétrer avec ce clerc exécrable les abominables forfaits; ils déployèrent des trésors d’imagination, pour trouver comment le faire périr; c’est ainsi que le clerc tenta d’atteindre les endroits où séjournait Gengoult.

-* Il s’appliqua à attendre le moment où il pourrait le trouver étendu sur sa couche et plongé dans le sommeil, se saisit du glaive qui se trouvait près du chevet pour lui donner la mort, sans être vu et prendre la fuite en toute liberté, il laissa Gengoult blessé à mort ([11 Mai 760)] et courut à toutes jambes pour enfourcher sa monture et prit la fuite au galop.

-* Une fois arrivé, il gagna le coin des latrines, pour soulager son ventre et dès qu’il eut gagné ce réduit, pour payer son tribut à la nature, aussitôt il se vida de ses entrailles et c’est ainsi que le misérable s’abîma dans l’égout infernal, sans qu’il lui soit accordé le temps de se repentir.

-* Quant à la femme, alors que sa servante lui indiquait qu’on s’apprêtait à ensevelir le corps de son époux, suivi d’un grand nombre d’admirateurs, elle ne put s’empêcher d’affirmer :
« Gengoul fait des miracles, comme en fait mon derrière ».
Aussitôt que cette parole sacrilège fut sortie de sa bouche, un bruit répugnant monta de la partie cachée de sa personne, et par la suite, tout le temps que dura sa vie, elle eut à subir cette honte, qu’à chaque mot prononcé, autant ou presque de ces bruits honteux s’échappèrent de cette partie de sa personne.

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Le culte de Saint Gengoult

Pour le peuple chrétien, les saints sont des interlocuteurs auprès de Dieu, et les plus populaires sont ceux à qui il attribue un pouvoir paticulier.

Gengoult fut un des premiers saints laîcs de l’église, les populations qui le connaissaient en avait fait leur patron et leur protecteur.

De l’église Saint Pierre de Varennes ([Varenne sur Amance (52))], ou son corp à été déposé, son culte s’est rapidement propagé dans le nort et l’est de la France, mais aussi en Belgique, au luxembourg, et en Allemagne.

Dans notre pays on en relève la pratique dans dix huit départements tous groupés dans le nort-est; Ain, Saône et Loire et Haute-Savoie en sont les plus méridionaux. Quatre vingt quatre lieux, églises, chapelle, villages y sont recensés.

Dans le diocèse de Langres on en compte sept.
Une dizaine dans celui de Nancy.
Dans l’aisne quatre communes portent son nom, ainssi qu’une en Haute-Savoie.
Tout près de chez nous, en Saône et Loire: Saint-Gengoult-Le-National et Saint-Gengoult-de-scissé.
Et chez nous à Grièges « Notre chapelle »
Sur tout le reste de la France, on ne trouve ni pratique de ce culte, ni dénomination de lieu ou d’église sous son patronage.

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Les reliques de Saint Gengoult à Varennes sur Amance

A sa mort, le 11 Mai 760, le corp de Gengoult est rapporté à Varennes, il devient l’objet d’une dévotion particulière. Mais devant les dangers des invasions normandes, ses reliques fûrent transférées à Langres dans le prieuré Saint-Gengoult.


Et à Grièges ?…..

On trouve, dans les archives communales de Grièges, un procès verbal daté du 11 Juin 1806 rédigé par M.Michel, à cette époque curé de la paroisse.
Procédant au remplacement de l’autel de l’église, qui était en fort mauvais état, il y découvre les reliques de Saint Gengoult.

En 1995, suite à plusieurs années de restauration générale de la chapelle, est entrepris celui de l’autel. De vieilles couches de peintures lui donnait mauvais aspect. Son emplacement et sa structure doivent être modifiées pour le mettre en conformité avec la nouvelle liturgie de l’église.

Au cours de ses travaux, sous la table d’autel dans une niche, on découvre une petite boite de plomb de 4 cm de coté, surmontée d’une croix.
Elle contenait les reliques de St Gengoult: Quelques fragments d’os enveloppés dans une étoffe et un parchemin daté du 29 Juin 1843, M.Mermod curé y avait transcrit l’histoire et le cheminement de ces reliques.

Traduction d’une partie de ce parchemin :

«Moi Bernardin Dombey, prêtre de Pont de Veyle et curé de l’église de saint martin de Chilliat ou Grièges, j’ai trouvé ces présentes reliques qui sont de Saint gengoul martyr, dans le maître autel de la dite église, autrefois données par noble Rodolph, évêque d’Ebron, vicaire général du révérentissime Seigneur de Talaru, archevêque et comte de Lyon, et je les ai reposées dans le même autel reconstruit plus honorablement le 4 avril 1691 en foi de quoi j’ai soussigné ces indications placées dans l’autel»

Sources
-* Joseph Pierre Outters, Dijonnais de Moissey (web)
-* Grièges La Chapelle St Gengoult. Histoire et Patrimoine Canton de Pont de Veyle